Bauhaus-Universität Weimar

ÉRECTION. 
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mettent à la moelle lombaire suffisent pour produire, pendant le sommeil, l’érection et 
l’éjaculation. A l’état de veille, les impressions transmises au système nerveux central 
par l’un ou l’autre organe des sens donnent lieu à des excitations qui arrivent dans la 
moelle lombaire et mettent en jeu le centre de l’érection et de l’éjaculation. Selon les 
circonstances et l’espèce animale, c’est de préférence tel et tel sens qui réveille le centre 
(lombaire! ou plutôt l’instinct génital. Chez les oiseaux, le mâle cherche par son chant à 
charmer la femelle; chez d’autres espèces (papillons, mammifères), la femelle émet des 
sécrétions odorantes qui, répandues par l’air, attirent les mâles à des distances vraiment 
surprenantes. 
Dans Yespèce humaine, il existe également deux ordres d’influences psychiques dont 
les unes excitent le centre génito-spinal, et les autres suppriment son action. Les images 
ou peintures de nudités, les statues aux poses voluptueuses, la conversation ou les gestes 
obscènes, la lecture de romans ou de livres érotiques, etc., suffisent pour éveiller des 
excitations cérébrales qui agissent sur le centre lombaire. Il en va de même pour les 
causes intellectuelles et morales qui, surchauffant l’imagination, retentissent dans la 
moelle lombaire et produisent l’.érection. 
Les influences précitées mettent peut-être enjeu les vaso-dilatateurs qui, des régions 
supérieures, descendent jusqu’à la moelle lombaire. 
D’autres influences psychiques ont un résultat opposé; on sait que les émotions, 
comme la frayeur, la timidité, la fausse honte, la crainte de l’impuissance, empêchent 
ou arrêtent l’érection. Il est possible que, chez l’homme, le mécanisme d’arrêt soit le même 
que chez le cobaye : l’influence psychique porterait sur les vaso-constricteurs des régions 
supérieures et annihilerait l’effet des vaso-dilatateurs inférieurs. 
Influence des poisons. — a) Opium. — Spina a étudié l’influence de l’opium sur 
l’érection et l’éjaculation. Il injecte à un cobaye, attaché et couché sur le dos, 0CO,3 de 
teinture d’opium dans la veine jugulaire. Au bout d’une demi-minute ou d’une minute, 
l’animal devient inquiet; sa région génitale commence à être agitée de mouvements sac¬ 
cadés et rhythmiques; le pénis entre en érection, et l’éjaculation suit. En un mot, l’opium 
agit à la façon d’une section de la moelle lombaire. Cependant l’effet de l’opium n’est 
pas aussi sûr que la section, et il devient parfois nécessaire de frotter doucement le 
pénis. En tout cas, l’opium exalte l’excitabilité des centres d’érection et d’éjaculation. 
Une autre série d’expériences corrobore ces conclusions : après chloroformisa - 
tion et section du bulbe, et pendant qu’on pratique la respiration artificielle, on ne 
constate au bout de cinq minutes que quelques mouvements saccadés dans la région 
pénienne, mais point d’érection. Tout en continuant à maintenir l’animal dans l’état de 
narcose, on sectionne la moelle lombaire : au bout de trois minutes, il n’y a ni érection 
ni éjaculation. Si l’on injecte alors dans les veines -0CC,3 d’opium, une érection rapide, 
suivie d’éjaculation, se produit. Ces expériences prouvent surabondamment que l’opium 
réveille l’activité des organes génitaux en excitant la moelle lombaire. C’est ainsi que 
l’opium agit comme aphrodisiaque. En Orient on l’emploie à cet effet. D’autre part, on a 
noté des érections fréquentes et persistantes dans les empoisonnements par l’opium. 
b) Strychnine. — Si l’on injecte dans le système veineux d’un cobaye un demi-centi¬ 
mètre cube d’une solution de strychnine à 1/2 p. 100, l’animal est pris de convulsions; 
des mouvements rythmiques apparaissent dans les régions périnéale et anale; le pénis- 
entre eil érection, et l’éjaculation s’ensuit. 
On pourrait faire plusieurs objections à cette expérience : l’éjaculation serait produite, 
par exemple, par la compression que subissent les vésicules séminales à la suite de la 
contracture des muscles abdominaux. Mais, en ouvrant la paroi abdominale, et après 
chloroformisation, le tableau de l’empoisonnement par la strychnine reste le même- 
L’ouverture de la cavité abdominale permet d’observer les mouvements péristaltiques, 
des vésicules séminales débutant vers leurs extrémités aveugles et s’étendant lentement 
vers leur segment moyen. 
L’influence de la strychnine est si marquée qu’il est possible de provoquer l’érection 
(mais non suivie d’éjaculation) sur des animaux qui viennent d’éjaculer. 
Après la destruction de la moelle lombaire (accompagnée d’éjaculation), l’empoison¬ 
nement par la strychnine ne détermine plus d’érection ni d’éjaculation. 
ç) Atropine. — Nikolsky avait soutenu que l’atropine paralyse les nerfs érecteurs.
        

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