Bauhaus-Universität Weimar

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ENCRAIS. 
feuilles dans les bois lorsqu’on vient à les défricher. Quand les forêts de la Virginie 
furent abattues, on trouva le sol couvert d’un terreau riche, sur lequel on obtenait des 
produits considérables; on se livra à la culture du Tabac qui est épuisante, et après un 
petit nombre d'années, le terrain, qui est sablonneux et qui ne possédait pas dans son 
intérieur de dépôt ancien de terreau, s’est trouvé épuisé, et les cultures y sont bien 
déchues de leur ancienne splendeur. « (de Gasparin, loc. cit., 211.) 
L’ameublissement fréquent du sol qu’exige la culture des Céréales, des plantes sar¬ 
clées, contribue aussi à activer la consommation du fumier, ce qui n a pas lieu dans les 
prairies temporaires et surtout permanentes. 
Le chaulage accélère aussi la nitrification, et, dans des sols où il est appliqué à des 
doses immodérées, la matière humique a vile fait de disparaître, et le sol devient stérile. 
Le cultivateur a intérêt à connaître quelle est dans un sol, et pour un système de cul¬ 
ture donné, la fraction de l’engrais distribué qui persiste après une ou plusieurs récoltes. 
C’est grâce à cette connaissance qu’il peut régler les fumures ultérieures et déterminer 
à la fin d’un bail l’indemnité dite de l'engrais en terre qui, suivant certains contrats, est 
due par le propriétaire au fermier sortant pour l’engrais qu’il laisse dans le sol. 
Lawes et Gilbert ont montré qu’en moyenne, les récoltes prennent la première année 
le tiers de la fumure azotée, quand c’est du sulfate d’ammoniaque employé à la dose de 
200 à 400 kilogrammes à l’hectare. Si c’est de l’azote nitrique, ia moitié seulement est 
utilisée ; mais, avec du fumier, la quantité d’azote utilisée la première année n’est que les 
14 centièmes de l’azote total introduit. La fraction de l’azote non retrouvé dans l’augmen¬ 
tation de la récolte existe pour la plus grande part dans les eaux de drainage, si l’on a 
employé des engrais solubles; cependant, lorsque les engrais azotés salins ont provoqué 
une abondante récolte, le sol se trouve enrichi d’une faible fraction de l’azote introduit, 
lequel est immobilisé à l’état organique dans les résidus (racines, feuilles, chacune sui¬ 
vant les cas), en sorte que, dans ces circonstances, ce sont les récoltes les plus abon¬ 
dantes qui appauvrissent le moins le sol en azote. Si l’on emploie le fumier de ferme, la 
partie non utilisée est très importante, et influe sur un certain nombre de récoltes ulté¬ 
rieures; il en est de même des phosphates et des sels de potasse qui sont retenus par le 
pouvoir absorbant. Seuls, par conséquent, les nitrates et les sels ammoniacaux qui nitri¬ 
fient rapidement, ne peuvent être pris en considération en ce qui concerne l’engrais en terre. 
Et maintenant qu’arriverait-il au bout d’un certain temps si l’on cessait l’emploi des 
engrais tout en continuant les cultures? Ce sol s’épuiserait et deviendrait stérile. Liebig 
prétendait que les sols autrefois si fertiles de l’Asie Mineure et du nord de l’Afrique 
sont devenus stériles parce qu’on n’a pas restitué les éléments enlevés par les récoltes. 
« Dans l’agriculture, disait-il, le principe fondamental, c’est de rendre toujours à la 
terre, en pleine mesure, n’importe sous quelle forme, tout ce qu’on lui enlève par les 
récoltes, et de se régler en cela sur le besoin de chaque espèce de plante en particulier. » 
Pour lui, il faut, par les engrais, rétablir dans la composition chimique du sol l’état 
d’équilibre que troublent les récoltes. Nous savons déjà que ce principe de la restitution 
est beaucoup trop absolu, qu’il est par exemple inutile de rendre de la potasse à un sol 
qui en renferme beaucoup. Mais, s’il est bien certain que ce qu’on a appelé la culture 
vampire, celle qui ne fait qu’exporter pendant longtemps sans jamais rien rendre, con¬ 
duit nécessairement à la stérilité, il n’en est pas moins vrai, abstraction faite de la mau¬ 
vaise constitution physique du sol, de la présence en trop grande quantité de substances 
nuisibles telles que le sulfate de fer et le sel marin, que très souvent ce sont les circon¬ 
stances économiques qui conduisent à de pareils résultats. Ainsi s’est appauvrie la Meseta 
espagnole par suite du parcours des moutons et de l’expulsion des Arabes. 
Des expériences suivies faites à Rothamsted par Lawes et Gilbert et par Dehérain à 
Grignon, il résulte que par suite de la culture sans engrais, le sol s’appauvrit en humus, 
en azoteet en principes minéraux. La terre, épuisée en humus par Dehérain, en renfer¬ 
mait en moyenne 15 grammes p. 1 000 au lieu de 35, et il n’y avait pas de différence 
notable dans le sol riche et le sol pauvre en ce qui concerne la proportion d’eau retenue 
et la quantité d’acide carbonique produite. En outre, l’humus, dans les deux cas, n’avait 
pas la même composition; le rapport — est de 8,4 à 8,5 dans le sol riche, et de 4,9 à 
4,8 dans le sol épuisé; la culture sans engrais aurait peut-être pour effet de faire dispa-
        

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