Bauhaus-Universität Weimar

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ÉLECTRICITÉ (Thérapeutique). 
Imbibition des électrodes. — Les électrodes, avant d’ètre appliquées sur le corps d’un 
malade, doivent être complètement humectées; pour cela, on se sert d’eau chaude dont 
la température est comprise entre 33 et 40°. L’eau chaude présente l’avantage de ne pas 
produire de sensation désagréable sur la peau, et surtout de ramollir facilement et 
rapidement la couche cornée de l’épiderme; son emploi est bien préférable à celui de 
l'eau froide à tous les points de vue. 
L’eau salée, qui était autrefois employée, doit être absolument abandonnée ; elle expose 
à des inconvénients qui résultent des actions électrolytiques et qui auraient vite dété¬ 
rioré les électrodes. 
Excitateurs. — Le nom d’excitateurs est réservé aux électrodes servant à appliquer 
l’action brusque du courant électrique et en particulier l’étincelle de la machine statique. 
Les étincelles peuvent être appliquées d’une manière immédiate ou médiate. D’où deux 
sortes d’excitateurs : les excitateurs immédiats et les excitateurs médiats. 
1° Excitateurs immédiats. — Les excitateurs immédiats sont formés d’une boule sphé¬ 
rique portée par un manche isolant, en ébonite ou en verre; à cette boule est fixée une 
chaîne qui passe dans un anneau porté par un second manche isolant que le médecin 
tient comme le premier, entre ses mains; l’extrémité de la chaîne est reliée soit à un pôle 
de la machine (le malade étant relié à l’autre), soit au sol. On peut changer les boules 
excitatrices et les prendre plus ou moins grosses, suivant les effets moteurs ou sensitifs 
à produire. 
2° Excitateurs médiats. — Les excitateurs médiats servent à appliquer l’étincelle d’une 
façon indirecte : celle-ci ne jaillit plus entre la peau et une boule, mais bien entre deux 
boules placées en tension sur l’un des conducteurs; une boule ou une masse métallique 
de forme donnée est appliquée sur la région à exciter et joue absolument le rôle d’une 
électrode ordinaire. 
§ 4. Effets du courant électrique sur l'organisme. — Ces effets doivent être 
soigneusement distingués, suivant que l’on considère le régime permanent d’un courant, 
ou, au contraire, les états variables, pendant lesquels l’intensité subit, soit un accroisse¬ 
ment très rapide à partir de zéro, soit une diminution brusque pour revenir à zéro. 
L’étude des effets dus aux états variables du courant ayant été faite dans l’article 
Électricité animale, nous ne nous occuperons ici que des effets produits sur l’organisme 
par le régime permanent du courant. 
On doit classer ces effets en deux catégories, suivant que le courant est appliqué 
à l’aide d’électrodes spongieuses imbibées d’eau, ou suivant que le courant arrive au 
corps par des électrodes métalliques, par exemple, par des aiguilles implantées dans 
les tissus. 
A. Courant appliqué à l’aide d’électrodes spongieuses. — Supposons que l’on ait 
placé sur la peau d’un sujet deux électrodes constituées par une couche très épaisse de 
feutre, recouverte d’une plaque en métal de surface égale, le feutre ayant été au préa¬ 
lable très bien imbibé d’eau; lorsque le courant aura été amené lentement, à l’aide d’un 
rhéostat convenable, à l’intensité voulue, quels sont les phénomènes physiologiques que 
l’on va observer? Le courant arrivant par l’électrode positive rencontre d’abord la peau 
qui possède une très grande résistance à cause de la couche cornée de l’épiderme, puis 
les lignes de flux du courant pénétrent dans les tissus sous-jacents, et se dirigent, par les 
voies de moindre résistance, vers l’électrode négative pour revenir à la source d’électricité. 
Pour comprendre les effets du courant constant ainsi appliqué, il faut se rappeler que 
le corps de l’homme et des animaux ne peut pas être comparé à un conducteur métal¬ 
lique, mais bien à un conducteur électrolytique. 
Prenons trois capsules renfermant, la première de la potasse, la seconde de l'eau, la 
troisième du sulfate de soude; relions par des mèches de coton mouillées la première à 
la seconde, la seconde à la troisième capsule, puis faisons traverser ce conducteur élec¬ 
trolytique par un courant, le pôle positif étant dans la potasse. Lorsque le courant aura 
passé pendant quelque temps avec une intensité suffisante, nous trouverons par l’analyse 
chimique que la première capsule renferme, en plus de la potasse, de l’acide sulfurique, 
et la dernière de la potasse, en plus du sulfate de soude primitif. Il y a donc eu, dans 
celte expérience due à Davy, un transport de l’ion K vers la cathode, et un transport de 
l’ion SO4 vers l’anode.
        

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