Bauhaus-Universität Weimar

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ÉLECTRICITÉ. 
résumé, il me semble que le zèle avec lequel les adeptes de la théorie de l’altération 
luttent pour cette dernière et contre la théorie moléculaire ne correspond nullement au 
résultat obtenu pour l’entendement vrai du phénomène. » Nous partageons complète¬ 
ment l’opinion de Rosenthal, qui maintient sa manière de voir, malgré la réplique que 
Hermann lui a adressée tout récemment. En effet, la théorie de l’altération ne réalise nul¬ 
lement les avantages qu’elle refuse, à la théorie moléculaire. Nous ne voyons non plus 
en quoi consiste la simplicité qu’on lui attribue et en quoi la théorie moléculaire est plus 
compliquée. Au contraire, il nous semble qu’en admettant le principe de la préexistence 
de l’énergie électrique dans l’organisme animal, comme le fait du Bois-Reymond, on sim¬ 
plifie beaucoup, de sorte que l’hypothèse basée sur ce principe est certainement plus 
claire et plus générale. Du reste, la théorie moléculaire pourrait parfaitement être appli¬ 
quée, même si, en rejetant le principe de la préexistence, on considérait l’absence de 
courants dans le tissu intact comme une chose absolument démontrée, ce qui n’est pas le 
cas. Si l’on ne peut envisager l’électricité animale d’une façon absolument certaine comme 
une forme spéciale et préexsistante de l’énergie potentielle de l’organisme, il serait pru¬ 
dent au moins de considérer, en l’état actuel de la science, la question de préexistence de 
forces électromotrices chez, l'animal comme non résolue. 
Il serait superflu d’énumérer ici tous les arguments mis en avant par du Bois-Reymond 
pour défendre sa théorie contre les critiques d’HERMANN et de son école. Malgré la vio¬ 
lence de ces attaques, dirigées de main de maître, plusieurs de ces arguments nous 
semblent rester encore parfaitement debout et prêtent encore aujourd’hui un appui 
solide à la théorie moléculaire. Celle-ci n’appartient pas encore à l’histoire; elle peut 
revivre d’un moment à l’autre, sous une forme plus conforme aux nouvelles données de 
la science, et nous considérons la forme atténuée, qui lui est donnée par Rosenthal, 
comme un pas en avant dans le progrès de la question. Comme il a été dit plus haut, la 
théorie moléculaire n’exclut nullement le rôle possible d’un processus chimique dans la 
genèse de l’électricité animale : elle n’est donc pas contraire au fond réel de la théorie 
de l’altération envisagée comme théorie chimique, elle est seulement en désaccord avec 
certains de ses principes. Du reste les deux théories ont leurs bons et leurs mauvais côté; 
elles expliquent certains faits et n’en expliquent pas d’autres. Aussi faudrait-il chercher 
à établir des points de contact entre elles et non pas à détruire l’une par l’autre ; telle 
devait être la tâche principale des recherches ultérieures sur cette question. 
Ajoutons, ne fût-ce qu’à titre d’intérêt historique, que la théorie de l’altération n’est 
au fond qu’une reprise des idées émises par Matteucci. En 1856, il avait remarqué qu’il 
se produit à la suite de l’excitation un courant complètement indépendant du courant 
de repos, et que cette variation électrique peut même présenter une grande intensité 
dans les cas où le courant de repos est faible où n’existe pas. La nature physique des 
phénomènes électrotoniques fut également soupçonnée pour la première fois par Mat- 
téucci, qui observa ces phénomènes en 1863 sur des fils de platine entourés d’une gaîne 
poreuse humide. Les faits, énoncés par cet excellent observateur sous une forme un 
peu confuse, ont acquis entre les mains d’HERMANN la netteté et la précision qui caracté¬ 
risent toutes ses recherches. 
Il est également intéressant de savoir que la théorie de l’altération a reçu un grand 
développement, grâce aux travaux d’ENGELMANN, Hering et Biedermann. C’est, surtout 
Hering (61) qui a contribué à la rendre populaire; il a non seulement fourni des faits 
expérimentaux à l’appui, mais il a encore émis des idées qui tendent à la modifier 
avantageusement. D’après Hering, tout phénomène électrique est produit par une modi¬ 
fication chimique du tissu s’effectuant dans deux sens : modification descendante ou pro¬ 
cessus de désassimilation, et modification ascendante ou processus d’assimilation. 
L’équilibre « autonome » de la matière vivante peut être troublé (allonomie) [de deux 
façons, suivant que prévaut le processus de désassimilation ou celui d’assimilation. Le 
point qui est le siège de ces modifications devient dans le premier cas négatif, et dans 
le second positif. C’est une hypothèse de plus, très ingénieuse sans doute, à laquelle se 
rapporte également l’objection adressée par nous plus haut à la théorie de l’altération, 
à savoir, qu'en l’état actuel de la chimie nous ne connaissons pas les processus chi¬ 
miques rapides qui accompagnent le passage instantané du muscle et du nerf de l’état 
de repos à l’état d’activité.
        

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