Bauhaus-Universität Weimar

ÉLECTRICITÉ, 245 
ÉLECTRICITÉ. 
PREMIÈRE PARTIE 
Notions générales de physique. 
Introduction. — Nous ne pouvons avoir l’intention dans cet article de faire un 
exposé théorique des phénomènes électriques. Nous voulons seulement donner un aperçu 
des résultats pratiques obtenus dans cette science, assez complet et assez net pour que 
les physiologistes y trouvent les renseignements indispensables. Ils doivent en effet uti¬ 
liser en connaissance de cause l’énergie électrique dans les nombreuses circonstances 
où son emploi s’impose pour les recherches dont ils s’occupent. Nous serons extrême¬ 
ment brefs pour l’exposé de l’électro-statique; nous nous bornerons à en dire ce qui est 
indispensable pour comprendre les phénomènes ultérieurs et pour utiliser les machines 
statiques et les condensateurs. Nous supposerons que le lecteur connaît les principes de 
la physique élémentaire. 
CHAPITRE I 
PHÉNOMÈNES FONDAMENTAUX 
I. — Magnétisme et Électrostatique. 
Magnétisme. — Nous ne décrirons pas les expériences fondamentales de magné¬ 
tisme que le lecteur doit connaître; nous admettrons l’existence des aimants, des corps 
susceptibles de s’aimanter par influence et celle du magnétisme terrestre; nous rappelle¬ 
rons seulement les définitions relatives au champ magnétique. 
Quand, autour d’un aimant, on déplace une petite aiguille aimantée ou une petite 
aiguille de fer doux, on voit qu’elle prend en chaque point une certaine orientation. 
Nous avons ainsi un moyen de tracer en chaque point la direction de la force magné¬ 
tique, car le pôle positif de l’aiguille exploratrice et son pôle négatif sont attirés en sens 
opposés; l’aiguille ne sera donc en équilibre que 
quand sa ligne des pôles sera orientée comme la 
force magnétique. Quand dans un espace il existe 
en tout point une force agissant sur un corps déter¬ 
miné, on dit que cet espace constitue pour ce corps 
un champ de force. Si nous supposons maintenant 
que nous tracions la force F en un point M, puis, 
par un point Mi voisin de M et pris sur F, la 
force F1? et ainsi de suite, la ligne M Mi M2, à la¬ 
quelle toutes les forces sont tangentes, formera ce qu’on appelle une ligne de force. 
Si maintenant nous voulons connaître, par exemple, l’effet produit par un champ de 
force sur un corps solide terminé par une face plane normale à la force, nous voyons 
que, si l’on prend sur la face plane un élément assez petit pour que la force soit con¬ 
stante en tous ses points, l’action exercée par le champ sur un élément sera proportion¬ 
nelle à la force et à la surface sur laquelle elle agit. Le produit FS ainsi obtenu est ce 
qu’on appelle flux de force à travers la surface S. 
Si la surface S est oblique sur la force F, tout se passe comme si la composante f de la 
force F normale à S agissait seule. C’est alors /$ que l’on appelle le flux de force à tra¬ 
vers la surface S. Nous verrons, à propos des phénomènes d’induction, combien est utile 
cette notion du flux de force, combien elle rend clair et facile l’exposé des phénomènes. 
Ces notions essentielles sur le magnétisme étant rappelées, nous pouvons commencer 
à exposer les phénomènes électriques. Nous supposerons acquises, et la notion des corps 
isolants et conducteurs, et la connaissance des phénomènes d’influence. 
La masse électrique. — L’expérience la plus simple nous apprend que deux corps 
frottés, s’ils sont isolants ou isolés, acquièrent chacun la propriété de créer alentour un 
champ de force. Un corps, préalablement frotté lui-même, isolant ou isolé comme les 
premiers, sera attiré par l’un de ceux-ci, repoussé par l’autre. Les savants de la fin du 
siècle dernier et du commencement de celui-ci, séduits par la simplicité de la loi de
        

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