Bauhaus-Universität Weimar

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DOULEUR. 
ou olfactive, donneront les perceptions spéciales; mais, après ces perceptions spéciales, 
et avec un notable retard, il s’ensuivra un ébranlement plus ou moins général de tout 
l’appareil sensible. De là les réflexes généralisés, de là aussi la douleur. 
Certes les excitations des nerfs optique, olfactif et acoustique, même si elles sont 
très intenses, ne provoquent pas de la douleur, ou plutôt nous n’appelons pas tout à 
fait douleur l’ébranlement insupportable que déterminent les excitations violentes de 
ces nerfs. Pourtant les sensations d’une lumière éblouissante, d’un son très aigu et très 
intense, sont vraiment fort désagréables, et on fait de grands efforts pour s’y sous¬ 
traire, quand on craint d’y être exposé. 
Remarquons d’ailleurs que ces excitations optiques et acoustiques ne produisent que 
peu d’actions réflexes généralisées; tandis que le caractère des excitations doulou¬ 
reuses semble bien être de provoquer, en même temps que la douleur, des réflexes géné¬ 
ralisés. S'il y a, dans les corps opto-striés ou dans la protubérance, ou dans les parties 
supérieures, un centre de coordination des réflexes, le centre de la douleur n’en est 
probablement pas très distant. 
Mais faut-il admettre un centre de la douleur? ou n’est-il pas plus probable qu’il y 
a des centres multiples de la douleur? Les opinions contemporaines, probablement tran¬ 
sitoires, qui dominent aujourd’hui, c’est qu’il y a dans le cerveau non une conscience 
unique; mais des groupes, fonctionnant sans doute simultanément, de consciences diverses 
juxtaposées : il doit donc y avoir des régions multiples de l’encéphale dans lesquelles la 
douleur est élaborée. Rien ne s’opposerait alors à admettre que les centres de percep¬ 
tion, s’il sont modérément excités, ne fournissent que la perception; mais que, s’ils 
sont excités avec une force trop grande, la douleur vient se surajouter à la perception 
(et la masquer en grande partie). À la vérité, c’est une hypothèse, mais l’hypothèse 
d’un centre de la douleur (que William James, se refuse absolument à admettre) ne me 
semble guère préférable, et je pencherais plutôt à admettre des centres multiples 
de conscience, qui seraient les uns et les autres capables de douleur, toutes les fois que 
leur vibration atteint une amplitude trop grande. 
Goldscheider a émis l’hypothèse d’un organe de domination ou d’accumulation des 
excitations dans la moelle. Ce postulat n’est peut-être pas nécessaire. Il paraît plus 
simple d’admettre que toute vibration forte des centres est doulonreuse. 
La conduction des excitations douloureuses dans les centres nerveux est tout aussi 
obscure que dans les nerfs périphériques. On verra par le passage suivant de Beaunis à 
quel point les opinions des physiologistes sont discordantes. 
« D’après Schiff, la sensibilité à la douleur se trausmet principalement par la sub¬ 
stance grise : cependant le fait est nié par Wood Field, d’après ses expériences sur le 
chat, et, d’après Osawa, la transmission de la sensibilité peut se faire sans l’intervention 
de la substance grise; elle existerait, en effet, après la section de toute la moelle à 
l’exception des cordons latéraux. D’après Brown-Séquard, les impressions de douleur 
passeraient par les parties postérieures et latérales de la substance grise. » 
Toutes ces assertions ne peuvent être acceptées encore qu’avec beaucoup de réserve, 
et n’ont pu être justifiées expérimentalement. 
Il paraît cependant bien certain que la transmission des excitations douloureuses 
peut se faire par la substance grise. On ne doit pas en conclure qu’elle se fait toujours, 
à l’état normal, par la substance grise ; mais assurément elle peut se faire par cette voie, 
et cela non seulement longitudinalement, mais encore transversalement, tout comme les 
réflexes. L’anesthésie de la syringomyéiie, affection qui porte surtout sur l’axe gris de la 
moelle, contribue à prouver l’importance, peut-être exclusive, de la substance grise 
médullaire dans la conduction des excitations douloureuses. 
Pour la conduction dans le cerveau, certains faits ont été bien établis, plutôt d’ailleurs 
par les neuro-pathologistes que par les physiologistes. Les physiologistes ont montré 
que l’excitation des circonvolutions autres que celles de la région rolandique ne pou¬ 
vait provoquer de sensation douloureuse. On peut impunément cautériser, ou exciter 
électriquement les lobes frontaux, temporaux et occipitaux sans amener de réaction de 
l’animal. Mais il n’en va pas de même sur les régions rolandiques; et la réaction 
générale est immédiate. Il est difficile de supposer alors qu’il y ait contraction muscu¬ 
laire (généralisée ou localisée) sans qu’il y ait en même temps un phénomène de dou-
        

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