Bauhaus-Universität Weimar

DOMESTICATION, 
165 
déformation de l’animal. « Les variations de la taille dans le sens de la réduction, quand 
elles sont dues au développement moins lent ou à l’achèvement plus prompt du squelette 
ont pour corollaire le développement plus accentué de toutes les parties molles du corps, 
et particulièrement du tissu musculaire qui entourent les os. Cela change les proportions 
et les formes de ce même corps, et donne aux individus un aspect général tout différent 
de ce qu’il était auparavant ». (Sanson, Traité de Zootechnie, n, 186.) 
Modifications physiologiques. — Nous venons de voir que la domestication 
exerce une influence très marquée sur l’anatomie des animaux, et sur certains points de 
leur physiologie. Il importe de revenir quelque peu sur ce dernier côté de la question, 
pour signaler certains faits dont il n’a point été parlé. 
Le principal de ces faits, c’est la précocité des animaux en domestication. Ce n’est pas 
tant de la précocité génésique qu’il s’agit que de la précocité de développement. La pre¬ 
mière devance toujours la seconde, comme chacun sait, et elle continue de le faire chez 
les animaux domestiqués. Mais ce n’est pas d’elle qu’il s’agit ici : c’est de la rapidité avec 
laquelle, sous l’influence de la domestication, les animaux atteignent le terme de leur 
croissance. Nous avons vu que l’ossification se fait plus tôt chez les animaux domes- 
qués; le squelette est achevé plus tôt chez eux, la croissance arrive plus vite à son 
terme, et la dentition définitive est plus vite établie. Chez les bovidés cette précocité se 
traduit par ce fait qu’on gagne jusqu’à deux ans sur les cinq qui sont normalement 
nécessaires : le bovidé domestiqué est à trois ans au même'point, en ce qui concerne 
la croissance, que le bovidé sauvage de cinq ans. Chez le mouton, on gagne de huit à 
douze, mois par la domestication et ses ressources. 
A vrai dire, certaines races sont normalement plus prédisposées que d’autres à la pré¬ 
cocité : mais, selon toute probabilité, cela tient surtout à ce qu’elles sont depuis plus 
longtemps « travaillées » par l’homme. Car il est manifeste que chez tous les animaux 
domestiques la précocité — due surtout à l’alimentation intensive — est notable. C’est 
là une règle générale; elle est confirmée par la mytiliculture par exemple qui nous 
montre la moule « domestiquée » arrivant en un an au même point que la moule non 
domestiquée, en quatre ans; elle est confirmée encore par la sériciculture, où nous 
voyons parfois les vers à soie abondamment nourris filer leur cocon après la troisième 
mue, au lieu d’attendre la quatrième, d’où la formation, par hérédité et action du milieu, 
de races à trois mues comme il y en a dans le Sud-Est (Cornevin). 
La domestication, en hâtant le développement individuel, abrège la jeunesse, et hâte 
l’apparition de l’âge adulte. C’est là le fait essentiel. 11 ne se manifeste pas seulement par 
l’état général de l’organisme : on le voit à ce que l’appareil digestif par exemple, arrive 
plus vite à son maximum de puissance fonctionnelle, chose très avantageuse à l’éleveur, 
puisque les aliments sont mieux utilisés et convertis en produits utiles. 
D’après Cornevin, on observe chez les animaux domestiqués un léger abaissement de 
température : il s’explique peut-être par la moindre activité; ils sont plus lents, plus 
aptes à se fatiguer, plus doux de caractère, et ces phénomènes sont tout naturels. 
En même temps que les fonctions de nutrition sont exaltées, les fonctions de repro¬ 
duction sont parfois amoindries. Nous retrouvons là l’antagonisme entre les intérêts de 
l’individu et ceux de l’espèce. Les bêtes domestiquées précoces présentent souvent un 
retard relatif dans le développement des fonctions reproductrices; celles-ci se montrent 
plus tard, et se font moins bien. 11 y a souvent diminution de la fécondité : les mâles 
obèses, ^ont moins ardents à la saillie. 
11 est bien des cas, toutefois, où la domestication favorise au contraire la fécondité. 
Darwin ( Variation, n) a donné là-dessus plusieurs faits probants. Déjà Buffon observait 
que les animaux domestiques ont plus de portées, et plus de petits par portée, que leurs 
congénères sauvages, et cela est très net pour le lapin, le furet, les différents oiseaux. 
Mais cet accroissement de fécondité n’existe que chez les animaux non soumis à 
l’engraissement. La domestication est donc favorable ou défavorable à la fécondité selon 
les circonstances qui l’accompagnent, selon le but auquel l’homme fait servir les ani¬ 
maux; et celui-ci le sait si bien que jamais il ne nourrira le taureau qu’il veut employer 
comme étalon, aussi abondamment que le bœuf qu’il médite de transformer en viande 
de boucherie. 
Influence sur la pathologie. — Si la physiologie des animaux soumis à la domes-
        

Nutzerhinweis

Sehr geehrte Benutzer,

aufgrund der aktuellen Entwicklungen in der Webtechnologie, die im Goobi viewer verwendet wird, unterstützt die Software den von Ihnen verwendeten Browser nicht mehr.

Bitte benutzen Sie einen der folgenden Browser, um diese Seite korrekt darstellen zu können.

Vielen Dank für Ihr Verständnis.