Bauhaus-Universität Weimar

DOMESTICATION. 
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qui ne sauraient être considérés comme ayant été domestiqués par lui. On distinguera 
toutefois les animaux domestiques à ceci que leur condition par rapport à l’homme est 
non point l’effet des circonstances ou de leur volonté propre : elle résulte de la volonté 
et de l’intervention de l’homme. Le rat, la punaise, et d’autres commensaux du même 
genre se sont imposés à l’homme : ce n’est pas l’homme qui se les est assujettis. Quant 
aux raisons pour lesquelles l’homme a recherché telle espèce animale, lui a donné ses 
soins, en le protégeant contre tels ennemis, en lui donnant de quoi manger, en lui évitant 
bon nombre de combats dans la lutte pour l’existence, en lui procurant des moyens 
variés de persister dans l’être, et de se multiplier, elles sont très variées. On ne peut 
même pas dire qu’elles appartiennent toutes à l’ordre « intéressé ». Sans doute, 
dans bien des cas, l’homme domestique les animaux pour avoir toujours à portée de 
la viande ou des œufs, ou du lait pour se nourrir; ou bien de la laine et des peaux 
pour se vêtir; des plumes pour se parer; des cuirs pour se chausser, et dans ces circon¬ 
stances, il n’agit qu’en vue de son propre intérêt : mais il est des cas aussi où l’intérêt 
direct et pratique n’est plus enjeu; où l’homme domestique les animaux non plus 
pour en tirer parti, non plus pour la satisfaction de tel ou tel besoin matériel, mais 
bien pour son plaisir esthétique, ou pour donner satisfaction à certains sentiments 
affectifs. 
On peut donc dire que le but poursuivi par l’homme dans la domestication des 
espèces animales est fort différent selon le cas; ses mobiles ne sont point constants. 
Ces derniers peuvent se classer en trois groupes principaux. Nous avons d’abord les 
animaux que l’homme conserve en domesticité pour s’en nourrir, soit qu’il leur demande 
la chair, la viande, soit qu’il leur demande le lait, soit enfin, qu’il leur prenne l’un et 
l’autre, ou bien telle autre partie, ou tel produit dont il tire parti dans l’alimenta¬ 
tion. Le porc, le bœuf, le mouton, le lapin, le renne, les différents bovidés qui, sous 
d’autres climats, remplacent le bœuf et la vache, [l’abeille, et bon nombre d’oiseaux, 
comme le pigeon, les poules, l’oie, le canard, le faisan, la pintade, le dindon, appartien¬ 
nent à la catégorie des animaux domestiques alimentaires. 
Dans un second groupe prennent place les animaux que l’homme s’est assujettis 
pour les employer comme animaux de trait ou de charge, comme animaux capables de 
fournir de gros travaux auxquels il préfère ne pas s’adonner, capables encore d’écono- 
miser ses forces de diverses manières. Le cheval et l’âne, l’éléphant, le chameau, le 
renne, le chien même, le pigeon voyageur, à des titres divers, et dans des circonstances 
différentes, sont des exemples des animaux de cette seconde catégorie. 
Dans la troisième prennent place les espèces que l’homme utilise surtout comme 
alliés contre d’autres animaux ou contre les hommes mêmes. Ce sont les animaux de 
chasse et de pêche : le chien, le collaborateur classique et intelligent du chasseur; la 
loutre, parfois, et aussi le phoque à l’occasion; le chat, le cormoran, souvent employé 
pour la pêche; le faucon, qui sert à capturer d’autres oiseaux. 
Quatrième groupe : celui des animaux domestiqués à cause des produits d’usage 
industriel qu’ils fournissent. Ce sont le ver à soie, l’autruche, le mouton, le bœuf, et bien 
d’autres, qui fournissent la soie, les plumes, la laine, le cuir, etc. 
Enfin, en cinquième lieu, nous avons les animaux de pur agrément : les oiseaux 
chanteurs, les oiseaux bizarres (pigeons en particulier), les oiseaux d’ornement) (cygne, 
différents canards), quelques poissons (poisson rouge, macropode), le chat et le chien 
d’agrémeut. Assurément, quelques espèces sont aptes à entrer indifféremment dans 
chacune des catégories qui précèdent — ou peu s’en faut — et dans aucun cas les usages 
d’une-espèce animale quelconque ne sont en réalité strictement limités. 
Il semblerait, à ne considérer l’importance que d’un ou deux des mobiles auxquels 
l’homme obéit en domestiquant les animaux, que le nombre des espèces réduites en 
domesticité dût être considérable. Car, en définitive, le nombre des espèces comestibles 
est immense; et non moins immense est celui des espèces aptes à fournir des produits 
utiles au vêtement et à la parure. Et pourtant, le nombre des espèces domestiquées est 
fort restreint. Assurément, beaucoup d’animaux comestibles sont protégés par l’homme 
et par lui nourris — à la charge de lui rendre un jour la pareille — mais ils ne sont pas 
pour cela susceptibles d’être comptés au nombre des animaux domestiquées. Les perches 
ou les carpes qui sont mises en réserve dans un étang; les écrevisses]des viviers flot-
        

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