Bauhaus-Universität Weimar

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DIURÉTIQUES. 
formés en les séparant grâce à leur inégale diffusibliité à travers une paroi poreuse. De 
même on a pu mettre en évidence la dissociation de certains corps en constatant que 
leur vapeur offrait un volume plus grand que leur volume normal. 
Les dissolutions des sels dans l’eau semblent être ainsi en dissociation difficile à 
mettre en évidence; en effet, lorsqu’on évapore la dissolution, l’acide et la base primi¬ 
tivement mise en liberté se recombinent en régénérant le sel d’abord employé. Cette hypo¬ 
thèse de la présence de l’acide et de la base libres au sein de la même solution permet 
de comprendre comment tous les sels d’un même acide ou d’une même base ont les 
mêmes réactions analytiques; ce qui agirait dans ce cas, c’est, non pas le sel lui-même, 
mais l’acide ou la base qu’il renferme et qui se trouverait mis en liberté. 
Cet état de dissociation des sels a été mis en évidence dans d’autres expériences qui 
ont conduit à la théorie de l’ionisation. Nous ne pouvons à cette place en faire un exposé, 
d’autant plus que les expériences sur lesquelles elle est fondée sont peut-être susceptibles 
d’une interprétation différente. 
Après la tension et la dilution, la température joue le rôle le plus important dans les 
phénomènes de dissociation. Elle augmente la quantité de substance décomposée, et 
souvent d’une façon très rapide, avec de faibles augmentations de température. Ainsi 
l’hydrate de chloral, stable à 56°, est presque entièrement dissocié à 100°. 
Enfin les ferments solubles provoquent de véritables phénomènes de dissociation, 
limités, comme le sont ceux-ci, par la présence d’une certaine quantité de produits 
formés. 
Les phénomènes de dissociation sont du reste très fréquents en chimie. L’eau, l’acide 
chlorhydrique, l’acide sulfureux, l’acide carbonique, l’oxyde de carbone, le chlorure 
d’ammonium, le carbonate de chaux, la plupart des oxydes métalliques se dissocient à 
température élevée ; à la température ordinaire, l’efflorescence des sels, la décomposi¬ 
tion des bicarbonates, etc., suivent les lois de la dissociation; il en est de même, en 
présence de l’eau, pour un grand nombre de sels, pour les éthers, etc. 
En physiologie, ces phénomènes prennent une importance particulière; les échanges 
gazeux de l’organisme, un grand nombre de phénomènes osmotiques et diastasiques 
sont de véritables dissociations. Ainsi nous ne pouvons nous expliquer comment le 
plasma sanguin, alcalin, peut donner naissance à un suc gastrique ou à une urine 
acides, sans admettre que le chlorure de sodium qui y était contenu se trouvait partiel¬ 
lement à l’état d’acide chlorhydrique et de soude (voir Sang, Estomac, Urine). 
Nous devons donc envisager les phénomènes de dissociation comme inséparables de 
la notion de combinaison chimique, dont ils précisent la signification. 
M. HANRIOT. 
DIURÉTIQUES. — On appelle diurétiques les substances qui augmentent 
la quantité d’urine excrétée par les reins. On ne se préoccupe pas, dans cette définition, 
de savoir si l’élimination plus active porte uniquement sur l’eau de l’urine, ou simul¬ 
tanément sur l’eau de l’urine et sur les matières qui y sont dissoutes. Peut-être cette 
distinction est-elle d’ailleurs quelque peu subtile ; car presque toujours la quantité absolue 
des matières dissoutes augmente avec la quantité absolue de liquide excrété. 
Marshall a proposé d’appeler tachyurétiques les substances qui provoquent la 
polyurie immédiatement, mais qui, dans l’ensemble, n’entraînent pas, en vingt-quatre 
heures, une élimination d’urine plus abondante que la normale. Ainsi la nitroglycérine 
et les nitrites, qu’il donne pour exemple, ne modifient pas la quantité totale de 1 urine 
en vingt-quatre heures, tandis qu’elles amènent en peu de temps une diurèse abon¬ 
dante, laquelle est compensée par une légère anurie survenant quelque temps après, de 
sorte que finalement l’équilibre est rétabli. Mais, à vrai dire, il ne semble pas que cette 
distinction doive être adoptée ; car toutes les substances diurétiques sont en réalité tachy- 
diurétiques, puisque la teneur du sang en eau doit rester finalement la même, et que 
l’équilibre est toujours en fin de compte maintenu. 
Évidemment tout diurétique ne peut avoir d’autre effet que d’entraîner pendant 
quelque temps une élimination d’eau plus active, mais non de provoquer définitivement 
une concentration plus grande du sang en éléments solides. Si certains diurétiques aug-
        

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