Bauhaus-Universität Weimar

DIGESTION. 
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sang des Scorpions se teinter en bleu ou en rose après un régime prolongé avec des élé¬ 
ments contenant de l’indigo ou de la garance. On peut admettre encore avec vraisem¬ 
blance que le foie des Arachnides fonctionne comme organe d’excrétion. (Voyez sur ce 
sujet l’article Arachnides de Plateau dans ce Dictionnaire.) 
Dans l’intestin terminal des Aranéides il ne se passe plus aucun processus digesti . 
Les excréments se forment des résidus inutilisables des aliments qui se fractionnent et 
s’entourent d’une mince enveloppe sécrétée par l’épithélium de l’intestin. Il s’y joint un 
liquide blanc crayeux, sécrété par les tubes de Malpighi, et qui n est autie chose que 
l’urine. 
d) Mollusques. — Le tube digestif des mollusques reçoit les sucs de deux sortes de 
glandes : les glandes salivaires et le foie. L. Fredericq (loc. cit.) constata chez les limaces 
(Avion rufus) que les glandes salivaires ne contiennent aucun ferment digestif, mais 
que le produit brun sécrété par le foie, ou l’extrait de foie, digère la fibrine, surtout en 
solution alcaline (une faible acidité le rendait inactif). Le prétendu foie^ des limaces, dit- 
il, est donc une glande digestive qu’on'ne saurait mieux comparer qu au pancréas. Pai 
contre, chez les mollusques lamellibranches (Mya arenaria et Mytulus edulis), il trouva 
que les liquides digestifs préparés avec le foie et 1 intestin digéraient la fibrine en solu¬ 
tion neutre ou alcaline (le contenu du tube digestif étant du reste fortement acide chez 
Mya). Le ferment digestif de la fibrine diffère donc chez ces deux mollusques de celui des 
limaces. 
Certains mollusques sécrètent une salive très acide. Le fait est surtout remarquable 
chez une grande limace marine, Dolium galea. Trochsel1 observa le premier que le 
liquide transparent qui s'échappe de la bouche de cet animal attaque le marbre avec 
violent dégagement de CO2. Bœdeker, qui en fit 1 analyse, y trouva effectivement une 
grande quantité d’acide sulfurique (2,7 p.(100) et d’acide chlorhydrique (0,4 p. 100). Ces 
résultats ont été confirmés par de Luca et P. PANCERi2qui déterminèrent, de plus, la pié- 
sence d’acide sulfurique libre dans la salive d’autres espèces du même genre. Malgré 
son acidité, ce liquide n’a aucune action digestive ni sur 1 albumine, ni sur 1 amidon 
(Maly) 3. 
L’acidité des sucs digestifs est évidente aussi chez les céphalopodes. Dans son 
mémoire sur la physiologie du poulpe4, L. Fredericq dit que le contenu de 1 intestin a 
partout une réaction franchement acide, et qu’il en est de même du produit de sécrétion 
des deux paires de glandes salivaires et de la glande volumineuse à laquelle on donne 
le nom de foie. Le tissu de ces glandes est lui-même acide, comme l’avait déjà observé 
P. Bert (Mémoire sur la physiologie de la seiche). 
Les phénomènes digestifs chez les céphalopodes sont bien connus, grâce aux travaux 
de L. Fredericq, de Krukenberg et de Bourquelot. Le premier de ces expérimentateurs4 
vit que les glandes salivaires ne fournissent aucun ferment digestif, mais que pai 
contre l’infusion du tissu hépatique digère la fibrine en solution acide ou en solution 
alcaline et saccharifie l’amidon. Ces faits indiquent, d’après lui, qu il y a là un ferment des 
albuminoïdes qui n’est ni la pepsine, ni la trypsine, et un ferment diastasique, et que le 
foie du poulpe est une glande digestive qu’on ne saurait mieux comparer qu au pancréas 
des vertébrés. Mais Krukenberg émet une autre opinion : pour lui l’action digestive du 
foie du poulpe se rapporte à un mélange de pepsine et de trypsine. L’analyse de l’impor¬ 
tant travail de Bourquelot5 va nous éclairer sur ce point. Cet expérimentateur a étudié 
attentivement l’action des liquides digestifs des céphalopodes sur les hydrates de carbone, 
les albuminoïdes et les graisses. La digestion chez ces Animaux s’opère tout entière 
dans l’estomac par l’intermédiaire du liquide sécrété par le foie. 11 n y a pas de glandes 
stomacales ni intestinales. 1° Hydrates de carbone. Le ferment obtenu par l’alcool d une 
macération aqueuse de foie de poulpe saccharifiait en grande partie une solution degly- 
1. Trochsel (.Journ. f. prakt. Chemie, lxiii, 170, 1854). 
2. Luca et Panceri (Ç. R., lxv, 577 et 712, 1867). 
3. Maly (Ah. W., 1880, lxxxi). 
4. L. Fredericq. Recherches sur la 'physiologie du poulpe commun (Octopus vulgaris) {Arch, de 
zool. exp., VIT, 1878). 
5. Bourquelot. Recherches sur les phenom. de la digestion chez les mollusques céphalopodes 
[Arch, de Zool. exp., (2), ni, 1885).
        

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