Bauhaus-Universität Weimar

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DIGESTION. 
qui ait fait un essai de digestion de la chair animale par un liquide fourni par un arti¬ 
cule', au moyen des glandes dites stomacales du scorpion. 
Les Aranéides dipneumones ont un œsophage d’une étroitesse capillaire; aussi n’avalent- 
elles jamais les particules solides de leur proie; elles en sucent seulement les liquides 
nutritifs. Plateau ne se prononce pas sur le rôle de la glande pharyngienne et des cæcums 
annexés à l’intestin moyen céphalo-thoracique; pour ces derniers, il dit seulement que 
la sécrétion qui s’y trouve n’est pas acide et n’a rien d’analogue avec un suc gastrique. 
C’est dans la portion abdominale de l’intestin moyen que se passent les principaux actes 
digestifs sous l’influence du liquide sécrété par la glande abdominale, constituée par de 
nombreux cæcums. Ce liquide jaunâtre, très légèrement acide, contient des cellules épi¬ 
théliales, de fins granules colorés et de nombreux granules graisseux, mais point de 
cristaux préformés. Ceux-ci, lorsqu’on écrase la glande, proviennent des tubes de Mal¬ 
pighi, qui se ramifient à l’infini entre ses cæcums. A la température ordinaire de l’été le 
suc de la glande abdominale dissout activement les matières albuminoïdes, muscles 
d’articulés, fibrine fraîche et albumine cuite (plus lentement cette dernière, comme dans 
les expériences de Hoppe-Seyler chez l’écrevisse). Il saccharifie rapidement la fécule et 
intervertit le sucre de canne. Il émulsionne aussi très bien les graisses, mais Plateau n’a 
pu s’assurer s’il les dédouble en acide et glycérine. La nature de la glande peut être 
déduite de ces propriétés. Après avoir été considéré comme un énorme corps adipeux 
par Treviranus, Straus-Durckheim, etc., la glande abdominale des aranéides fut, comme la 
glande analogue des crustacés, assimilée au foie par la plupart des naturalistes (Marcel 
de Serres, Cuvier, Oken, Meckel, Dugès, etc.). Blanchard, ayant trouvé chez le scorpion 
qu’elle contient du sucre et qu’elle élimine des matières colorantes artificiellement 
introduites dans le sang, ne doutait pas de sa nature hépatique. Mais Plateau fait juste¬ 
ment remarquer que la présence du sucre et du glycogène (du reste en faibles traces 
chez les Aranéides) ne suffit pas pour légitimer cette assimilation de la glande abdomi¬ 
nale au foie; car ces éléments se rencontrent dans un grand nombre d’organes. D’autre 
part la glande abdominale ne contient pas de cholestérine ni de pigments et acides 
biliaires; elle ne se rapproche donc du foie ni par ses propriétés physiologiques ni par 
ses réactions chimiques. Il faut se demander alors si elle a les propriétés du pancréas. 
Or Plateau a observé chez les Aranéides le même fait que Hoppe-Seyler a signalé pour 
l’écrevisse, à savoir que l’acidification de l’extrait du prétendu foie en arrête l’action 
digestive sur les albuminoïdes. Le ferment peptonisant sécrété par cette glande abdo¬ 
minale n’est par conséquent pas la pepsine ; sa manière d’agir physiquement sur les albu¬ 
minoïdes le rapproche du reste plutôt du ferment pancréatique, car il ne détermine 
pas le gonflement, l’état en gelée qui précède la dissolution peptique, mais il désagrège 
d’emblée les albuminoïdes en granulations presque moléculaires. On peut dire encore 
que l’addition de carbonate de soude qui, ainsi que l’a prouvé Heidenhain, active la diges¬ 
tion pancréatique, favorise un peu la digestion par la glande abdominale des Aranéides. 
Cette glande a donc bien les propriétés du pancréas. 
La glande abdominale possède-t-elle encore une autre fonction? Dugès (Physiologie 
comparée) la considérait comme une sorte d’estomac secondaire, jouant le rôle de réservoir 
aux sucs alibiles et il citait à l’appui le cas d’une Erèse impériale qui, ayant sucé un gros 
géotrope pendant trois jours, tripla de volume dans la région abdominale. Milne-Edwards 
(Leçons sur Vanatomie et la physiologie comparées) admit aussi la possibilité de cette péné¬ 
tration des liquides dans les cæcums. Mais Plateau démontra que le liquide abondant 
qui s’écoule instantanément lorsqu’on fend les parois de l’abdomen d’une Aranéide n’est 
pas autre chose que le sang de l’animal qui circule entre les viscères. Il est probable 
toutefois que les diverticules abdominaux qui constituent la glande digestive des Ara¬ 
néides fonctionnent aussi comme organes d’absorption. Bertkau1 a décrit dans leurs 
follicules terminaux des cellules épithéliales de deux espèces différentes; il a démontré 
de plus que les substances colorantes (carmin) introduites par la voie intestinale se 
retrouvent six heures après, en grande partie localisées dans l’épithélium du pseudo-foie, 
confirmant ainsi histologiquement une donnée ancienne de E. Blanchard, qui avait vu le 
1. Bertkau. Ueber den Ban und die Function der sog. Leber bei den Spinnen (Arch. f. mikr, 
Anat., xxni, \ 884).
        

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