Bauhaus-Universität Weimar

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DIABÈTE. 
lyses d’urine des cinq derniers jours, à partir du quatrième inclus. L’azote urinaire total 
était par vingt-quatre heures de 14^r,90 correspondant à une quantité d’albumine dont l’éla¬ 
boration fournissait 56 grammes de glycose. L’ingestion de sucre était de 80 grammes : 
c’est donc 136 grammes de sucre ingéré ou formé en vingt-quatre heures. Pendant ce temps, 
l’élimination moyenne par les urines était de 44®r,27. La quantité de sucre consommé était 
de 136 — 44,27 = 91®r,73. C’est en vingt-quatre heures une consommation de l^r,34 par kilo¬ 
gramme corporel et de 9s'l’,72,par kilogramme d’albumine fixe. C’était chez cette femme la 
consommation la plus forte qu’elle pût faire dans les conditions d’activité et de température 
où elle se trouvait, puisqu’elle laissait s’échapper le sucre qu’elle ne pouvait pas utiliser. (Or 
chez un homme normal de 40 ans, le maximum de la consommation possible était de 9^r,10 
par kilogramme corporel, de 61gr,50 par kilogramme d’albumine fixe. — Voyez tableau de 
la page 806). L’avidité des tissus pour le sucre est donc chez cette femme diabétique environ 
9 73 
six fois plus faible que chez l’individu normal. Son activité glycolytique est de — o,16. 
J’ai trouvé chez d’autres diabétiques les chlfres suivants : 0,19, — 0,51, — 0,10, — 0,14, 
— 0,42, — 0,05, — 0,51, tous nombres inférieurs à l’unité qui correspond à la nor¬ 
male. » 
2° Pathogénie du diabète pancréatique. — Lorsqu’il fut démontré d’une façon incon¬ 
testable, par les expériences de Minkowski et de Hédon, que le diabète consécutif à 
l’extirpation du pancréas relève de la suppression d’une fonction glandulaire, on émit 
l’hypothèse que cette fonction consiste dans la « sécrétion interne » d’une substance 
nécessaire à l’accomplissement normal des échanges. Or, sur cette base, deux théories 
ont été édifiées : l’une, d’accord avec le principe que dans le diabète la consommation 
du sucre est entravée (théorie de Lépine); l’autre, complètement opposée, ayant pour 
fondement la théorie de l’hyperproduction du sucre (Chauveau et Kaufmann). 
a) Théorie de Lépine. — Le diabète est dû à la diminution dans le sang d’un ferment 
sécrété principalement par le pancréas, ferment glycolytique, dont la présence est néces¬ 
saire à la consommation du sucre dans l’organisme. 
On savait par les expériences de Cl. Bernard que, dans un échantillon de sang aban¬ 
donné à lui-même, la teneur en sucre baisse progressivement à partir du moment de la 
saignée, si bien qu’au bout d’un temps plus ou moins long, l’extrait aqueux de ce sang 
convenablement désalbuminé ne donne plus aucune réduction de la liqueur de Fehling. 
En un mot, dans le sang in vitro, il se produit uue destruction spontanée du sucre, une 
glycolyse. Reprenant d'une façon méthodique l’étude de cette question, Lépine1 a déter¬ 
miné un certain nombre de conditions qui président à la production de ce phénomène, 
en particulier l’influence du temps et de la chaleur, et il en a déduit que la glycolyse 
est le résultat d’une fermentation. L’influence de la chaleur paraît plus particulièrement 
en faveur de cette conclusion. En effet la destruction du sucre in vitro est d’autant plus 
active que la température est plus élevée jusqu’à une certaine limite, au-dessus de 
laquelle la glycolyse devient nulle. Cette température maxima est 55 à 56°. Le sang 
chauffé à cette température pendant quelques instants perd la propriété de détruire son 
sucre lorsqu’on le maintient à 1a. température optimum de glycolyse, c’est-à-dire vers 
40°. Le ferment glycolytique est donc détruit à 56°. Complétant sa démonstration, Lépine a 
trouvé que ce ferment est fixé sur les globules blancs et qu’il passe par diffusion dans le 
sérum. Après avoir centrifugé un échantillon de sang, recueilli et lavé à l’eau salée ses 
globules blancs, il a pu transmettre à l’eau de lavage la propriété glycolytique. Dans le 
sang circulant le ferment glycolytique serait cédé par les globules blancs aux tissus, au 
niveau des capillaires. 
Cela posé, la notion que dans le diabète la quantité de ferment glycolytique est 
diminuée repose sur la comparaison de la glycolyse, in vitro et in vivo, entre le sang 
normal et le sang diabétique. Toutes choses étant égales du côté des conditions qui 
1. Lépine (Lyon médic., déc. 1889, 619 et 1890, 83; C. R., 8 avril 1890). — Lépine et Barral 
(C. R., 23 juin 1890, 22 juin 1891, 23 février 1891, 25 mai 1891). — Voyez aussi Lépine, Sur la 
pathogénie du diabète consécutif à l'extirpation du pancréas (Arch, de méd. exp., 1er mars 1891, 
n° 2). — Des travaux récents relatifs à la pathogénie de la glycosurie et du diabète (Ibid., 1er jan¬ 
vier 1892, n° 1). — Des relations existant entre le diabète et les lésions du pancréas, revue cri¬ 
tique (Revue de méd., 1892, xii).
        

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