Bauhaus-Universität Weimar

DIABÈTE. 
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et le chyle des animaux nourris de féculents, la question changea de face. On rechercha 
le sucre dans le sang des animaux à l’état physiologique: Magendie (1846) démontra que 
le sang contient du sucre après la digestion des féculents et réfuta l’opinion de Lehmann 
que le sucre ayant cette origine serait transformé en acide lactique en traversant la 
paroi intestinale. Avec Cl. Bernard, la question devait entrer dans une troisième phase. 
Par de remarquables expériences, ce physiologiste démontra que le glycose se trouve 
normalement dans le sang, même en dehors des phénomènes de la digestion et indé¬ 
pendamment de la nature de l’alimentation ; qu’il tire son origine du foie et se forme aux 
dépens d’une matière de réserve accumulée dans le parenchyme de cet organe, le glyco¬ 
gène ou amidon animal. 
La conception pathogénique du diabète se modifia naturellement suivant les décou¬ 
vertes physiologiques du moment: d’abord considéré comme un trouble digestif (Rollo), 
une modification de la digestion des féculents (Bouchardat, 1846), le diabète fut attribué 
par Cl. Bernard à une exagération de la formation du sucre par le foie. Mais, d’autre 
part, comme le sucre formé par le foie trouve son emploi dans l’organisme, qu’il est 
consommé au niveau des capillaires (Chauveau 1856), une nouvelle théorie devait se 
faire jour, qui considérait le diabète comme dû à une insuffisance de la destruction du 
sucre. Bouchardat, cherchant à adapter ses théories du diabète aux nouvelles décou¬ 
vertes, ne considérait plus, en 1869, comme une condition exclusive, le trouble de la 
digestion des féculents; il admettait encore une glycosurie résultant d’une hyperpro- 
duction de sucre dans le foie et croyait aussi à une glycosurie provenant de la destruction 
incomplète du sucre dans le sang (Étiologie de la glycosurie. Revue des cours scientifiques, 
1869-1870, p. 74). Il faut dire encore que Mialhe, dès 1844 (C. R., 1844-1845), avait émis 
l’hypothèse que la glycose se décompose normalement dans le sang en présence des 
alcalins de ce liquide, et que dans le sang diabétique (qu’il croyait dépourvu d’alcalinité) 
elle reste intacte, et est éliminée par les urines comme un corps étranger. Toutefois la 
théorie qui attribuait le diabète à la diminution de la consommation du sucre ne put 
trouver un sérieux appui que dans les travaux de Pettenkofer et Voit (1865), de Schultzen 
(1872), de Naunyn (1873) et de Ch. Bouchard (1874). Celte théorie est généralement 
acceptée aujourd’hui; nous aurons à la discuter longuement et à exposer en détail les 
nombreux travaux qu’elle a suggérés, en particulier ceux de Lépine relatifs au ferment 
glycolytique. Disons seulement qu’il se trouve aussi des partisans autorisés de la théorie 
de l’hyperproduclion du sucre dans le diabète, notamment Chauveau. 
La possibilité de produire artificiellement la glycosurie chez les animaux fut démon¬ 
trée par la célèbre expérience de Cl. Bernard, la piqûre du plancher du quatrième ven¬ 
tricule. Depuis, beaucoup d’auteurs se sont occupés de la même question. On a provoqué 
l’apparition des urines sucrées par la blessure de régions variées du système nerveux et 
par l’administration de poisons les plus divers. Mais il convient de citer plus particuliè¬ 
rement dans cet ordre de recherches deux expériences fondamentales: V. Mering trouva, 
en 1887, que l’on détermine chez les animaux une glycosurie aussi durable que l’on veut 
par l’administration d’un glycoside, la phloridzine. D’autre part, V. Mering et Minkowski 
firent, en 1889, celte découverte capitale que l’extirpation complète du pancréas produit 
une glycosurie intense et permanente, accompagnée des autres symptômes du diabète. 
La question de la pathogénie du diabète a toujours vivement intéressé les physiolo¬ 
gistes. Il s’agit, en effet, d’un problème concernant les phénomènes les plus intimes de la 
nutrition: l’évolution de la matière sucrée dans l’économie; et l’étude de ses troubles 
est évidemment de nature à éclairer le processus physiologique normal. Une théorie du 
diabète ne va pas sans une théorie de la glycogénie et de la glycolyse à l’état physiolo¬ 
gique. Pour résumer l’histoire des progrès de nos connaissances sur ce sujet, il semble 
qu’on doive distinguer et mettre en relief trois grands faits : d’abord la notion introduite . 
dans la physiologie par Tiedemann et Gmelin que le sucre est un produit normal de la 
digestion des féculents; puis la découverte de la glycogénie animale et de la fonction 
glycogénique du foie par Cl. Bernard ; enfin la démonstration récente faite par V. Mering 
et Minkowski du rôle du pancréas dans l’évolution normale du sucre. 
Voici maintenant l’ordre que nous adopterons dans l’emploi des nombreux matériaux 
se rapportant à cette question du diabète. Nous commencerons par exposer quelques 
données relatives à la glycogénie dans l’état physiologique, et les travaux qui ont pour
        

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