Bauhaus-Universität Weimar

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DÉLIRE. 
sans être précédée d’une période de délire. Si l’anemie est partielle, c est du vertige 
qu’on observe, des éblouissements, tendances à la syncope, bourdonnements d’oreilles, etc., 
tandis que l’intelligence reste intacte. J’en dirai autant de la congestion, dont les effets 
sont plus mal connus encore que ceux de l’anémie. Le délire qu’on a décrit dans cer¬ 
taines maladies du cœur relève peut-être de causes assez complexes, et il me semble 
imprudent de le rattacher à une perturbation mécanique dans l’irrigation sanguine céré¬ 
brale. (Voy. Cerveau, Circulation cérébrale, n, 774.) 
Délire du rêve et du somnambulisme. —• On peut certainement considérer l’état de 
rêve comme constituant une variété de délire, et de fait, rien ne paraît manquer à ce que 
nous avons regardé comme les conditions constitutives du délire; absence de pouvoir 
directeur, notions insuffisantes du monde extérieur, hallucinations. Bref, l’individu qui 
rêve est en complet délire. 
Nous avons vu en effet que l’on peut comparer la folie au rêve, et que le commence¬ 
ment du sommeil s’accompagne d’un état psychique qui ressemble beaucoup à 
l’ivresse. 
Quand on rêve, on a perdu toute notion des choses réelles : on ignore où l’on se trouve ; 
on voit sans étonnement les choses les plus extraordinaires et les plus absurdes, et c’est 
à bon droit qu’on a signalé l’absence d’étonnement comme-une des caractérisques du 
rêve. Les cocasseries les plus ineptes ne produisent ni sourire ni admiration : on les 
accepte comme toutes simples, avec leurs insensées conséquences. 
De plus, ce tableau changeant, prodigieusement mobile, des images qui se succèdent 
sans ordre, ne peut pas être modifié par nous. Nous assistons en spectateur impuissant 
aux formes multiples et bizarres qui se présentent à la conscience. Les lueurs de bon 
sens et de pouvoir directeur qui persistent dans la conscience de l’ivrogne et de l’aliéné 
ont tout à fait disparu dans l’intelligence du dormeur. Il délire pleinement, totalement, 
et l’aberration intellectuelle est complète. 
A ce point de vue, les animaux se comportent comme l’homme : on sait que les chiens 
rêvent et aboient dans leur rêve. 
Il est inutile de donner comme explication du rêve l’anémie et la congestion céré¬ 
brales ; elles ne sont pour rien dans le sommeil. 
Ce qui éloigne un peu le rêve des autres formes de délire, c’est qu’il coïncide avec 
l’impuissance motrice. Un individu endormi est étendu sur son lit sans mouvements, 
tandis que l'ivrogne, qui rêve, lui aussi, gesticule, se débat, s’agite, participe au monde 
extérieur dont il perçoit plus ou moins les ébranlements. Au contraire, le dormeur est 
fermé aux impressions périphériques qui n’agissent pas sur lui (ou presque pas) : les 
relations entre le monde psychique interne et le monde ambiant ont en grande partie 
disparu (Voy. Sommeil). 
Le délire du somnambulisme naturel est une forme curieuse du rêve. Toutefois une 
notable différence entre le rêveur et le somnambule, c’est que le rêveur ne fait plus de 
mouvements volontaires (ou à peine), ne parle pas, ne peut pas se tenir debout, tandis 
que le somnambule, qui rêve comme le dormeur, peut marcher, aller et venir, parler, 
se tenir debout, s'asseoir, lancer une pierre, se laver les mains, applaudir, etc. Mais, 
quant à ce qui est des phénomènes psychiques, il rêve et il délire aussi bien que le dor¬ 
meur. Dans les deux cas, le monde extérieur n’existe plus qu’à peine; dans les deux cas, 
il y a amnésie presque complète au réveil. Naturellement toutes les transitions s observent 
entre ces deux états; les jeunes enfants notamment ont un sommeil qui ressemble beau¬ 
coup au somnambulisme. 
S’il s’agit du somnambulisme provoqué, les phénomènes sont assez différents de ceux 
que présente le somnambulisme naturel. Mais, en pareil cas, c’est l’éducation du som¬ 
nambule qui influe sur la forme du sommeil. Le plus souvent on ne peut pas dire qu’il 
y ait délire. Mais, quand il y a hallucination, insensibilité au monde extérieur, idées 
fixes, etc., vraiment cet état mental peut être assimilé au délire, non pas au délire de 
l’ivresse à coup sûr, ni à celui de l’aliénation, mais au délire du rêve dont il ne parait 
être qu’une variété (Voy. Hypnotisme). 
Chez les animaux, les états analogues à l’hypnotisme sont caractérisés par de la stu¬ 
peur sans délire. 
Conclusions que l’étude des faits relatifs au délire entraîne pour la théorie
        

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