Bauhaus-Universität Weimar

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DÉFENSE (Fonctions de). 
accidentellement dans la circulation, poisons extérieurs, et substances toxiques du dedans 
constamment fabriquées et nécessitant par conséquent une continuelle élimination 
(poisons intérieurs). 
Poisons extérieurs. — Défenses passives. — Nous avons déjà parlé des défenses passives 
de la peau contre le poison. Par sa résistance à l’absorption, la peau empêche les poi¬ 
sons solubles de pénétrer, et nous ne reviendrons plus sur ce sujet. 
Défenses préventives. —La seule défense préventive contre les poisons, c’est le dégoût. 
Comme les poisons ne peuvent pénétrer par la peau intacte, il n’y a guère d’intro¬ 
duction possible que par les voies aériennes ou les voies digestives. Or les corps liquides 
et solides arrivent par les voies digestives ; les corps gazeux par les voies aériennes; et, 
de fait, comme la plupart des poisons sont des substances solides ou- liquides, non 
gazeuses, c’est par les voies digestives que se fait le plus souvent la pénétration du 
poison. Aussi la défense est-elle placée surtout à l’entrée des voies digestives, de manière 
à empêcher ce grave accident : le mélange d’une substance toxique avec les substances 
alimentaires. 
Il fallait donc qu’à l’entrée des voies digestives fût placé un appareil de sensibilité, 
destiné non seulement à nous renseigner sur la causticité, la température des aliments 
ingérés, mais encore à nous faire trouver du plaisir aux aliments utiles, et du déplaisir 
aux substances nuisibles qui ne sont pas caustiques et directement offensives. Supposons, 
par exemple, que nul instinct ne nous prémunisse contre le danger des plantes véné¬ 
neuses ou des liquides putréfiés ; alors nulle distinction ne pourrait être faite entre une 
plante vénéneuse et une plante alimentaire. 
Quand le dégoût est intense, il y a impossibilité d’avaler, et par conséquent, de s’em¬ 
poisonner. Une constriction irrésistible du pharynx et des efforts répétés, incoercibles 
de vomissement empêchent absolument d’ingérer la substance vénéneuse. 
En parcourant la liste des poisons, on découvre sans peine que tous ont un goût 
désagréable, et que même, dans une certaine mesure, leur amertume et le dégoût qu’ils 
inspirent se proportionnent à leur toxicité. Les plus actifs des poisons sont certainement 
des alcaloïdes, strychnine, atropine, morphine, aconitine, etc. Or tous ces alcaloïdes 
sont extrêmement amers, tandis que les substances moins toxiques, comme l’urée par 
exemple, ont une saveur presque nulle, et que les substances alimentaires, comme le 
sucre, ont une saveur agréable. 
Ainsi un animal herbivore placé dans une prairie où croissent des plantes vénéneuses 
ne s’empoisonnera pas; il se gardera de toucher aux herbes, aux fruits, ou aux plantes 
qui contiennent des poisons, et, pour faire cette distinction, il n’aura nul besoin d’une 
éducation quelconque : l’instinct lui suffira pour établir des différences entre ce qui est 
salutaire et ce qui est nuisible. 
L’amertume n’existe pas dans les substances chimiques plus que la douleur n’existe 
dans le tranchant d’un couteau. C’est une adaptation de notre organisme qui nous fait 
trouver amère telle ou telle substance, et ce n’est pas au hasard que nous la jugeons 
amère : c’est parce qu’elle est un poison ou parce qu’elle appartient à une famille de 
poisons. 
L’odorat, comme le goût, nous inspire des sentiments d’aversion ou d’appétition, con¬ 
cordant avec le danger ou l’utilité des substances étrangères qui pourraient pénétrer par 
la respiration. 
Le dégoût s’exerce aussi contre les poisons intérieurs. Les produiLs d’excrétion de 
l’organisme sont, en général, par les divers animaux, considérés comme dégoûtants. Or, 
non seulement ils sont inutiles (et l’ejetés au dehors, mais encore ils peuvent provo¬ 
quer de véritables intoxications, comme des expériences précises font appris. La bile, 
l’urine, les matières fécales, inspirent un invincible sentiment de dégoût. 
Défenses immédiates. — Expulsion. — Si le dégoût a été insuffisant pour empêcher le 
poison de pénétrer dans les premières voies digestives, d’autres appareils alors entrent en 
jeu pour l’expulser aussi rapidement que possible, et c’est tout d’abord le vomissement. 
Et là encore nous sommes forcés de faire, comme nous l’avons fait pour la chaleur, 
une distinction entre le vomissement de cause réflexe et le vomissement de cause centrale. 
Dès qu’une substance toxique est arrivée au contact de l’estomac, elle va provoquer 
une réaction violente : rougeur de la muqueuse, spasme stomacal, et efforts répétés de
        

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