Bauhaus-Universität Weimar

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DÉCAPITATION, 
lement après la décapitation, quand l’excitabilité de l’écorce cérébrale n’était pas encore 
anéantie. C’est ainsi que Laborde, en excitant les zones motrices de l’écorce cérébrale sur 
des têtes de chiens décapités, est arrivé à ce résultat que l’excitabilité de ces régions 
ne disparaissait que deux minutes après la décapitation, tandis que l’excitabilité des 
centres sous-corticaux durait jusqu’à vingt-cinq et trente minutes après la décapitation. 
Dans la série des expériences faites par Loye sur la circulation artificielle de la tête 
décapitée, cet auteur a remarqué que les contractions fibrillaires des muscles de la face 
s’observaient surtout du côté où la carotide a été injectée, et ces contractions étaient 
quelquefois si fortes qu’elles donnaient à la physionomie de l’animal une expression 
d’angoisse douloureuse profonde; quelquefois même les oreilles se dressaient, les pau¬ 
pières se contractaient convulsivement, les lèvres tremblaient et par la bouche entre- 
ouverte on remarquait des trémulations fibrillaires de la langue. Tout cela pouvait 
faire croire à la revivification de la tête par la circulation artificielle; mais ce n’est en 
réalité qu’une illusion, et, comme Loye l’a démontré, tous ces mouvements n’ont rien 
de commun avec les nerfs et les centres nerveux : ils ne sont que la simple manifestation 
de l’excitabilité musculaire mise en jeu par le courant sanguin artificiel. L’exactitude de 
cette assertion se justifie par l’expérience suivante. Si, au lieu d’établir dans la tête déca¬ 
pitée la circulation artificielle sanguine, on injecte tout simplement de l’eau distillée dans 
les carotides, on voit apparaître les même contractions de la face, des mâchoires, de la 
langue, des lobes oculaires, etc., et même d’une façon plus énergique, surtout dans 
la bouche qui mord n’importe quel objet placé entre les dents. La tête oscille d’un côté 
à l’autre par la contraction énergique des muscles de la nuque, du cou et de la face. 
Tous ces mouvements ne sont évidemment pas de nature nerveuse, car l’eau distillée ne 
peut maintenir aucune fonction nerveuse : elle n’agit que comme une forte excitation 
directe du système musculaire dont elle provoque la contraction jusqu’à la rigidité 
complète. 
Hayem et Barrier ont fait de leur côté des expériences dont le résultat est en contra¬ 
diction avec les résultats obtenus par Laborde et Loye au sujet de la revivification de la 
tête décapitée, paria circulation artificielle. En effet, Hayem et Barrier affirment qu’on 
peut maintenir pendant quelque temps la conscience dans la tête décapitée, mais à la 
condition que l’arrêt de la circulation cérébrale ne soit pas interrompu un seul instant, 
même par la décapitation ; car, en rétablissant la circulation artificielle après la décollation, 
on n’obtient, dans ce cas, que quelques contractions fibrillaires des muscles de la face, 
quelques mouvements respiratoires dus à l’asphyxie, et quelques mouvements réflexes. 
Un fait rapporté par Hayem et Barrier semble confirmer cette assertion : c’est, par 
exemple, lorsque au son de la voix la tête décapitée du chien tourne les yeux et dresse 
les oreilles. Loye croit à une coïncidence artificielle-; mais il nous semble, à nous, que 
l’opinion émise par Hayem et Barrier a aussi sa raison d’être. 
En effet, tous les auteurs qui ont ouvert le crâne des têtes décapitées ont constaté 
que les vaisseaux de la pie mère contiennent du sang mêlé avec des bulles d’air, et que, 
dans l’espace sous-arachnoïdien, il y a une quantité d’air considérable. La présence de 
l’air dans les vaisseaux du cerveau empêche de rétablir d’une façon régulière la circulation 
artificielle après la décollation; dans ces conditions on ne peut donc pas s’attendre à 
une revivification de la tête. D’un autre côté, si, comme Hayem et Barrier l’ont expéri¬ 
menté, la circulation artificielle a été établie avant la décollation de manière à empêcher 
l’introduction de l’air dans les vaisseaux cérébraux, la circulation se ferait d’une façon 
plus normale, et le retour de quelques fonctions psychiques ne serait pas impossible. 
Cela est même d’autant plus probable que, dans les expériences de ces auteurs, il n’y a 
eu aucune interruption entre la circulation cérébrale et la circulation artificielle, de sorte 
que les têtes décapitées pouvaient mieux conserver leurs fonctions nerveuses et psychiques. 
Il est à souhaiter que ces sortes d’expériences soient reprises; car elles sont peu nom¬ 
breuses. 
Les têtes décapitées de jeunes animaux, chiens, chats, se comportent à peu près comme 
Jes têtes des animaux adultes, avec cette différence que tous les mouvements respira¬ 
toires involontaires des narines, de la bouche, se continuent plus longtemps, jusqu’à six 
et sept minutes après la décollation ; les animaux nouveau-nés continuent des mouve¬ 
ments de succion.
        

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