Bauhaus-Universität Weimar

DÉCAPITATION. 
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Les mêmes phénomènes ont été décrits par Hayem et Barrier; mais ce tableau varie 
dans différents cas de la décapitation du chien. Ainsi, dans la première, au lieu de vio¬ 
lents mouvements de la face et de grimaces, la physionomie reste tranquille; on ne 
remarque que de faibles mouvements convulsifs des lèvres et des paupières. Une ou deux 
fois même, Loye a remarqué un calme absolu de la face après la décapitation. Mais les 
muscles étaient plutôt contractés que paralysés. Quant aux mouvements de la troisième 
période, et principalement aux bâillements, ils apparaissaient toujours, mais plus tard, 
dans les cas où après la décapitation la'tête se trouvait en parfait repos. 
Pour connaître l’origine de ces mouvements spontanés, il s’agissait de savoir s’ils ne 
provenaient pas de la surface de la section de la moelle épinière, mais des expériences 
directes ont démontré qu’il n’en était rien : l’excitation produite par de forts courants 
sur l’extrémité supérieure de la moelle sectionnée ne provoquait aucun mouvement, mais 
en revanche il suffisait d’appliquer une des électrodes, ou les deux à la fois, sur le cou ou 
sur la face pour provoquer des mouvements énergiques. Il s’agissait, dans ces cas-là, 
de l’excitation directe des muscles ou des nerfs moteurs. 
Quelle est donc la véritable origine de ces mouvements spontanés de la tête chez les 
animaux réellement décapités? On en trouve la réponse dans les expériences que nous 
venons d’exposer, c’est-à-dire dans la décapitation physiologique partielle qu’on obtient 
par la ligature des vaisseaux de la tête ou par la section de la moelle sous le bulbe. 
Nous voyons que la conscience et la volonté n’ont aucune part dans ces mouvements; 
tout se réduit aux effets de l’asphyxie aiguë du cerveau qui survient immédiatement 
après la décapitation, grâce à une forte hémorragie. Le « choc » ou les effets d’arrêt qui 
surviennent à la suite de la section de la moelle sous le bulbe sont tellement forts qu’il 
ne saurait être question de survie des fonctions psychiques du cerveau, de la conscience 
et de la volonté. 
D’ailleurs l’expérience suivante de Loye le prouve suffisamment. Il endort des chiens 
avec de fortes doses de chloroforme et de morphine jusqu’à la perte complète de la 
conscience et de la volonté, et même jusqu’à la disparition de la sensibilité réflexe; et 
enfin, dans cet état, il les soumet à la décapitation. La tête de ces animaux anesthésiés, 
puis guillotinés, produit les mêmes mouvements spontanés que chez les chiens normaux. 
Il est facile de déduire la conclusion de cette expérience ; c’est-à-dire que, chez les ani¬ 
maux anesthésiés, la conscience et la volonté absentes ne sont pour rien dans la pro¬ 
duction de ces mouvements spontanés de la tête. Mais on pourrait cependant objecter, 
que, malgré l’anesthésie des animaux, la conscience leur revient au moment de la déca¬ 
pitation qui agirait en ce cas comme un violent excitant et dissiperait l’état de stupeur 
narcotique dans lequel l’animal est plongé pour le remplacer par un état conscient très 
net. 
Si cette objection était fondée, ce seraient les actes réflexes de la tête qui devraient 
reparaître les premiers, comme cela se produit d’habitude après la disparition des effets 
narcotiques; tandis que, chez les animaux décapités et anesthésiés au préalable, la tête 
ne produit que des mouvements spontanés, et on ne peut obtenir aucun acte réflexe. Ces 
considérations justifient complètement l’opinion de Loye, c’est-à-dire que les mou¬ 
vements spontanés d’une tête guillotinée ne sont pas d’origine asphyxiante. C’est aussi 
l’opinion déjà ancienne de Legallois, qui disait que la tête du chien séparée du corps 
est à peu près dans les mêmes conditions que la tête d’un animal asphyxié. 
Non seulement la décapitation interrompt tous les actes psychiques instantanément, 
mais il est aussi impossible de les faire reparaître. Nous avons vu plus haut qu’une tête 
anémiée par la ligature de ses vaisseaux peut être ramenée à la vie par la restitution de 
la circulation, mais il n’en va pas de même pour une tête décapitée; car, dans ce cas, on 
a non seulement affaire à l’anémie du cerveau, mais aussi à l’influence inhibitrice (d’arrêt 
ou modératrice) de la section médullaire sous le bulbe, ainsi qu’à un phénomène tout 
particulier, dû à la décapitation : à savoir l’introduction de bulles d’air dans les vaisseaux 
du cerveau et dans l’espace sous-arachnoïdien, pénétration d’air qui empêche d’éta¬ 
blir la circulation cérébrale artificielle. Tous ces effets réunis ont toujours empêché 
Laborde et Loye de réussir à faire revivre une tête décapitée en y maintenant la circu¬ 
lation artificielle, bien qu’ils aient toujours tenté cette opération quelques minutes seu-
        

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