Bauhaus-Universität Weimar

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CYANHYDRIQUE (Acide). 
Les animaux soumis à l’action des anesthésiques, éther, chloroforme, sont moins 
sensibles à l’action toxique de l’acide cyanhydrique. 
Les résultats des expériences semblaient devoir faire considérer l’éther et le chloro¬ 
forme comme des antidotes de l’acide cyanhydrique (P. Thénard). Il n’en est rien : il y a 
simplement dans ces expériences retard apporté dans 1 absorption du toxique 
(Cl. Bernard). 
Action sur le sang. — Claude Bernard, le premier, a signalé la coloration particulière, 
rouge clair, que prend le sang veineux des animaux intoxiqués par l’acide 
cyanhydrique. 
Les observations des auteurs sur la coloration du sang des êtres empoisonnés par 
l’acide cyanhydrique, sont loin d’être concordantes. Les uns constatent que la totalité 
du sang est rouge clair; d’autres l’ont vu rouge foncé; d’autres encore, noir foncé. Ces 
contradictions ne sont qu’apparentes, car on n’a tenu compte ni de l’espèce animale, 
ni de la dose d’acide cyanhydrique administrée, ni du temps qui s’est écoulé entre la 
mort et l’examen du sang. 
Coze, d’accord avec les observations de Claude Bernard, constate que le sang veineux 
du lapin, intoxiqué par l’acide cyanhydrique, est passagèrement rouge clair; chez un 
jeune chien, le museau prend un teint rouge vif au début de ^’intoxication, pour deve¬ 
nir violet bleuâtre au moment du coma. Gaethgens a examiné les variations de couleur 
du sang circulant dans la veine jugulaire qu’il avait dénudée. Il a observé que, lorsqu on 
administrait à l’animal une forte dose d’acide cyanhydrique, le sang circulant devenait 
rouge clair, le sang du cœur droit subit le même changement de teinte. 
Si la dose est très considérable, la coloration du sang est rouge clair ; si, au contraire, la 
dose n’est pas trop forte, au moment de l’agonie, après la mort, le sang est très noir (Preyer) . 
L’acide cyanhydrique agit sur les globules sanguins, et en particulier sur la matière 
colorante : l’hémoglobine. En 1846, Harless constate sur la grenouille que les globules 
sanguins sont détruits et se transforment en un détritus granuleux. En 1869, Preyer 
fait les mêmes observations; il note, en outre, l’apparition dans le champ du micro¬ 
scope d’un grand nombre de cristaux rouges, de forme rhomboidale, ayant l’aspect de 
cristaux d’hémoglobine. L’observateur est frappé de l’arrêt subit des mouvements ami- 
boïdes des globules blancs. 
Buchner, dans l’autopsie médico-légale sur le cadavre de la comtesse Chorinski, 
empoisonnée par l’acide cyanhydrique, faite quelques jours après la mort, a remarqué la 
destruction complète des globules rouges, et la coloration rouge cerise de la masse du 
sang. Manasseïn a observé l’augmentation des dimensions des globules du sang immé¬ 
diatement après l’administration d’acide cyanhydrique. Cette augmentation dépend de 
la quantité d’acide cyanhydrique administrée. Gleitnitz et Preyer constatent aussi des 
modifications dans la forme des globules, qui deviennent arrondis, dentelés et ponctués. 
Hoppe Seyler a constaté que, même in vitro, l’hémoglobine forme avec l’acide cyanhy¬ 
drique une combinaison très stable, qui cristallise comme l’oxyhémoglobine en cristaux 
isomorphes de ceux de l’oxyhémoglobine, et inodores. 
Le spectre d’absorption est identique à celui de l’oxyhémoglobine et, d’après Hoppe 
Seyler, ne présenterait pas la bande de réduction. Preyer constate que la combinaison 
cyanhydrique de l’hémoglobine n’est plus apte à fixer de 1 oxygène. Cette combinaison 
d’acide cyanhydrique et d’hémoglobine paraît être plus stable que l’oxyhémoglobine elle- 
même; au point de vue optique, elle ne présente rien de particulier. Les réducteurs- 
(sulfhydrate d’ammoniaque, tartrates ferreux et stanneux, etc.) font disparaître les 
deux raies d’absorption, et l’on n’observe plus alors qu une seule bande appartenant a 
l’hémoglobine réduite. Les solutions d’hémoglobine cyanhydrique enfermées en vase 
clos conservent beaucoup plus longtemps leurs propriétés optiques primitives, car il 
n’y a pas de putréfaction. 
On affirme que si, au lieu d’opérer aux températures ordinaires, on chauffe à 40° le 
sang défibriné additionné d’acide cyanhydrique, le spectre est différent; on obtient une 
bande pareille à celle de l’hémoglobine réduite. 
D’après Krukenberg, l’hémoglobine cyanhydrique d’HorPE Seyler ne serait pas un corps 
défini, le spectre décrit par Hoppe Seyler et Preyer serait dû à un mélange d’oxyhémo- 
globine et- d’hémoglobine réduite.
        

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