Bauhaus-Universität Weimar

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CURARISANTS (Poisons). 
direct entre la strychnine et les points d’union des fibres nerveuses et des faisceaux 
musculaires primitifs. Si l’on injecte vers l’extrémité d’un membre postérieur une solution 
de noix vomique (Magron et Buisson), on anéantit immédiatement la possibilité de l’action 
du nerf sciatique de ce côté sur les muscles correspondants (comme pour le curare). 
Un autre point, qui explique en grande partie les résultats contradictoires obtenus 
par les auteurs, c’est l’inégale réaction que présentent les deux espèces de grenouilles 
vis-à-vis de la strychnine et de la brucine, ainsi que les différences observées même pour 
la même espèce de grenouille, suivant qu’on s’adresse à des individus frais et vigoureux 
ou restés longtemps en captivité (Bidder, Liedtke, Mounier, Wintzenried, Lautenbach, 
Poulsson, Santesson, etc.). Suivant Mounier, le chlorhydrate de brucine est un poison 
paralysant pour la Rana esculenta, tandis qu’il est convulsivant pour la temporaria. Win- 
tzenried a confirmé cette inégalité de réaction, qui se produit avec l’alcaloïde lui-même 
et avec un grand nombre de ses sels; les Rana esculenta sont déjà paralysées avec des 
doses de 0,0b de milligramme en plusieurs minutes et elles ne passent jamais par une 
phase convulsive. Si l’on ne dépasse pas 2 milligrammes, les animaux se rétablissent au 
bout de deux à quatre jours. La dose de 1 milligramme de brucine reste sans effet sur 
la temporaria ; avec 1 à 5 milligrammes on observe l’exagération des réflexes suivie de 
crampes tétaniformes. Cet état peut durer quatre à cinq jours. Avec des doses plus fortes, 
après plusieurs accès tétaniformes, s’établit une paralysie complète, qui aboutit souvent 
à la mort; mais si les animaux se remettent, ils présentent une nouvelle phase convul¬ 
sive, qui peut durer dix à quinze jours. Ainsi, la différence fondamentale entre les deux 
espèces de grenouilles est que (Wintzenried) les terminaisons motrices de Y esculenta se 
paralysent avec des doses de brucine bien plus faibles que celles de la temporaria. 
Pour la strychnine, Poulsson a montré que chez la temporaria les terminaisons motrices 
ne présentent jamais de paralysie complète, mais elles sont très fatigables. Cet auteur 
expérimenta en hiver. Une injection sous-cutanée de 1 milligramme de strychnine 
produit chez la temporari,a après trois à quatre minutes, un tétanos violent, qui laisse 
place à une résolution complète. Le nerf sciatique sectionné précédemment est trouvé 
tout aussi excitable qu’avant l’empoisonnement, mais les plus faibles excitations élec¬ 
triques sont suffisantes à l’épuiser; il doit maintenant se reposer pendant longtemps 
pour pouvoir réagir de nouveau aux excitations électriques. Chez Yesculenta, le tétanos 
strychnique est bien moins violent, la paralysie plus précoce et le nerf sciatique coupé 
avant l’empoisonnement n’est plus excitable. 
Pour l’étude de l’action périphérique de la strychnine et de la brucine, Santesson se 
servit de la même méthode que pour la pyridine (voir plus haut). Les diagrammes con¬ 
struits par lui démontrent que, tandis que l’action paralysante de la brucine croît avec le 
temps, celle de la strychnine diminue. Cela peut s’expliquer par le fait que le muscle 
empoisonné par la brucine n’était pas fatigué par des convulsions dès le début de 
l’expérience, comme c’est le cas avecLla strychnine. Les deux poisons agissent d’une 
manière bien plus intense sur la Rana esculenta que sur la Rana temporaria, mais la 
brucine agit plus fortement sur Yesculenta, plus faiblement sur la temporaria que la stry¬ 
chnine. Les points de départ de la courbe strychnique et de la courbe brucique sont très 
rapprochés l’un de l’autre, mais la divergence devient de plus en plus sensible pendant 
le cours de l’empoisonnement. Un second diagramme démontre l’action comparée 
des deux poisons sur les deux espèces de grenouilles; la brucine produit le maxi¬ 
mum de son effet vingt-cinq fois plus vite et plus énergiquement sur Y esculenta que 
sur la temporaria ; l’effet moyen est atteint encore plus facilement sur la grenouille verte. 
L’action maximale de la strychnine se produit chez Yesculenta douze fois plus énergique¬ 
ment que chez la temporaria. Les effets moyen et faible sont produits avec des doses de 
strychnine six à quatre fois et demie plus faible pour Yesculenta que pour les autres espèces 
de grenouilles. Avec la strychnine, faction périphérique croît avec la dose chez les deux 
espèces de grenouilles lentement jusqu’au maximum. Mais Faction centrale du poison 
provoque des crampes tétaniformes même à très faible dose; avec des doses plus fortes 
l’extériorisation de l’excitabilité spinale est empêchée à cause de l’entrée en jeu de 
Faction périphérique paralysante. La brucine, par contre, n’agit que faiblement 
sur l’excitabilité des centres médullaires, et cette augmentation d’excitabilité centrale 
ne peut se faire jour que chez la temporaria, parce que chez elle l’action périphérique
        

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