Bauhaus-Universität Weimar

623 
C U R A RIS A NTS (Poisons). 
se soit manifestée. Nous verrons que Ja prolongation artificielle de la vie peut, dans cer¬ 
tains cas (strychnine), faire apparaître des symptômes de paralysie périphérique, dont 
la manifestation avait jusqu’à présent échappé à l’observation. 
Les différents protoplasmas, dit Boehm, possèdent des affinités chimiques particulières 
pour certains poisons qui se trouvent dans le même état de dilution dans le sang. Cela 
explique l’action foudroyante qu’exercent certains poisons à des doses minimes. La récep¬ 
tivité des cellules de l’organisme vis-à-vis des poisons n’est pas illimitée, il existe une 
espèce de point de saturation, qui ne peut être dépassé. Même si le poison est très con¬ 
centré dans le sang, la cellule n’en prend pas davantage : c’est alors qu’on observe le 
maximum d’effet. Mais, comme l’organisme vivant possède des organes d’élimination, le 
cours d’une intoxication sera rapidement influencé par l’entrée enjeu de cette fonction. 
Le degré de concentration du poison dans le sang est donc à tout moment sous la dépen¬ 
dance de la résorption, de l’élimination du poison et de l’attraction qu’exercent à son 
égard certaines cellules déterminées de l’organisme. L’intensité d’action va donc aller en 
diminuant pour disparaître, dès que se fera la dissociation du toxique d’avec les cellules 
de l’organisme. Le rétablissement des fonctions après élimination du poison montre, en 
effet, que cette combinaison avec le protoplasma n’est pas durable. La dissociation 
s’opère quand la concentration du poison dans le sang est devenue moindre, grâce à 
1 absorption et à l’entrée en jeu de l’élimination. Aussi, lors d’un empoisonnement, obser¬ 
vons-nous différentes phases, qui sont sous la dépendance des facteurs précédemment 
indiqués. 
Enfin, pour épuiser ce sujet, citons encore la possibilité d’une théorie morphologique 
qui tendrait à expliquer la rupture des communications physiologiques entre le nerf et 
le muscle, par un retrait des terminaisons ultimes intra-musculaires sous l’influence du 
toxique. 
Quelle que soit l’opinion qu’on se forme, il est hors de doute que les terminaisons 
motrices sont extrêmement vulnérables; toutefois il serait j inexact de dire qu’elles 
subissent toujours les premières l’atteinte des poisons. Aussi la dénomination de «poisons 
curarisants » ne devrait-elle être réservée qu’à ces agents qui, à l’instar du curare, 
portent leur action d’une façon sinon exclusive au moins élective sur les terminaisons 
motrices, pour que les symptômes de paralysie générale puissent être attribués à une 
action périphérique. Leur nombre n’est pas grand. Toutefois l’usage a prévalu de qua¬ 
lifier ainsi toutes les substances, qui, même secondairement, produisent cet effet. Ainsi 
conçu, le groupe pharmacologique du curare est très étendu et s’accroît rapidement. Or, 
parmi ces substances, il y en a dont faction curarisante est pour le moins douteuse; 
nous allons donc en dire quelques mots dans ce paragraphe pour ne plus y revenir. Ce 
sont : 
La vératrine (et ses dérivés), Vaconitine, la delphinine, la muscarine naturelle, la sola- 
nine, la thébaïne, la phÿsostygmine, et la chélidonine. Pour la vératrine (la méthyl-vératrine 
et la protovératrine), les terminaisons motrices paraissent être intoxiquées en même 
temps que les muscles, et c’est très difficilement qu’on parvient à déceler l’action sur le 
nerf. Pour l’aconitine, Pflüge, Harnack et Mennincke pensent que les symptômes para- 
lytiques qui s’observent dans l’intoxication par cette substance sont dus à une action 
curariforme, opinion contredite par d’autres auteurs. Grigorescu a observé une diminu¬ 
tion remarquable de la courbe des nerfs moteurs et sensitifs avec conservation d’ampli¬ 
tude de la courbe des muscles, en empoisonnant des grenouilles parla solanine et la the'- 
baïne. La physostygmine, qui agit sur les centres nerveux, paraît paralyser chez la 
grenouille les extrémités motrices. Action semblable a été décrite par H. Meyer pour la 
chélidonine, en même temps que pour la chélérythrine, qui se trouve dans les racines du 
sanguinaire. 
La méthode graphique a été souvent appliquée à l’étude des poisons curarisants. 
Mosso et Santesson ont fait la remarque que, sous l’influence des poisons curarisants, la 
courbe de la fatigue présentait souvent de grandes irrégularités : au lieu d’une série uni¬ 
forme de contractions on obtient des lignes tantôt hautes, tantôt basses, et il existe 
même des excitations avortées. Suivant Mosso, le mécanisme de ce phénomène réside dans 
les plaques motrices terminales, où se manifesteraient des résistances, où des tensions 
inégales modifieraient la transmission des excitations du nerf au muscle. Santesson, qui
        

Nutzerhinweis

Sehr geehrte Benutzer,

aufgrund der aktuellen Entwicklungen in der Webtechnologie, die im Goobi viewer verwendet wird, unterstützt die Software den von Ihnen verwendeten Browser nicht mehr.

Bitte benutzen Sie einen der folgenden Browser, um diese Seite korrekt darstellen zu können.

Vielen Dank für Ihr Verständnis.