Bauhaus-Universität Weimar

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CUIVRE. 
cette muqueuse, des érosions plus ou moins profondes, qui peuvent aller jusqu’à la per¬ 
foration de l’organe, ainsi que l’a constaté Portal. 
L’action émétique des sels de cuivre est constante; elle s’observe aussi bien après 
injections sous-cutanées ou intra-veineuses du composé cuprique, ainsi qu’ORFiLA l’a con¬ 
staté le premier, que lorsqu’il pénètre directement dans le tube digestif par lavement ou 
par voie buccale. 
Pour expliquer le mécanisme de l’action émétique des sels de cuivre, certains auteurs 
ont admis comme cause unique l’action irritative musculaire et sécrétoire exercée par 
les sels de cuivre sur les parois de l’estomac. 
Les efforts de vomissements qu’on observe lorsqu’on injecte directement les sels de 
cuivre dans les veines se produiraient, suivant Lauder Brunton etE. de LancyWest, d’après 
ce mécanisme. Ces auteurs disent que le cuivre semble exercer son action vomitive en 
irritant l’estomac et l’intestin et agissant d’une façon réflexe sur le centre bulbaire, 
plutôt qu’en impressionnant la moelle allongée. 
A l’appui de leur théorie, Lauder Brunton et E. de Lancy West ont constaté que la 
section des nerfs pneumogastriques supprime l’évacuation du contenu de l’estomac, 
sans empêcher les nausées; et que la section des splanchniques paraît empêcher les 
nausées. Nous devons remarquer que les auteurs ne sont pas très affirmatifs sur ce der¬ 
nier point. 
Fonssagrives croit que les vomissements provoqués par l’introduction d’un sel de 
cuivre, par une voie autre que l’estomac, sont dus à un acte instinctif, tendant à l’élimi¬ 
nation d’une substance à laquelle répugne l’économie; il en fait donc une action centrale. 
Il faut remarquer qu’en général on ne retrouve pas de cuivre dans le contenu sto¬ 
macal des animaux intoxiqués par injection intraveineuse de sels de cuivre, qui pré¬ 
sentent cependant des nausées et font des efforts de vomissement. 
Les troubles intestinaux, provoqués par l’ingestion des sels de cuivre, s’accusent par 
des coliques, des diarrhées séreuses et sanguinolentes, ayant une physionomie dysen¬ 
térique. On observe souvent du ténesme rectal et à la fin une véritable paralysie du 
sphincter anal. 
Les accidents nerveux de l’intoxication aiguë se réduisent à quelques phénomènes 
convulsifs tétaniformes, parfois très violents, ainsi que l’a constaté Orfila. 
D’après Piltz et Ritter, qui ont expérimenté l’action de l’albuminate de cuivre en 
injection intraveineuse, on observe surtout des convulsions et des tremblements choréi- 
formes. Filf.hne a constaté des secousses fibrillaires et de la paralysie succédant à des 
mouvements anormaux. Cürci considère le cuivre comme un poison agissant principa¬ 
lement sur les nerfs, qu’il paralyse. Il abolit les réflexes cutanés et la sensibilité à la 
douleur en paralysant les centres réflexes de la moelle d’aboi’d, puis les centres sensitifs 
encéphaliques; il agit enfin sur les centres moteurs cérébraux et spinaux. Il paralyse 
progressivement les centres respiratoires, et provoque ainsi une dyspnée aggravée par 
l’œdème pulmonaire qui se produit simultanément. Le cuivre agit comme excitomoteur 
intracardiaque et vaso-moteur général; excitant d’abord la vaso-constriction,il provoque 
une augmentation de pression; puis, paralysant les vasomoteurs, il amène une diminu¬ 
tion de pression et la faiblesse du pouls. D’après Cürci, la mort par les sels de cuivre 
serait due à une paralysie respiratoire et à de la paralysie cardiaque. Le cuivre serait un 
poison nerveux aussi bien pour le système de la vie animale que pour celui de la vie 
végétative. Son action aurait une grande analogie avec celle de l’argent et de l’or. 
Toxicité du cuivre et de ses composés. — L’étude de l’activité toxique du cuivre 
et de ses composés a été l’objet d’un grand nombre de recherches et d’observations dont 
les résultats sont en général très contradictoires. Il convient dans cette étude de consa¬ 
crer un premier paragraphe au cuivre métallique; puis dépasser sucessivement en revue 
les principaux composés cupriques qui ont été expérimentés; car l’action des sels de 
cuivre sur l’organisme diffère non seulement d’après le mode d’introduction de ce com¬ 
posé, mais aussi suivant l’espèce chimique du sel expérimenté. 
Cuivre métallique. — Le cuivre métallique semble n’exercer sur l’organisme aucune 
action appréciable. Drouard a fait ingérer à un chien une once de limaille de cuivre 
et n’a observé aucun phénomène. Burcq et Ducom ont fait prendre à des chiens, pendant 
douze à quinze jours, des doses quotidiennes de limaille de cuivre variant entre 10 et
        

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