Bauhaus-Universität Weimar

CROISSANCE. 
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d’autres plus tard; les uns s’épaississent, d’autres s’allongent, en prolongements qui 
peuvent faire croire à la création de fibres nouvelles; mais, dans les deux cas, il n’y a que 
hypertrophie, il n’y a pas hyperplasie. 
Cette hypertrophie se fait dans tous les sens, dans les trois dimensions : de là, l’allon¬ 
gement ou l’épaississement de l’organisme : le poids, le volume ou la longueur 
augmentent. 
Il ne faut pourtant pas croire que l’hyperplasie ne joue aucun rôle dans la croissance. 
Loin de là. Elle existe au cours de toute la vie, dans certaines parties, les muqueuses, 
les glandes, les épithéliums, qui sont soumises à une perpétuelle desquamation qui fait 
partie essentielle de leurs fonctions; mais là, elle ne joue aucun rôle dans la croissance, 
ne faisant que remplacer ce qui a été enlevé; elle existe aussi dans différents systèmes. 
Il y a hyperplasie normale dans les tissus conjonctifs, il y en a dans le tissu musculaire 
et surtout dans le tissu musculaire lisse, et il y a certainement quelques relations entre 
cette aptitude à la multiplication cellulaire de certains tissus, de certains processus patho¬ 
logiques, comme on le peut voir d’après la facilité avec laquelle le tissu conjonctif prolifère 
et envahit la place de cellules toutes différentes, quand celles-ci sont malades ou affaiblies 
de quelque façon. Il y a hyperplasie normalement au cours de la croissance dans les 
systèmes vasculaire et digestif, peut-être (?) au coeur. La différenciation ne cesse même 
pas absolument avec la naissance, les phénomènes d’ossification des cartilages sont là 
pour le montrer. (Chabrié. Les phénomènes chimiques de Vossification, 1895). 11 n’en est 
pas moins vrai que, dans l'ensemble, ce sont les processus d’hypertrophie qui dominent 
au cours de la croissance, après l’achèvement de l’embryon, c’est-à-dire à partir de la 
naissance. Pour les détails, on se reportera aux traités spéciaux d’histologie, il suffit ici 
d’indiquer les grandes lignes. 
On remarquera que l’hyperplasie comprend deux processus distincts. Il peut y avoir 
hyperplasie par segmentation ou division des éléments sur éléments se divisant en deux, 
de même nature; il peut y avoir hyperplasie par création d’éléments différents. Le 
premier cas se présente dans le tissu conjonctif, par exemple : mais dans l’accroissement 
des os plats, par le périoste, nous assistons à une hyperplasie différente, car le périoste 
produit là, non du périoste, mais de l’os. Ici donc, il y a production d’éléments nou¬ 
veaux, non pas aux dépens du semblable, mais aux dépens du différent. 
Les os s’accroissent, comme 'on sait (Flourens, Duhamel, Broca, Ranvier, etc.), par 
allongement et épaississement des cartilages de conjugaison. Les os longs sont formés 
de trois parties, deux épiphyses courbes, terminales, une diaphyse médiane, allongée, 
reliée par deux cartilages de conjugaison. L’allongement se fait par prolongation des 
cellules cartilagineuses et celles-ci s’ossifient peu à peu. La fin de la croissance des os 
longs est marquée par l’ossification des dernières cellules de cartilage : il y a soudure 
des épiphyses et de la diaphyse : désormais l’allongement est impossible. Les animaux 
précoces, et les sujets chez qui la croissance du squelette cesse tôt, cessent de croître 
parce que chez eux la soudure se fait plus tôt que de coutume. Les os, après cessation 
de croissance en longueur, pourront continuer à épaissir, par la formation de substance 
osseuse à la face interne du périoste : mais généralement' les deux modes de croissance 
marchent ensemble, et cessent ensemble. Les os plats et les os courts, sauf quelques 
exceptions, ne s’accroissent que par formation de substance osseuse fournie par le 
périoste. Les muscles présentent surtout de l’hypertrophie : l’hvperplasie existe pourtant 
dans quelques cas déjà signalés. 
Dans le système vasculaire, les deux processus semblent coexister : il y a hypertrophie 
et hyperplasie à la fois (Voir les travaux de Ranvier, en particulier). 
Dans les nerfs, un processus mixte a été décrit par Vignal : mais, en somme, il tient 
plus de l’hypertrophie que de l’hyperplasie. 
Dans un fort intéressant travail sur l’accroissement et la régénération dans l’orga¬ 
nisme, G. Bizzozero (1894,ii, 93) a donné quelques considérations générales qui méritent 
d’être résumées. Il distingue trois modes de croissance : « Par l’augmentation du 
nombre des éléments; par l’augmentation de leur grosseur, et enfin par l’augmentation 
des produits secondaires des éléments eux-mêmes, tels que les couches corticales et les 
prolongements des cellules nerveuses, les substances contractiles des muscles et les 
substances fondamentales des tissus conjonctifs. »,
        

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