Bauhaus-Universität Weimar

CORNÉE. 
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de l’humeur aqueuse (œdème cornéen). — La régénération de l’endothélium s’opère de 
la manière suivante. Soit une lacune de l’endothélium occasionnée par un instrument 
introduit dans la chambre antérieure (à travers une petite incision cornéenne). Les cel¬ 
lules voisines s’agrandissent et émigrent sur la lacune, qu’elles couvrent; puis seule¬ 
ment survient une karyokinèse, étendue au loin, qui remplace les cellules émigrées. Si 
tout l’endothélium a été détruit par l’injection d’eau dans la chambre antérieure, il se 
reforme à partir de la périphérie, ou plutôt à partir du ligament pectiné de l’iris, au 
sein duquel des cellules endothéliales échappent toujours à la destruction. On voit 
d’énormes protoplasmes granulés s’avancer de la périphérie vers le centre cornéen. Les 
noyaux se multiplient directement, sans karyokinèse, dans ces protoplasmes, qui ulté¬ 
rieurement se segmentent au point que chaque fragment ne renferme qu’un seul noyau. 
— Enfin, aussi longtemps que les protoplasmes émigrent pour combler une lacune endo¬ 
théliale, ils ne présentent pas trace de leur structure fibrillaire, qui s’établit plus tard, 
lorsque les protoplasmes ont gagné leurs places définitives. 
Après élucidation de ces points relatifs à la nutrition et aux fonctions de parties 
déterminées de la cornée, envisageons la nutrition de la membrane en rapport avec les 
vaisseaux sanguins. 
Dans la circulation sanguine de la cornée, nous voyons appliquée une particularité 
commune à tous les milieux transparents de l’œil, à savoir que Les vaisseaux sanguins, 
artériels et veineux, sont relégués en dehors de l’organe auquel ils sont destinés; la pré¬ 
sence de vaisseaux sanguins serait incompatible avec la transparence de l’organe. 
En ce qui regarde la cornée, les vaisseaux sanguins sont relégués à la périphérie. On 
distingue généralement à ce niveau deux espèces de vaisseaux nourriciers de la cornée : 
les superficiels et les profonds. Les superficiels, venus des vaisseaux ciliaires antérieurs, 
constituent à la surface de la sclérotique le réseau capillaire péricornéen superficiel,^très 
développé jusque dans le limbe cornéen. — Les vaisseaux profonds sont situés dans 
la profondeur de la sclérotique, surtout autour du canal de Schlemm. Ils affectent un 
rapport assez intime avec les vaisseaux de l’iris. D’ailleurs des capillaires approchent de 
la périphérie cornéenne un peu dans toute l’épaisseur de la sclérotique. — Les premiers, 
les superficiels, semblent présider surtout à la nutrition desjplans superficiels. Dans cer¬ 
taines maladies cornéennes, les anses vasculaires projettent des vaisseaux de nouvelle 
formation dans la cornée même : dans les kératites superficielles, ces vaisseaux néo¬ 
formés procèdent des vaisseaux superficiels; dans les kératites profondes, ils procèdent 
des vaisseaux profonds. 
Dans le limbe conjonctival, on peut remplir par injection interstitielle un système assez 
développé de capillaires lymphatiques, qui en arrière se continuent dans les lymphatiques 
conjonctivaux, et dans lesquels débouchent de l’autre côté les fentes interstitielles de la 
cornée. 
Entre les lamelles cornéennes, on a décrit de nombreuses fentes interstitielles qu’on 
a même remplies par des injections interstitielles de substances non diffusibles. Ces fentes 
ou tubes cornéens [corneal tubes de Bowman) hébergent les cellules propres de la cornée; 
ces tubes servent peut-être à la circulation de la lymphe interstitielle. 
Eu égard à la grande distance entre les parties de la cornée et les vaisseaux sanguins, 
on peut conclure que la nutrition de la cornée est relativement difficile, laborieuse. Effec¬ 
tivement les maladies cornéennes sont fréquentes, comparées à celles de la conjonctive, 
membrane vasculaire. D’un autre côté, les plaies cornéennes sont comblées par la prolifé¬ 
ration des tissus lésés, beaucoup plus rapidement que les plaies de la sclérotique. La 
nutrition interstitielle de la cornée est donc plus intense que celle des autres tissus fibreux. 
Mais la cornée est-elle exclusivement nourrie par les vaisseau« péricornéens, ou bien 
des matériaux nutritifs lui arrivent-ils également de l’humeur aqueuse? 
La nutrition de la cornée aux dépens de l’humeur aqueuse, admise dans le temps, 
n’est pas impossible a priori, si l’on considère que le cristallin et l’humeur vitrée se 
nourrissent certainement d’une façon analogue. En 1856, His mettait encore la nutrition 
de la cornée sur le compte de l’humeur aqueuse. De nos jours, Knies admet que toute 
la cornée se nourrit aux dépens de l’humeur aqueuse, tandis que pour Ulrich, les plans 
cornéens postérieurs seraient seuls dans ce cas; les plans antérieurs seraient nourris par 
les vaisseaux cornéens.
        

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