Bauhaus-Universität Weimar

COORDINATION. 
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modification quelconque de ce rapport par une oscillation ou une rotation trop brusque, 
une attitude anormale de la tête, ou bien une lésion de [l’organe auditif naîtrait le sen¬ 
timent de vertige; il est donc d’accord avec Hitzig, en ce sens qu’il fait intervenir les 
altérations du sentiment musculaire comme cause du vertige; mais, tandis que pour 
Hitzig le vertige est dû à une altération même du sens musculaire, pour Ewald il est 
dû à une altération des rapports normaux entre l’excitation labyrinthique et le sens 
musculaire, et par cela même le labyrinthe est nécessaire a son apparition. Nous 
n’insistons pas davantage sur ce point, qui appartient à l'article Vertige, mais nous 
tenons à signaler cette conception d’Ewald sur le rôle qui est échu au labyrinthe dans 
la précision de nos mouvements.) 
Comme à l’état normal les excitations labyrinthiques ne sauraient avoir d’autre ori¬ 
gine que les modifications des courants, ou les pressions endolymphatiques dans les 
canaux semi-circulaires et le vestibule, et que ces modifications ne peuvent survenir 
que dans des déplacements de la tête seule ou du corps, on peut envisager l’action 
coordinatrice du labyrinthe de la façon suivante. Tout mouvement passif de la tête ou 
du corps commande, par l’intermédiaire du labyrinthe, une modification dans 1 attitude 
céphalique et dans la statique oculaire; mais tout mouvement actif de la tête peut aussi 
déterminer, par l’intermédiaire du labyrinthe, une direction correspondante du l’egard. 
Supposons que la lête soit maintenue fixe et que des mouvements soient ^imprimés len¬ 
tement ou brusquement à notre base de sustentation, nous réagissons d une façon 
appropriée par une augmentation du tonus dans certains groupes musculaires des 
membres du tronc et de la tête, afin d’éviter la chute qui serait la conséquence fatale 
de ces déplacements, et cela pour ainsi dire d’une façon réflexe et grâce à l’appareil laby¬ 
rinthique : or ces mêmes réactions ont encore lieu si nous supprimons la vue par l’occlu¬ 
sion des yeux; les canaux semi-circulaires sont le point d’origine de la plupart des réac¬ 
tions qui nous servent à conserver l’équilibre dans les mouvements passifs; comme le 
cervelet est un appareil destiné à assurer le maintien de l’équilibre dans les mouve¬ 
ments actifs, et même dans ces mouvements les canaux semi-circulaires participent au 
maintien de l’équilibre à cause des ondulations de la tête et du corps, et des variations 
endolymphatiques qui accompagnent nos mouvements. Ces appareils fonctionnent en 
augmentant ou en diminuant le tonus musculaire; il y a un tonus labyrinthal, comme il 
y a un tonus cérébelleux. 
Ici on peut se demander si, dans le rôle qu’elles jouent sur la coordination des mou¬ 
vements, les impressions labyrinthiques agissent par voie réflexe ou si elles doivent se 
transformer au préalable en sensations dans le cerveau. Les relations du labyrinthe avec 
les centres bulbaires, les connexions elles-mêmes de ces centres, et ce fait que, chez 
les pigeons et autres mammifères, l’extirpation du cerveau n’entraîne pas de troubles 
comparables, sont deux preuves suffisantes de l’action réflexe du labyrinthe. Mais il n en 
est pas moins vrai que nous mettons à profit les sensations qui accompagnent toute acti¬ 
vité labyrinthique, et les représentations exactes que nous nous faisons de l’attitude de 
notre tête et de notre corps dans l’espace ne sont pas étrangères à la précision de nos 
mouvements. C’est en effet en partie par les canaux semi-circulaires, que nous percevons 
les mouvements de la tête (mouvement de rotation de la tête, Crum Brown, Belage, Kœnig, 
accélération des mouvements de rotation, Mach), etc. 
En résumé, il est indiscutable que le labyrinthe (vestibule et canaux semi-circulaires) 
joue un rôle fondamental dans les phénomènes de coordination et d’équilibration; il ne 
faut pas chercher sa raison d’être dans un seul but ou dans une circonstance donnée : 
ses parties sont sans cesse en activité, mais cette activité est éminemment susceptible de 
degrés et de variations suivant te besoin du moment et l’intensité de l’excitation. 
Les impressions vestibulaires ne sont pas les seules qui soient susceptibles de provoquer 
des mouvements coordonnés, et certains mouvements de la tête et des yeux sont certai¬ 
nement associés à des impressions acoustiques proprement dites; chez les animaux dont 
l’oreille est très mobile, chez le chien en particulier, les impressions acoustiques sont sui¬ 
vies de déplacements appropriés du pavillon, déplacements en rapport avec la direction 
du son et son intensité : ce sont en réalité de véritables mouvements réflexes. Comme 
perceptions, les sensations acoustiques ont leur part dans les phénomènes de coordination 
centrale; nous y reviendrons en étudiant le rôle du cerveau comme centre coordinateur.
        

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