Bauhaus-Universität Weimar

COORDINATION. 
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coordination sous la dénomination de coordination motrice. La ooordination musculaire 
et .la coordination motrice se manifestent dans une répartition proportionnelle et régu¬ 
lière de l’énergie dans certains groupes musculaires et dans un temps défini. 
La coordination suppose donc par elle-même une notion parfaite du temps, qu’il 
s’agisse d’un mouvement réflexe, automatique ou volontaire. Cette notion résulte d’une 
qualité propre au tissu nerveux de transmettre une impression ou une excitation dans 
un délai constant; d’après les recherches de Helmholtz, les incitations motrices parcourent 
les nerfs de la grenouille avec une vitesse de 27 mètres par seconde, fait vérifié par 
Valentin, Du Bois-Reymond, Thiry, etc..., tandis que pour Marey, elle est de 11 à 
14 mètres : cette divergence est due à la différence des méthodes employées; mais avec 
la même méthode, la vitesse trouvée fut toujours la même. La vitesse dans les nerfs 
sensitifs serait de 30 mètres à la seconde d’après Schelske, et d’un peu plus de 30 mètres 
d’après Marey. La transformation de l’impression centripète en excitation centrifuge exige 
un temps beaucoup plus considérable, mais constant pour chaque impression. En résumé, 
la durée constante d’un acte réflexe est fonction des propriétés spéciales de conducti¬ 
bilité de la fibre nerveuse et des centres nerveux; la notion du temps qui est inséparable 
de l’idée de coordination, appartient à nos actes les plus inconscients et dès le début de 
la vie; elle est en quelque sorte innée. Plus tard, avec le développement de l’individu, et 
l’intervention plus effective de la volonté, certains mouvements sont appris, l’individu n’y 
réussit pas d’emblée; il arrive à la perfection lorsque, possédant l’exécution parfaite des 
différentes parties qui composent le mouvement, il a acquis par tâtonnements le temps 
voulu pour leur groupement et leur succession. Il utilise, sans doute, les données qui lui 
sont fournies par les actes réflexes, et c’est pourquoi nous pouvons dire que la notion 
du temps, qui est à la base de toute coordination, est toujours innée et souvent acquise. 
La notion de l’espace semble au contraire surtout acquise, du moins chez l’homme; 
elle est le résultat de phénomènes de perception et de conscience, dont le point de départ 
doit être recherché dans des impressions périphériques. Le fait que la plupart des ani¬ 
maux sont capables, dès la naissance, d’exécuter des mouvements coordonnés dans l’es¬ 
pace, n’implique pas que cette notion soit innée chez eux; nous examinerons ultérieu¬ 
rement les raisons de cette précocité. 
Quelque simple ou complexe que soit le mécanisme en jeu dans un mouvement coor¬ 
donné, la transmission et la perception régulières des impressions périphériques en sont 
la condition fondamentale; et nous pouvons dire qu’à chaque sens correspond un certain 
nombre ou un certain ordre de coordinations. 
Nous devons donc étudier d’abord le rôle des organes des sens sur la coordination; 
nous rechercherons ensuite s’il existe des régions spéciales du névraxe dans lesquels 
se soit localisée cette faculté. Si certaines coordinations musculaires sont localisées dans 
des points très limités du névraxe, d’autres exigent l’intervention d’une beaucoup plus 
grande étendue des centres nerveux, à cause de la multiplicité des impressions péri¬ 
phériques qui sont en jeu : les premières sont des actes réflexes simples pour lesquelles 
l’intégrité de l’are réflexe de Marshall-Hall est suffisante, la destruction d'un segment 
quelconque de cet arc abolit pour toujours la coordination à laquelle il préside, — le 
cerveau y supplée pourtant quelquefois en utilisant les sensations qui lui sont fournies 
par d’autres organes des sens, — les autres sont des réactions plus complexes, qui ont 
lieu dans des centres anatomiques plus élevés, dont la destruction entraîne des désordres 
momentanés de la coordination motrice, désordres susceptibles de s’amender en tout 
ou en partie par la suppléance du cerveau : et cela parce que leur destruction ne produit 
aucune solution de continuité entre la périphérie et l’écorce cérébrale. C’est en effet en 
comparantles désordres consécutifs à la destruction des centres de coordination et ceux 
qu’on provoque en détruisant en outre l’écorce cérébrale, que l’on peut juger de l’impor¬ 
tance de cette dernière comme centre coordinateur. 
Aujourd’hui, grâce aux importantes découvertes introduites dans l’anatomie des 
centres nerveux par la méthode des dégénérations secondaires et des imprégnations au 
bichromate d’argent (méthodes de Golgi et R. y Cajal), nous connaissons beaucoup mieux 
les rapports anatomiques des centres nerveux entre eux : et ces données sont de la plus 
grande valeur pour l’étude du mécanisme des phénomènes complexes de la coordination. 
Nous étudierons successivement :
        

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