Bauhaus-Universität Weimar

CONSANGUINITÉ. 
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« Les opinions peuvent différer sur l’opportunité du croisement, mais le nouvel animal 
•est assurément très beau ; ceux que j’ai vus l’an passé, au Palais de Cristal, étaient de 
superbe prestance, avec du rein, de la poitrine, une arrière-main solide, des têtes et des 
oreilles à ravir les plus difficiles : il leur manquait évidemment un couple de croise¬ 
ments en dedans, pour rentrer complètemeut dans le' type basset, et retrouver surtout 
les taches blanches que le bloodhound avait noyées dans l’intensité de sa couleur foncée 
{E. Fréchon, loc. ait.). » 
Il y a dix ans environ, un autre éleveur fit savoir son opinion défavorable à l’égard 
de la consanguinité. Pierre Mégnin, dont la compétence en matière d’élevage n’est 
point discutable, faisait, au sujet des expériences de cet éleveur, J. Kiener, grand 
industriel alsacien, et amateur d’élevage et de zootechnie, les réflexions que voici, et 
qui résument les résultats (L’Éleveur, 20 décembre 1896) : 
« Chez les Suidés, les expériences de consanguinité de Jean Kiener lui donnèrent 
beaucoup d’insuccès. Les gorets allèrent d’abord régulièrement, puis dépérirent à 
l’âge d’environ six semaines; leur peau se rida, prit une apparence terne, gris noir, et 
l’étisie les enleva. Ceux qui survécurent furent atteints de dégénérescence graisseuse des 
tissus. Il réussit toutefois à obtenir quelques bons et beaux produits d’un fort verrat 
accouplé avec sa mère. 
Chez les Gallinacés, expérimentant sur la race de Houdan, J. Kiener ne renouvela 
pas le sang pendant quatre générations; il ne constata aucune altération sensible à la 
•première et à la deuxième générations; à la troisième, les sujets se montrèrent de pro¬ 
portions plus réduites, le plumage perdit de ses vives couleurs, le blanc augmenta. A 
la quatrième génération, il se présenta beaucoup de becs croisés et de doigts de pieds 
irrégulièrement placés et recourbés, le sternum se déforma, et les sujets furent beau¬ 
coup plus difficiles à élever. 
La résistance à dégénérer fut beaucoup plus grande chez les races naines : les formes 
■devinrent plus sveltes et les couleurs plus brillantes. A la cinquième génération, mal¬ 
gré l’abondance de la nourriture, la taille et le volume avaient sensiblement diminué. 
Chez les palmipèdes et les pigeons, les résultats furent sensiblement les mêmes que 
chez les gallinacés; chez les oies, les jars, outre un rapetissement de la taille, très 
sensible à la quatrième génération, devinrent inféconds et on n’obtenait plus d’oisons. 
Chez les Canidés, comme nous l’avons déjà dit, l’état de pureté de la constitution est 
très altéré et varie suivant chaque race et même suivant chaque famille; si certaines 
races sont à un degré de dégénérescence tel que la consanguinité ne produit plus chez 
elle que des effets désastreux, chez d’autres, comme quelques familles de chiens de 
berger, à qui la vie continuelle au grand air, la nuit comme le jour, a donné une consti¬ 
tution particulièrement robuste 'et forte, la génération in and in n’a que d’heureux 
résultats. 
Entre ces deux constitutions extrêmes, que de variétés ne rencontre-t-on pas chez 
les races de chiens! Aussi les résultats des expériences de J. Kiener sur les Canidés sont- 
ils extrêmement variables. 
Dans une première série d’expériences, il a croisé une chienne griffonne avec un 
chien épagneul. Deux produits de cet accouplement ressemblant l’un à la mère, 
l’autre au père, furent accouplés à leur tour, et ainsi de suite jusqu’à la cinquième géné¬ 
ration. Dès la troisième, les produits, bien que très semblables à la grand’mère et très 
intelligents comme elle, étaient sensiblement inférieurs en taille et en volume aux 
-ascendants, et cette diminution n’a fait que croître et s’accentuer au point que les der¬ 
niers étaient très frêles et rabougris. 
Dans une autre expérience, J. Kiener fit servir une chienne courante par son fils et il 
en obtint un produit excellent. Le Couteulx de Canteleüx continua ainsi l’expérience et 
■arracha à une perte certaine une race excellente de chiens de lièvre. 
De ses nombreuses expériences, dont nous n’indiquons qu’une partie, J. Kiener a 
tiré les conclusions suivantes : 
Chez les animaux domestiques, la reproduction consanguine, arrêtée à temps, ne 
produit pas de résultats fâcheux et est absolument utile pour fixer des qualités appar¬ 
tenant à de rares individus. 
Il est de rigueur que les alliances consanguines ne s’exercent qu’entre individus par-
        

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