Bauhaus-Universität Weimar

COLCHICINE. 
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-cocaine par exemple, paraît être une de ces substances d’autant plus toxiques qu’elle 
agit sur un animal dont le système nerveux est plus développé. 
On voit qu’il serait imprudent, au point de vue thérapeutique, de manier la colchi¬ 
cine autrement que par milligramme ou même demi-milligramme, surtout si l’on agit 
par voie hypodermique. 
Effets sur le système digestif. — Comme le prouvent les effets d’intoxication sur 
l’homme, aussi bien que les données thérapeutiques, l’alcaloïde du colchique d’automne 
exerce sur les fonctions digestives une action prépondérante. A dose faible, ce sont des 
nausées, des vomissements, suivis parfois de coliques et de diarrhée, si bien qu’on a 
proposé d’administrer la colchicine comme vomitif et comme purgatif, ce qui est proba¬ 
blement absurde; car ces coliques sont fort douloureuses, et l’état nauséeux coïncide avec 
une faiblesse et une hyposthénie extrêmes. A dose forte et mortelle, comme dans les cas 
d’empoisonnement accidentel, cet. état s’exagère encore, et les diarrhées profuses, cho¬ 
lériformes, sont accompagnées de douleurs intenses. A l’autopsie des malheureux qui 
ont succombé, les muqueuses de l’estomac et de l’intestin sont rouges, enflammées, 
quelquefois ulcérées. 
Les symptômes cholériformes sont si marqués que, dans une expertise médico-légale, 
on n’a pas pu savoir s’il s’agissait réellement d’un empoisonnement par la colchicine 
-ou d’une affection cholériforme (Ogif.r). 
Naturellement l’expérimentation physiologique a confirmé ces données; même chez 
les animaux à sang froid, il y a toujours une vive congestion de la muqueuse digestive, 
une vraie gastro-entérite généralisée. Rossbach a montré que cette inflammation de la 
muqueuse n’est pas due à une action locale du poison sur l’épithélium intestinal; car 
les lésions sont les mêmes, que le poison ait été introduit sous la peau par voie 
hypodermique, ou ingéré per os, ou appliqué directement sur la muqueuse. On ne peut 
pas dire qu’il s’agit d’une paralysie vasomotrice des splanchniques et des vasomoteurs 
instestinaux; car, d’après Rossbach, le sympathique abdominal et le splanchnique 
paraissent conserver à tous les moments de l’intoxication leur action sur les vaisseaux, 
et d’ailleurs la pression artérielle reste élevée. 
Paschkis a supposé qu’il y avait une paralysie de la musculature intestinale, car ni 
la nicotine ni l’asphyxie ne produisaient une exagération des mouvements péristal¬ 
tiques chez les animaux empoisonnés par la colchicine. Mais Jacobj a contredit ces 
résultats; en prenant les précautions nécessaires pour protéger l'intestin contre les 
effets nocifs de l’exposition à l’air, il n’a pas trouvé de paralysie intestinale. 
Il a vu, au contraire, une énorme augmentation des mouvements de l’intestin qui, 
trois ou quatre heures après l’injection, se contracte, et presque se contracture avec 
violence. 
Si aux animaux empoisonnés par la colchicine (chats) on injecte de l’atropine, 
l’atropine fait cesser les mouvements péristaltiques, de sorte que, probablement, la col- 
■chicine n’agit pas sur le muscle lui même, puisque aussi bien l’atropine ne paralyse 
pas le muscle, mais les terminaisons des nerfs dans les muscles. Ainsi la colchicine, 
n’agissant pas sur le muscle, agirait sur les ganglions nerveux de la muqueuse, 
probablement en les excitant à faible dose, et en les paralysant à dose plus forte. 
On voit que l’explication de l’inflammation extrême et des mouvements exagérés de 
l’intestin est loin d’être encore bien méthodiquement expliquée. En tout cas, ce ne 
sont pas les phénomènes gastro-entériques qui produisent la mort; car, dans certains 
cas, exceptionnels d’ailleurs, la mort de l’animal provient sans troubles appréciables du 
côté des organes digestifs. 
Effets sur la circulation et le cœur. — D’après Jacobj, la colchicine, même aux 
•doses mortelles, n’agirait pas sur le cœur. Le rythme ni la fréquence des pulsations car¬ 
diaques ne sont modifiés. Le pneumogastrique conserve son action. La pression artérielle 
n’est guère modifiée, sauf, bien entendu, aux environs de la période mortelle, alors que 
toutes les fonctions du système nerveux (respiration, réflexes, etc.) sont profondément 
atteintes. Sur le cœur de la grenouille, soumis à la circulation artificielle, on peut voir 
aussi que des doses, même assez fortes, de colchicine, exercent peu d’action. 
Effets sur le système nerveux, les muscles et la respiration. A dose 
moyenne la colchicine n’agit pas sur les terminaisons motrices des nerfs, ni sur les
        

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