Bauhaus-Universität Weimar

CŒUR. 
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sente le rythme normal dans un cœur d’Octopus vulg. : « Une onde contractile apparais¬ 
sant dans la veine cave parcourt ce vaisseau et s’annonce sur la veine rénale par une 
contraction de la glande qui la recouvre. Les cœurs branchiaux se contractent aussitôt 
après, puis il se produit une pause. Les vaisseaux branchiaux efférents qui se rejoignent 
pour former les oreillettes présentent ensuite des contractions péristaltiques qui forment 
une onde unique se dirigeant le long de chaque oreillette. L’oreillette ayant expulsé 
tout le sang qu’elle contenait, le ventricule se contracte immédiatement et avec force. Le 
degré de rapidité avec lequel ces contractions se produisaient variait, selon mes observa¬ 
tions, chez différents animaux, d’après leur état de vigueur ou d’épuisement, de 36 à 20 
par minute ; 3b par minute serait environ la moyenne. 
Des observations faciles à répéter, faites par Fredericq et confirmées par Ransom, 
sont que : le cœur séparé des ganglions pleuraux ne suspend pas ses mouvements; une 
partie de la veine rénale, sectionnée ou isolée au moyen d'une ligature, continue encore à 
battre rythmiquement; et un poulpe mis hors de l’eau présente toujours, quoique 
immobile, des battements cardiaques. 
L’effet de la diminution de la pression sanguine par suite de saignée est remar¬ 
quable : « Le ventricule à moitié relâché ne produit que peu de contractions à de longs 
intervalles et présente un rythme très affaibli, apparemment par l’absence de distension de 
ses cavités. Les veines rénales et les artères branchiales souffrent moins et sont animées 
alors d’un rythme lent, mais assez régulier, quelquefois plus rapide que celui du ventri¬ 
cule. » Des effets analogues s’observent si l’on fait la section d’un gros vaisseau sanguin, 
sans que pour cela il survienne des troubles dans la respiration. En sorte que Ransom 
conclut qu’un certain degré de pression interne est essentiel au maintien du rythme 
propre et que le ventricule est plus sensible aux changements de cette pression que la 
partie veineuse du système. » 
Des recherches physiologiques et histologiques, exactes et minutieuses, ont amené 
Ransom à affirmer 'nettement que le pouvoir de contraction rythmique réside dans la 
cellule musculaire lisse ou striée de la veine rénale et du cœur branchial de l’appareil 
cardiaque, et que ce pouvoir est absolument indépendant de la fonction nerveuse, soit 
des centres lointains, soit des ganglions situés sur les parois contractiles. 
Ce pouvoir automatique de contraction apparaît moins évident dans les oreillettes et 
moins encore dans le ventricule, uniquement parce que la fonction motrice de ces segments 
est plus intimement liée à la pression intra-cardiaque; mais elle est toujours indépen¬ 
dante de la fonction nerveuse. 
Il nous semble que ce fait de la dépendance des mouvements du muscle cardiaque 
de la pression ou tension exercée sur lui d’une manière quelconque, a été peu pris en 
considération dans l’interprétation de quelques phénomènes concernant la motricité ou 
l’automaticité des divers segments du cœur des vertébrés. Nous voulons dire que ce n’est 
pas parce que le ventricule isolé, dans le cœur des animaux supérieurs, se montre privé 
de mouvements automatiques, que ses contractions sont déterminées par les appareils 
nerveux; il est très probable que chez les animaux supérieurs également une certaine 
pression intra-ventriculaire puisse provoquer des contractions rythmiques semblables à 
celles que présentent, indépendamment aussi de la pression, les sinus veineux. 
Ransom a pu se convaincre que les quatre segments (oreillette, ventricule, veine rénale 
et cœur branchial) de l’appareil cardiaque des Mollusques sont physiologiquement 
indépendants l’un de l’autre, confirmant ainsi les vues de Foster et de Dew-Smith; ils ne 
se contractent pas successivement, parce que, comme dans le cœur des vertébrés, une 
onde de contraction surgit rythmiquement dans un des segments et passe par les autres 
avec une rapidité déterminée, mais c’est la pression exercée par le liquide poussé par 
un segment dans l’autre qui constitue l’excitant à leur contraction. La raison de ce fait se 
trouve, selon Ransom, dans la signification morphologique de ces segments, qui ne sont 
pas homologues aux segments, physiologiquement analogues, du cœur des vertébrés. 
Ce fait nous semble assez important. Aussi croyons-nous utile de rapporter les paroles 
mêmes de l’auteur: «Tandis que les oreillettes et le ventricule des vertébrés ne sont que 
des différenciations d’un tube musculaire originairement uniforme, les relations entre 
les oreillettes et le ventricule sont entièrement différentes chez les Mollusques. Dans les 
espèces les plus simples (Lamellibranches), le ventricule consiste en un tube droit, pourvu
        

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