Bauhaus-Universität Weimar

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CŒUR. 
Il se pourrait donc que le ralentissement des pulsations renforcées (Actionspulse de 
Cyon) fût une conséquence de l’augmentation de leur amplitude comme il est possible que 
dans certains cas l’augmentation de l’amplitude soit la conséquence du ralentissement. 
Dans ses études sur les poisons physiologiques du cœur, Cyon estime prématuré de se 
prononcer d’une manière définitive sur la nature de l’action des nerfs dynamiques [Actions- 
nerven). Pour lui la division du travail du cœur est la conséquence d’un accord harmo¬ 
nieux entre l’action des nerfs accélérateurs et celle des nerfs modérateurs. Cet accord 
peut se produire aussi bien dans les centres cérébraux que dans les centres intracar¬ 
diaques de ces nerfs. Bien plus, Cyon admet la possibilité que de pareils accords s’ac¬ 
complissent également dans les ganglions du grand sympathique traversés par les nerfs 
cardiaques. Voici quel serait, d’après lui, le schéma de la distribution des nerfs intracar¬ 
diaques dans le cœur lui-même : 
Les nerfs accélérateurs se rendent pour la plupart aux ganglions deREMAK qui, comme 
nous l’avons vu plus haut, déterminent la fréquence des pulsations'; les fibres cardiaques 
des pneumogastriques auraient, selon lui, un parcours intracardiaque plus compliqué. 
Une partie de ces fibres se rendrait par les nerfs de la cloison interauriculaire aux gan¬ 
glions de Bidder, qui règlent la force des contractions ventriculaires (V. plus haut, p. 98). 
Ce seraient là les nerfs dynamiques des battements des ventricules. Mais, l’augmentation 
de l’amplitude de ces contractions devant forcément influer sur la durée de chaque évo¬ 
lution du cœur, il est évident que, pour conserver l’accord harmonieux entre les batte¬ 
ments du cœur, les cellules ganglionnaires de Bidder doivent être en communication 
avec celles de Remak, afin de pouvoir intervenir dans la fréquence des battements du 
cœur. Les fibres de retour {rücklaufende Fasern), qui se rendent de ces ganglions dans 
les parois des oreillettes, rempliraient, selon Cyon, cette tâche coordinatrice de la fré¬ 
quence et de la force des battements’cardiaques. 
Une autre partie des fibres modératrices des pneumogastriques est destinée à agir 
directement sur la fréquence des battements; elle atteint ce but en prolongeant la période 
diastolique et en retardant ainsi le début de la prochaine systole. Le mécanisme par 
lequel ces fibres parviennent à prolonger la diastole serait, selon Cyon, analogue à 
celui qui permet aux nerfs vasodilatateurs d’annuler ou de diminuer l’excitation tonique 
venant d’une autre source : du système nerveux moteur dans le cœur, — des nerfs vaso- 
constricteurs dans les petites artères. Ces fibres inhibitrices proprement dites des pneu¬ 
mogastriques diminueraient donc la tonicité des muscles cardiaques, et c'est probable¬ 
ment par cette voie qu'elles prolongent la phase diastolique. 
Cyon ne croit pas absolument indispensable que ces fibres agissent sur des cellules 
ganglionnaires qui reçoivent également les fibres motrices du cœur : les deux fibres 
antagonistes pourraient se rencontrer dans le réseau terminal pour aboutir ensemble aux 
plaques motrices. C’est dans ces dernières que pourrait se produire l’acte inhibitoire. 
Les nerfs pneumogastriques du cœur suivraient donc deux voies dans cet organe : les 
uns traverseraient les ganglions de Bidder et ne se rendraient qu’ensuite à ceux de Remak 
où ils se rencontreraient avec les fibres accélératrices; les autres se rendraient directe¬ 
ment aux cellules motrices ou inhibitrices. Les premiers formeraient les nerf s dynamiques : 
ils agissent avant tout sur les ventricules dont ils augmentent la force des contractions 
en réagissant en moins de temps sur leur fréquence. Les seconds, les nerfs inhibitoires 
proprement dits seraient répandus dans toutes les parties du cœur; abaissant la 
tonicité du muscle cardiaque, ils prolongent ainsi la phase diastolique et diminuent 
indirectement la fréquence des pulsations. C’est de ces derniers que dépendrait la diminu¬ 
tion de la force des contractions des oreillettes que tous les auteurs s’accordent à con¬ 
sidérer comme la conséquence de l’excitation des pneumogastriques. Ce seraient aussi 
ces fibres nerveuses qui, violemment excitées, peuvent amener l’arrêt complet du cœur. 
Il nous est impossible d’exposer ici toutes les raisons, tirées d’observations et d’expé¬ 
riences, que Cyon invoque à l’appui de son schéma de la distribution des nerfs intracar¬ 
diaques dans l’intérieur du cœur, ainsi que de leurs aclions réciproques. Les principales 
sont empruntées à ses dernières recherches sur les poisons physiologiques du cœur. Nous 
avons vu plus haut que déjà Gaskell, Heidenhain et autres attribuaient diverses fonctions 
aux fibres nerveuses des pneumogastriques. Mais c’est surtout Pawlow qui a pris à tâche 
de démontrer l’existence chez ces nerfs de deux sortes de fibres : celles qui diminuent la
        

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