Bauhaus-Universität Weimar

CŒUR. 
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comme un mouvement passager et sans avenir. Nous disons « retour aux idées de Galien » 
et non à celles de Haller, car, ainsi que nous l’avons fait remarquer plus haut (p. 103), 
le grand physiologiste du xvme siècle reconnaissait aux nerfs du cœur une part dans l’en¬ 
tretien de l’excitabilité du muscle cardiaque. Or les jeunes protagonistes des théories 
myogènes, à l’exemple de Galien, ne veulent concéder aux nerfs du cœur que les pro¬ 
priétés des nerfs sensibles. 
Les arguments sur lesquels on s’appuie pour attribuer une origine myogène au rythme 
et à l’automaticité dujcœur sont de natures diverses: les principaux sont empruntés à l’em¬ 
bryologie et à l’anatomie comparée; les autres reposent sur des faits de pharmacologie 
et de physiologie expérimentale. 
Les observations embryologiques qui paraissent plaider en faveur des facultés 
rhythmiques et automatiques des muscles cardiaques sont exposées très au long dans les 
chapitres suivants. 11 est donc inutile de les reproduire. Le point culminant de ces 
observations est le fait que le cœurcommence à se contracter d’une manière rythmique 
dès les premiers jours de la vie embryonnaire, quand on ne réussit pas à constater la 
présence d’aucun élément nerveux dans ses parois. Ce qui ôte à ce [fait un peu sa signi¬ 
fication au point de vue de la théorie myogène, c’est cet autre fait, connu depuis bien 
longtemps (Eckhard, Preyer et autres), que certaines contractions cardiaques d’un 
embryon commencent aussi avant la formation des cellules musculaires. Si le premier 
fait pouvait être invoqué contre l’origine nerveuse des contractions cardiaques chezjes 
adultes, le second devrait l’être avec un droit égal, et nous amènerait à cette seconde 
conclusion que l’origine des contractions cardiaques des adultes ne réside pas non plus 
dans les fibres musculaires. L’étrangeté de ces conclusions démontre en réalité que des 
manifestations premières de la vie embryonnaire on ne peut rien induire, en aucun sens, 
relativement aux fonctions vitales chez les adultes. Nous ignorons à peu piès tout sur 
l’origine et la nature des forces mbérentes aux embryons dans le premier stade de 
leur développement. Ce serait donc un étrange raisonnement que celui, qui de notre 
impuissance à reconnaître cette origine à l’aide de nos moyens d’investigation actuels, 
conclurait à l’inaninité de toutes les données physiologiques acquises sur la vie des 
adultes. A l’état de germes embryonnaires, le cerveau d’un futur Shakespeare et celui 
d’un candidat à l’imbécilité ne présentent point de différences matérielles accessibles 
à nos organes de sens; mais l’insuffisance de ces organes ou de nos instruments d’op¬ 
tique ne nous autorise pas à conclure que ces germes sont identiques ou que les qualités 
des deux cerveaux ne diffèrent en rien. 
De pareils arguments tirés de notre ignorance des conditions de la vie embryonnaire 
sont d’une faiblesse qui saute aux yeux. Aussi a-t-on cherché à étayer la thèse myogène 
sur des laits positifs puisés dans le développement de nos organes. Ainsi His jeune et 
Romberg croient avoir trouvé, dans le développement des ganglions sympathiques, 
une preuve irréfutable que les cellules ganglionnaires du cœur ne sont que des organes 
de sensibilité. Déjà, en i850, Kölliker avait attiré l’attention sur les ressemblances de 
structure enlre les ganglions spinaux et les ganglions sympathiques. Il avait alors émis 
l’hypothèse que ces derniers descendent des premiers; Onodi parait avoir prouvé derniè¬ 
rement cette descendance. « Les ganglions sympathiques, écrit His, appartiennent par con¬ 
séquent, d’après leur développement embryonnaire, au domaine des racines postérieures. 
Toutes les fibres nerveuses de ces racines, leurs cellules ganglionnaires, leurs terminai¬ 
sons sont, d’après l’opinion générale, sensibles. Donc les ganglions sympathiques doivent 
appartenir au système sensible. » (p. 4.) « Nos recherches sur la structure intime des gan¬ 
glions cardiaques ne sont pas encore achevées. Il est à supposer que ces ganglions se 
comportent comme les ganglions sympathiques dont ils descendent... Le principal 
résultat de nos recherches est que les ganglions sont toujours sympathiques... Donc les 
ganglions du cœur [sont aussi sensibles. Il ne peuvent pas avoir en même temps des 
fonctions motrices. » (p. 8, Klinische Beiträge, etc. von Curschmann, 1893.) 
Voilà le raisonnement qui sert de base principale aux preuves embryologiques de 
l’origine myogène des contractions cardiaqués chez les adultes. En raisonnant de la 
même manière on prouverait avec autant de raison que tous les nerfs sensibles qui 
passent par les racines postérieures, ainsi que les ganglions spinaux, sont « des nerfs mo¬ 
teurs et ne peuvent pas avoir en même temps des fonctions sensibles ». En effet, le grand
        

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