Bauhaus-Universität Weimar

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CŒUR. 
différentes parties du corps. Nous reviendrons plus loin sur ces excitations réflexes. 
L’action modératrice ou inhibition des pneumogastriques sur le cœur a été étudiée 
et constatée également chez presque tous les vertébrés et même plusieurs invertébrés. 
Chez les oiseaux, Cl. Bernard (87) observa de notables ralentissements des battements 
du cœur, mais il ne parvint pas à obtenir un véritable arrêt. Par contre, Eckhard (88) et 
R. Wagner (89), en tétanisant ces nerfs par des courants extrêmement forts, réussirent 
à arrêter le cœur pendant un temps d’ailleurs bien court. Chez les mammifères, où 
l’influence des pneumogastriques a été étudiée avec plus de soin, 1 action modératrice va 
jusqu’à l’arrêt du cœur, même quand les excitations ne sont pas trop fortes, mais la 
durée de ces arrêts dépasse rarement une minute. Par contre, chez les vertébrés à sang 
froid, l’arrêt du cœur résultant de l’excitation des pneumogastriques dure beaucoup 
plus longtemps, des dizaines de minutes et même davantage. Nous avons vu plus 
haut que l’élévation de la température diminue 1 action inhibitrice des pneumogastriques 
chez la grenouille (Cyon); par contre, l’abaissement delà température 1 augmente encore. 
Schelske (90), plus tard Cyon, ont même observé qu une fois 1 action inhibitrice des pneu¬ 
mogastriques supprimée par une élévation de la température, et le cœur aiiêté environ 
à 38° à 40°, l’excitation de ces nerfs chez la grenouille produit des mouvements du cœur, 
et même un véritable tétanos du muscle cardiaque (Cyon). D après Schmiedeberg (91) et 
autres, les pneumogastriques des grenouilles contiennent des libres accélératrices. 
L’interprétation de ce dernier phénomène adonné lieu à des controverses qui présentent 
un certain intérêt au point de vue théorique; nous les exposerons plus loin. Mais il ressort 
clairement des observations sur la force inhibitrice du pneumogastrique chez les diffé¬ 
rents vertébrés que faction de ce nerf est d'autant plus prononcée que la température de 
leur sang est plus élevée. Parmi les recherches sur les pneumogastriques des invertébiés, 
il faut signaler celles de Fredericq (92) sur les céphalopodes, notamment sur le poulpe 
commun (Octopus vulgaris). Elles ont établi que le nerf viscéral de ces animaux exeice 
sur le cœur une action inhibitrice, analogue à celle des pneumogastriques chez les \ei- 
tébrés. Les expériences de Fredericq ont été confirmées dans leuis lésultats pai Ransom 
(93) et tout récemment par S. Fuchs (94) qui les a complétées. Il y avait lieu de supposer 
que l’inhibition obtenue par Foster (93) chez certains gastéropodes en excitant direc¬ 
tement le cœur, était due également à des filets nombreux ou a des cellules ganglion¬ 
naires inhibitrices, quoique ce physiologiste n’eût pas réussi à démontrer chez eux 
l’existence de nerfs ou de ganglions cardiaques. Ce fut Ransom (94) qui découvrit que ces 
animaux aussi possédaient un nerf inhibitoire. 
Chez les crustacés, le ralenlissemment des battements du cœur s obtient pai une exci¬ 
tation de la chaîne ganglionnaire dorsale, comme l’ont démontré Dogiel (96) et ensuite 
Plateau (97). 
Mentionnons encore quelques observations sur l’arrêt du cœur par 1 excitation du 
pneumogastrique faite sur l’homme. Henle (98) a provoqué par une telle excitation un 
arrêt des contractions de l’auricule droite chez un individu décapité. Czerhak (99) est 
parvenu à ralentir les battements de son propre cœur en exerçant une pression sui le 
nerf du côté droit près de l’artère carotide. Thanhoffer (100) a même obtenu chez un 
homme un arrêt complet du cœur en comprimant simultanément les deux pneumogas¬ 
triques du cou. Cet arrêt a amené une dangereuse syncope. D autres expérimentateuis 
ont également essayé de ralentir les battements du cœur chez 1 homme par des pressions 
mécaniques sur les pneumogastriques. Ces expériences ne sont pas sans danger, et ne 
peuvent, en somme, fournir que des renseignements insuffisants sur ces nerfs, : mieux 
vaut donc s’en abstenir. 
Pflüger (71) fut le premier à constater que l’excitation du pneumogastrique ne pro¬ 
duit pas immédiatement son effet sur le cœur, : c’est-à-dire que la phase latente de 
l’excitation de ce nerf a une certaine durée. L’action inhibitrice ne commence à se mani¬ 
fester qu’après qu’une contraction du cœur a eu le temps de terminer sou évolution. 
Schiff (101) et d’autres ont fait des observations analogues. Mais c est surtout Donders 
(102) qui a exécuté des mensurations exactes de la phase latente. D’après ses recherches, 
la durée de cette phase est plus courte que la période de la contraction du cœur; elle 
augmente avec la diminution des pulsations, et varie certainement avec les variations de 
l’excitabilité. Les durées habituelles de la latence sont, suivant Donders, chez les lapins*
        

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