Bauhaus-Universität Weimar

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CÉTACÉS. 
pénétré en même temps que les animaux dont les cétacés font leur nourriture. Il est 
inutile d’insister pour montrer que cette opinion ne peut se soutenir, puisqu’il n’existe 
pas de communication entre la bouche et les fosses nasales. 
On a pensé alors que ces gerbes lancées avec force ne sont autre chose que la vapeur 
d’eau provenant de la respiration et se condensant en gouttelettes fines en arrivant dans 
l’air. C’est l’opinion couramment acceptée aujourd’hui, et la force avec laquelle ce jet de 
vapeur est lancé s’explique par la puissance des muscles expirateurs et la remarquable 
élasticité des poumons (Jolyet). Toutefois, il se peut que des petites quantités d’eau soient 
projetées également en poussière, en même temps que la vapeur d’eau venant des pou¬ 
mons. Van Beneden, en particulier, pense que les sacs des évents des cétodontes et une 
poche laryngée que possèdent les mysticètes sont des réservoirs où se recueille l’eau qui 
pénètre par les évents pendant la submersion, et que cette eau est entraînée, à l’expira¬ 
tion, par le courant de vapeur d’eau agissant comme une trompe aspirante. Cette expli¬ 
cation paraît peu probable, car il semble prouvé que la fermeture des conduits respira¬ 
toires, sous l’eau, est hermétique., sans quoi l’approche des cétacés de la surface de l’eau 
s’annoncerait par un dégagement de bulles d’air, et cela n’a jamais été observé. Nous 
pensons plutôt que les réservoirs en question renferment de l’air. Si l’on veut que les 
jets sortant des évents soient, pour une part, formés d’eau de mer, je pense qu’on a 
plus de chance d’être dans le vrai en admettant que l’expiration très violente qui se 
fait, les évents étant à fleur d’eau, agit par aspiration sur la même couche d’eau voi¬ 
siné et l’entraîne en la pulvérisant avec le courant d’air expiré des poumons. Quoi qu’il 
en soit, ce qui est certain, c est que la pulvérisation d’eau des jets qui décèlent au loin la 
présence des cétacés ne provient pas de la cavité buccale. Elle vient’ des poumons 
(pulvérisation d’eau par l’air expiré) lorsque l’expiration se fait, les évents hors de l’eau; 
elle vient de l’eau de mer lorsque l’expiration se fait sous une mince couche d’éau. 
Organes des sens. — Les organes des sens, chez les cétacés, paraissent en général 
assez mal développés, et on est fort peu renseigné sur le fonctionnement de ceux que l’on 
a pu étudier. 
(EU. — Après avoir rappelé la petitesse extrême de l’œil des cachalots, Pouchet 
s’exprime ainsi : « La vision (des cétacés) soulève un problème assez délicat que la 
physiologie ne semble pas avoir encore abordé. Une cornée convexe, comme celle de 
l’homme, est la condition essentielle de la vue dans l’air atmosphérique; c’est, au 
contraire, la disposition la plus défectueuse pour l’œil quand il est sous l’eau Aussi la 
cornée est-elle à peu près plate chez les poissons. Cependant, les phoques, les otaries, les 
marsouins et les dauphins, dans une certaine mesure, ont l’œil bombé; ils doivent, par 
suite, y voir très mal quand ils plongent ». On ne sait rien de plus, sauf que les obser¬ 
vateurs, en effet, considèrent les cétacés comme peu favorisés sous ce rapport. Les 
grands plongeurs, comme les cachalots, ont d’ailleurs les yeux fort petits, au point 
que les pêcheurs des Açores les considèrent comme aveugles; ce qui est certain, c’est 
que les cachalots sont souvent aveugles par suite d’accidents portant sur leurs yeux. 
Oreille. — Il n’y a pas de pavillon et le conduit auditif externe est excessivement 
réduit en diamètre. Par contre, la bulle osseuse (plancher de l’oreille moyenne) est très 
dilatée et fort épaisse; déplus, sa cavité est en communication, chez les dauphins comme 
chez les cachalots et les baleines, avec de larges sinus aériens développés dans le voisi¬ 
nage et parcourus par des réseaux capillaires fort riches. 
Le conduit auditif externe ne pouvant manifestement conduire les vibrations sonores, 
les anciens auteurs (Pallas, Carus, etc.) avaient pensé que celles-ci pouvaient être 
conduites par l’intermédiaire de la trompe d’EusTACHE. Rapp a réfuté cette opinion en 
montrant que la structure anatomique de la trompe ne permet pas de soutenir cette thèse. 
Il pense que « la surface entière du corps doit recevoir les vibrations sonores et les 
conduire à l’oreille interne par l’intermédiaire des os. Les sinus remarquables qui agran¬ 
dissent la cavité tympanique paraissent être disposés, ajoute-t-il, comme des membranes 
tendues destinées à recevoir une grande partie des vibrations par l’intermédiaire des os 
et à les conduire jusqu’au labyrinthe. » 
Mes études sur l’oreille des cétacés m’ont conduit à admettre également que l’oreille 
interne des cétacés ne reçoit probablement que des vibrations solidiennes transmises soit 
par les os du crâne, soit par la chaîne solide que forme le tympan très épais et intime-
        

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