Bauhaus-Universität Weimar

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CHLOROPHYLLIENNE (Fonction). 
de plus, la métamorphose et la disparition, dans ces conditions, des grains de chloro¬ 
phylle eux-mêmes. Ces changements ont lieu d’autant plus vite que la températifre est 
plus élevée, une obscurité absolue n’étant d’ailleurs pas indisenspable. Réciproquement, les 
grains de chlorophylle qui ont perdu leur amidon à l’obscurité en reforment à la lumière. 
Il existe donc, à l’état naturel, un phénomène périodique: pendant le jour il se fait de 
l’amidon, pendant la nuit celui-ci disparaît partiellement, une portion étant brûlée par 
la respiration, une autre émigrant, probablement sous forme de sucre soluble, lequel sert 
à la construction d’organes nouveaux. 
Boehm [Heber Stärkebildung aus Zucker-, Jahresb. agrik. Chemie, vi, 124,1883; Ann. agron. 
ix, 182) combattit plusieurs fois cette manière de voir en maintenant qu’il peut se for¬ 
mer de l’amidon à l’intérieur du grain chlorophyllien aux dépens de matières organiques 
immigrées. Ce fait n’a rien qui puisse nous surprendre, car il y a une grande analogie 
entre les grains de chlorophylle et les corpuscules amylogènes destinés à fabriquer de 
l’amidon dans les organes accumulateurs, à l’aide, bien entendu, de matériaux organiques 
élaborés par les organes verts; la seule différence, c’est que la chlorophylle est verte, 
qu’elle s’assimile, ce qui n’exclut en aucune façon qu’il puisse s’y développer de l’amidon, 
non autochtone. Boehm montre qu’il est facile de faire développer une grande quantité 
d’amidon dans les grains de chlorophylle appartenant à des feuilles maintenues à l’obscu¬ 
rité, si l’on a soin d’enlever tous les bourgeons de la plante à laquelle appartiennent ces 
feuilles : c’est ce qui arrive quand on offre à la plante du sucre venant de l’extérieur. On 
peut, pour réaliser cette expérience, se servir indifféremment de jeunes haricots dont on 
a fait disparaître l’amidon en les maintenant à l’obscurité ou de haricots étiolés par 
leur culture à l’obscurité : ces jeunes plantes ou leurs fragments sont couchés sur une 
solution de glucose ou de sucre de canne. Déjà au bout de vingt-quatre heures, on peut 
constater l’apparition de l’amidon; tout dépend de la concentration de la solution. Il est 
des plantes (Liliacêes) dont les grains chlorophylliens ne renferment jamais d’amidon; 
placés sur une solution sucrée à 20 p. 100, les Allium, les Asphodelus ne fabriquent pas 
d’amidon, tandis que d’autres liliacêes en fabriquent de grandes quantités au bout de 
huit à dix jours. Bœhm pense donc que la formation du glucose précède celle de l’amidon, 
ses expériences lui montrant, de plus, que les racines de certaines plantes peuvent absorber 
du sucre pour le céder ensuite aux autres organes. 
Boehm avait montré antérieurement que toutes les expériences qui ont pour objectif 
la formation de l’amidon comme conséquence immédiate de la décomposition du gaz 
carbonique (amidon autochtone) doivent être pratiquées sur des plantes tout à fait 
dépourvues d’amidon ou avec des fragments de feuilles désamidonnées par un séjour 
prolongé à l’obscurité, car, chez des plantes étiolées ayant perdu leur amidon à l’obscu¬ 
rité, on voit réapparaître de l’amidon dans les grains de chlorophylle quand on réexpose 
celles-ci à la lumière solaire dans une atmosphère privée d’acide carbonique. Or, dans 
les tiges et dans les eûtes des feuilles primordiales, il existait encore, dans ce cas, de 
l’amidon n’ayant pas disparu; Boehm pense que la lumière solaire a pu occasionner un 
retour de l’amidon à partir des tiges jusque dans les grains de chlorophylle. L’amidon 
qu’on rencontre dans ces grains n’est pas toujours un produit de l’assimilation directe, 
mais peut-être un produit de transformation des réserves déjà présentes dans la plante. 
Si l’on n’observe pas toujours dans une atmosphère privée de gaz carbonique et sous 
l’influence d’un bon éclairage le retour de l’amidon des tiges vers les grains de chloro¬ 
phylle, c’est que, dans certaines conditions, les tissus perdent la faculté de conduire cet 
amidon de la tige vers les feuilles. Au soleil et sous une cloche contenant de la potasse, 
il peut y avoir encore assimilation, car une partie du gaz carbonique provenant de la res¬ 
piration est décomposée (Ann. agron., m,'145, 1877; Sitzungsber. d. Akad. Wien. 1876, 39, 
Heber Stärkebildung in Chlorophyllkörnern, Jahresb. agrik. Chem., xviu, 297,1875; Stärkebil¬ 
dung in den Chlorophyllkörnern bei Abschluss des Lichtes, Jahresb. agrik. Chemie, i, 243, 
1878; Land. Vers. Stat., xxm, 123, 1878). Godlewski (Abhängigkeit der Stärkebildung im 
Chlorophyll von Kohlensaüregehalt der Luft. Jahresb. agrik. Chemie, xvi, 280, 1873) a insisté, 
conformément aux idées de Sachs, sur la nécessité delà présence du gaz carbonique dans 
l’atmosphère pour qu’il y ait formation d’amidon. La dissolution de l’amidon se fait à 
l’obscurité et même à la lumière, mais celui qui prend naissance sous l’influence lumineuse 
l’emporte évidemment en quantité sur celui qui disparaît par dissolution. Godlewski com-
        

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