Bauhaus-Universität Weimar

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CHLOROPHYLLIENNE (Fonction). 
qu’autant que cette atmosphère contient du gaz oxygène libre. De Saussure suspend 
ensuite à la partie supérieure de récipients contenant des pois un peu de chaux éteinte 
et fait reposer la base de ces cloches sur de l’eau de 'chaux. Dès le second jour, l’atmo¬ 
sphère des plantes exposées au soleil dans cet appareil a diminué de volume ; le troisième 
jour les feuilles inférieures ont commencé à jaunir et, entre le cinquième et le sixième, 
les tiges étaient mortes ou entièrement défeuillées. L’atmosphère intérieure examinée à 
ce moment s’est trouvée viciée, elle ne contenait plus que 16 p. 100 d’oxygène. Cette expé¬ 
rience, menée parallèlement avec une autre dans des conditions naturelles, montra que 
la chaux avait absorbé le gaz carbonique et que l’élaboration de ce gaz était nécessaire 
à la végétation aù soleil (page 35). A l’ombre le résultat fut différent; non seulement les 
plantes ne moururent pas dans le récipient contenant de la chaux, mais elles y prospé¬ 
rèrent mieux que dans un récipient semblable où cette substance n’avait pas été intro¬ 
duite. De Saussure exécuta ensuite des expériences eudiométriques très précises sur des 
atmosphères artificiellement pourvues de gaz carbonique et il montra que ce gaz, ajouté 
en certaines proportions à l’air atmosphérique, favorisait-la végétation, mais seulement 
autant que celle-ci peut opérer la décomposition du gaz acide; les plantes, en décompo¬ 
sant CO2, s’assimilent une partie de l’oxygène contenu dans le gaz carbonique. De Saus¬ 
sure remarqua, de plus, que (toutes les espèces de feuilles n’ont pas, au même degré, 
la propriété de décomposer CO2; les plantes grasses, par exemple le Cactus, n’en décom¬ 
posent que le cinquième ou le dixième de ce que décomposent les feuilles ordinaires. 
L’auteur précité pense que les parties vertes décomposent le gaz carbonique en raison 
de leur surface et presque pas en raison de'leur volume. Les plantes charnues, les tiges, 
offrant peu de surface, en décomposent, sous le même volume, beaucoup moins. 
II. Lois du phénomène et valeur du rapport qui existe entre le gaz carbo¬ 
nique absorbé et l’oxygène émis. — Expériences de Gloëz et Gratiolet. — Ces expé¬ 
rimentateurs étudient le dégagement de l’oxygène gazeux que fournissent des tiges de 
Potamogeton exposées au soleil, soit dans de l’eau chargée de gaz carbonique, soit dans 
une eau naturelle renouvelée constamment. Ils mettent en évidence : 1° l’influence de la 
lumière et remarquent, en effet, que l’ombre d’un léger nuage passant dans l’atmosphère 
suffit pour ralentir aussitôt le dégagement gazeux; 2° l’intensité du phénomène est la 
même à peu près à la lumière jaune et à la lumière blanche; 3° cette intensité varie 
beaucoup avec la température. Les auteurs constatent, de plus, un dégagement d’azote 
gazeux qu’ils attribuent à une décomposition de la substance elle-même de la plante 
(Ann. chim. et phys., (3), xxxii, 41,1851). Nous allons voir, avec les expériences de Boussin 
gault, que, en réalité, il n’y a pas, dans les conditions normales, de perte d’azote. D’ail¬ 
leurs, Barthélémy (De la respiration des plantes aquatiques submergées. Ann. chim. et phys., 
(5), xiii, 240, (1878) a écrit sur les expériences de Cloëz et Gratiolet des critiques fort justes 
qui trouveront leur place quand nous traiterons de la respiration végétale. 
Expériences de Boussingault (1859-61)(Sur les fonctions des feuilles. Agronomie, etc., v, 1 ), 
— Ce savant, après avoir fait la critique des travaux de de Saussure, Daubeny, Draper sur 
l’émission du gaz azote pendant la décomposition de l’acide carbonique à la lumière, 
ainsi que de ceux de Cloëz et Gratiolet, part de ce principe que, pour connaître les 
relations qui existent eutre le végétal et l’atmosphère qui l’entoure, il Jaut ne rien élimi¬ 
ner en fait de gaz et tout doser : aussi bien les gaz inclus dans le végétal que ceux dis¬ 
sous dans l’eau. Cette méthode seule permettra de déterminer rigoureusement le rapport 
entre le volume du gaz carbonique décomposé par les feuilles et celui de l’oxygène mis 
en liberté et montrera, en outre, s’il existe ou non un dégagement d’azote. A cet effet, 
Boussingault fait usage de trois appareils semblables et fonctionnant simultanément; 
avec l’appareil n° 1 on extrait l’atmosphère de l’eau employée dans l’expérience; avec le 
n° 2 on extrait immédiatement l’atmosphère de l’eau et l’atmosphère confinée des 
feuilles; avec le n° 3 qu’on expose au soleil, on extrait les gaz dégagés par l’action de la 
lumière mélés aux atmosphères de l’eau et des feuilles plus ou moins modifiées. L’extrac¬ 
tion des gaz se fait par une ébullition dans le vide. L’eau destinée aux expériences ne 
doit pas être trop chargée d’acide carbonique, car elle changerait trop facilement de 
composition par suite du dégagement partiel de cet acide; il suffit d’ajouter à de l’eau 
distillée bien aérée un cinquième ou un sixième de son volume d’eau saturée de CO2. Les 
trois ballons sont chargés de cette eau, les feuilles sur lesquelles on opère doivent avoir,
        

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