Bauhaus-Universität Weimar

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CHLOROPHYLLE. 
le sulfure de carbone. Ce même dissolvant sert à épuiser la pulpe qu’on a eu soin de 
sécher à basse température. La sulfure de carbone se colore en rouge foncé en se saturant 
de carotine. Par distillation, puis évaporation à l’air libre, on obtient du premier coup 
la earotine cristallisée que l’on fait recristalliser dans la benzine. Arnaud put alors constater 
la parfaite idendité de la,'matière rouge orange' extraite des feuilles avec la carotine : même 
solubilité dans les différents solvants, même forme cristalline, même point de fusion 
(168°). La carotine ne contient pas d’azote. Husemann avait préparé avec la carotine un 
dérivé chloré C18H20CI4O; Arnaud l’a reproduit à l’aide de la matière rouge orangé des épi¬ 
nards. Zeise et Husemann ont donné à la carotine la formule C18H2tO (voir encore Reinitzer, 
Monatshefte f. Chemie, vu, 597, 1886; Immendorf, Jahresb. für agrik. Chemie, xn, 117, 377, 
1890; Landw. Jahrb., xvm, 506; Hesse, Lieb. Ann. d. Chem., cclxxi, 229, 1892; Bemer¬ 
kungen über Carotin). Après s’être livré à cet égard à des recherches minutieuses, Ar naud 
montra que la carotine accompagne la chlorophylle dans presque tous les végétaux 
et qu’elle existe également dans les fruits. Cette matière est extrêmement oxydable : 
aussi les auteurs qui ont précédé Arnaud ont-ils fait, comme nous l’avons vu, entrer l’oxy¬ 
gène dans la formule de ce pigment. Cependant, si l’on procède à son analyse, sitôt la 
préparation achevée, on le trouve exempt d’oxygène; la carotine est un carbure, C26H38. 
Mais voici où devient particulièrement intéressante cette étude de la carotine. Arnaud 
a constaté que les feuilles de plantes vigoureuses et, par conséquent, souvent les feuilles 
les [plus vertes, fournissaient la plus forte proportion de matière rouge cristallisée. Ce 
fait semble paradoxal au premier abord, car la matière rouge n’est pas directement 
visible, se trouvant masquée parle pigment vert. Néanmoins la carotine est un produit 
constant et normal qu’on trouve dans toutes les feuilles. Aussi, pour ne pas interrompre 
cet aperçu sur la carotine, voyons comment on peut doser cette matière dans les feuilles. 
Le dosage s’effectue colorimétriquement; étant donné l’altérabilité du produit et son 
faible poids, on ne pouvait songer à l’isoler en nature. Arnaud fonde son procédé 
sur les remarques suivantes : 
1° Les feuilles séchées dans le vide contiennent inaltérée la matière colorante rouge 
cristallisable, ce qui n’a pas lieu quand ces mêmes feuilles sont séchées à l’étuve et en 
présence de l’air, même à basse température. 
2° Le pétrole léger (bouillant au-dessous de 100°) ne dissout pas de chlorophylle, mais 
dissout la carotine. 
3° La carotine se dissout rapidement dans le sulfure de carbone avec une couleur très 
intense rouge sang, sensible encore à un millionième. 
Voici donc comment on procédera : Les feuilles seront séchées dans le vide, puis on 
en traitera un poids connu (20 grammes par exemple) par un volume déterminé de 
pétrole léger, soit 1 litre; on laissera macérer pendant dix jours à froid en agitant de 
temps en ,temps, on prélèvera alors exactement 100 cc. de la liqueur filtrée, on laissera le 
dissolvant s’évaporer à l’air et on reprendra le résidu par un peu de sulfure de carbone, 
defaçon à obtenir le volume de 100 cc. qui est le dixième du liquide de macéi’ation. Le 
sulfure de carbone se colore d’autant plus qu’il y a plus de carotine, les autres sub¬ 
stances telles que cires, matières grasses, etc., se dissolvent aussi, mais elles n’ont aucune 
influence sur la coloration, tandis qu’elles rendraient un dosage par pesées impossible. On 
compare ensuite aucolorimètre ces solutions avec des solutions titrées de carotine. Arnaud 
a ainsi constaté que la Caroline se rencontrait dans toutes les plantes et que la quantité 
de cette matière qui existait dans les feuilles n’était pas négligeable puisqu’elle s’élevait 
souvent à un millième du poids de la matière sèche ; elle varie avec les plantes d’espèces 
différentes et avec leur âge. L’auteur a étudié ces variations sur deux végétaux : Y ortie 
et le marronnier; la quantité maxima de carotine se rencontre chez ceux-ci au moment 
de leur floraison, vers le 2 mai pour l’ortie, vers le 4 juin pour le marronnier. La propor¬ 
tion de cette matière colorante diminue ensuite assez régulièrement jusqu’à la chute des 
feuilles, sans cependant disparaître complètement. (Voir à ce sujet les remarques de 
Hansen, loc. cit., 64 et suiv.) 
Quand on étudie l’influence de la lumière sur la production de la carotine dans la feuille, 
on trouve que, de même que la chlorophylle, le pigment rouge tend à disparaître dans 
l’obscurité. 
Arnaud fait remarquer que la présence constante dans la feuille d’un carbure d’hydro-
        

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