Bauhaus-Universität Weimar

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CHLOROFORME. 
Vidal a constaté deux fois, de la façon la plus nette, une urobilinurie qui n’existait 
pas avant l’anesthésie. 11 est possible que le chloroforme détermine une destruction 
partielle des globules rouges et la transformation ultérieure de l’hémoglobine, enhéma- 
tine, puis en biliburine; mais, comme le fait observer Vidal, il y a tout lieu de croire 
que cette destruction doit s’opérer de préférence dans le foie qui, normalement, possède 
la faculté de détruire les globules dont les fonctions sont déjà altérées. 
C’est en s’appuyant sur la présence des pigments biliaires, qu’il a constatée parfois 
dans l’urine des sujets chloroformés, que Kast a supposé que l’augmentation du chiffre 
du chlore urinaire pouvait provenir aussi de la destruction des globules. Mais les deux 
phénomènes sont ou paraissent être complètement indépendants; les urines ictériques 
post-anesthésiques sont rares, et la surélimination du chlore est constante ; on ne peut 
donc pas, à cet égard, établir un rapprochement entre le chloroforme et certains poisons 
du sang, dont l’administration est suivie de l’élévation de la proportion de chlore éliminé 
par le rein. 
Nous en revenons donc à ce que nous disions plus haut : 
Dans les conditions ordinaires de l’anesthésie, le chloroforme n’altère pas ou n’altère 
que fort peu les globules et le sang. S’il en affaiblit un peu l’isotonie normale, comme 
certains essais de Vidal pourraient le faire admettre, « il faut arriver jusqu’aux limites 
extrêmes de l’intoxication, pour voir une modification importante se produire, et devenir 
l’indice d’une atteinte grave à la vitalité des hématies ». 
Altérations du foie. — Cette glande importante serait modifiée par le chloroforme ; 
d’abord dans certaines de ses fonctions physiologiques, touchant au rôle transformateur 
chimique qu’elle a à remplir; ensuite dans sa structure histologique. 
La suréliminai ion urique et la diminution des sulfo-conjugués seraient la conséquence 
des premiers effets, habituellement sans conséquences graves. 
Quant aux altérations histologiques, elles ont été observées à la suite des inhalations 
répétées de chloroforme ou après des injections hypodermiques de petites doses, capables 
cependant de déterminer la mort, après quelques heures. 
A l’autopsie du chien que P. Bert avait soumis à des anesthésies régulières, pendant 
une série de trente-deux jours, on nota la stéatose du foie. 
La dégénérescence graisseuse est aussi la lésion hépatique qui a été observée, presque 
toujours, chez les chiens, les chats, les lapius, les cobayes et les rats, par les divers 
expérimentateurs qui ont soumis ces animaux à des injections toxiques de chloroforme 
(Ungar, Junker, Strassmann, Tôth, Ostertag, Heymans et Debück, etc.). 
Altérations des reins. — L’accident qui a attiré l’attention des chirurgiens et des 
expérimentateurs, sur la production de lésions rénales par le chloroforme, est l’apparition 
de l’albumine, dans les urines des individus anesthésiés. 
En 1880, sur vingt cas examinés à ce point de vue, Rappeler a rencontré une fois de 
l’albumine. 
Depuis, beaucoup d’auteurs se sont occupés de ce symptôme, mais tous n’ont pas 
ajouté une égale importance à sa signification. 
Il est utile, en etl'et, de distinguer les cas dans lesquels l’albuminurie a été observée 
après une anesthésie chirurgicale, des expériences faites chez les animaux par injections 
hypodermiques de chloroforme ou inhalations de doses fortes, dont les actions altérantes 
sur le rein semblent plus certaines. 
D’un autre côté, il y a lieu, dans l’anesthésie chirurgicale elle-même, de faire la part 
de ce qui revient à la chloroformisation et au choc opératoire. Terrier, Patein, Vidal, 
notamment, ont attiré l’attention sur cette distinction, et démontré que, si la présence 
de l’albumine est fréquente, après une chloroformisation suivie d’une opération, elle 
est plus rare après une anesthésie seulement. 
Cependant, il est incontestable que le fait d’anesthésier un homme ou un animal, au 
chloroforme, peut suffire à provoquer de l’albuminurie ; c’est au moins ce qui ressort des 
observations de Bouchard, Garaé, Pozzi, Terrier, Patein, Karl Lutze, Fraenkel, Luther, 
Israel, Rindskoppf, Kouvver, Eisendrath, etc. 
En règle générale, cette albuminurie est légère, transitoire, et n’a pas de consé¬ 
quences fâcheuses; parfois elle est plus grave, s acompagne de cylindrurie et devient 
l’indice de lésions importantes, avec lesquelles on doit compter, surtout quand il s’agit
        

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