Bauhaus-Universität Weimar

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CHLOROFORME. 
Mais le chloroforme lui-même, que devient-il? Quelle transformation peut-il subir 
dans sa traversée organique ? Zeller a parlé, le premier, de son oxydation possible qui 
aboutirait à la formation d’un composé chloré organique, par combinaison de l’alcool 
trichlorométhylique avec l’acide glycuronique. 
Kast admet aussi cette transformation. Pour lui, lastructure chimique du chloroforme 
et la présence d’un atome d’hydrogène peuvent conduire, par oxydation, à la formation 
de Valcool trichlorométhylique, composé très instable, qui se combinerait immédiatement 
avec l’acide aldéhyde glycuronique, pour former l’acide trichlorométhyl-glycuronique. 
Vidal ne discute pas la possibilité de la formation de l’alcool trichlorome'thylique, par 
oxydation du chloroforme; mais la combinaison équimoléculaire de cet alcool avec l’acide 
glycuronique lui paraît moins facile à comprendre. 
Pour lui, le composé chloré organique, qu’on retrouve dans les urines des sujets chlo¬ 
roformés, pourrait être simplement l’acide urochloralique, mais il n’apporte, à l’appui de 
cette hypothèse, que les recherches qu’il a faites sur le pouvoir réducteur des urines et 
reconnaît lui-même que la présence directe de cet acide est encore à démontrer, rappelant 
que Külz n’a pas réussi à en trouver la moindre trace, dans l’urine de chiens anesthésiés 
par le chloroforme. 
C’est donc une question pendante, mais il n’en reste pas moins démontré que 
le chlorofortne doit subir une transformation partielle, mais importante, dans l’orga¬ 
nisme. 
Une note récente de Desgrez a apporté un élément nouveau. 
Ayant remarqué que le chloroforme se décompose à froid, par l’action de la potasse 
aqueuse, en chlorure de potassium, acide chlorhydrique, eau et oxyde de carbone, cet 
auteur a pensé que, dans le milieu organique, dont la réaction est alcaline, celte trans¬ 
formation serait peut-être possible. Voyant dans ce fait un moyen d’expliquer certains 
accidents consécutifs à l’anesthésie, il s’est efforcé de le vérifier. 
En collaboration avec Nicloux, expérimentant sur le chien, et se servant, pour 
déceler l’oxyde de carbone, du grisoumètre de Gre'hant, Desgrez a vu que, dans le 
sang d’animaux profondément chloroformisés, pendant plusieurs heures, il y a en effet de 
l’oxyde de carbone. 
La quantité n’est pas très élevée, 0C0,32 de gaz pour 100 centimètres cubes de sang; 
mais elle correspond néanmoins à celle qui serait fixée, par le même volume de sang, si 
le chien avait respiré, pendant une demi-heure, dans une atmosphère contenant 1 /10.000 
du gaz délétère. 
Nous enregistrons le fait avec tout l’intérêt qu’il mérite, mais nous tenons à bien 
faire remarquer encore qu’il a été observé chez des animaux anesthésiés pendant plu¬ 
sieurs heures. Il ne faut donc pas immédiatement en exagérer l’importance, au point de 
vue des altérations du sang qui peuvent en être la conséquence, non plus qu’au point de 
vue de la production des accidents qui surviennent parfois dans les chloroformisations 
ordinaires. 
Modifications organiques et fonctionnelles produites par le chloroforme. — 
Dans l’article Anesthésie, i, 513, par Ch. Richet, on trouve un exposé très complet des 
principales modifications fonctionnelles, qui précèdent, accompagnent et suivent le som¬ 
meil chloroformique; nous n’avons donc pas à les reprendre ici, et, considérant notre 
article comme un simple complément du précédent, nous nous en tiendrons à un exposé 
des seules particularités, pouvant s’appliquer plus spécialement au chloroforme, et qui, 
intentionnellement, n’ont été que. signalées dans l’étude générale des anesthésiques. 
Nous laisserons de côté ce qui se rapporte à l’action du chloroforme sur le système ner¬ 
veux, n’ayant rien à ajouter à l’exposé qui en a été fait, et nous nous arrêterons seule¬ 
ment sur les modifications du cœur, de la circulation, de la calorification, des échanges 
respiratoires et des phénomènes chimiques de l’organisme. 
Nous étudierons ensuite quelques accidents consécutifs aux inhalations du chloroforme ; 
l’influence de ce médicament sur la glycogénie et sur les sécrétions; puis, nous termine¬ 
rons en présentant, sommairement, quelques influences capables d’agir sur ses carac¬ 
tères physiologiques et toxiques. 
Action du chloroforme sur le cœur et sur la circulation. -- Modifications 
cardiaques. — Abstraction faite de l’accélération cardiaque primitive, coïncidant avec
        

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