Bauhaus-Universität Weimar

CHLOROFORME. 
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les dangers des syncopes réflexes et bulbaires. C’est un fait sur lequel nous avons insisté 
bien souvent, et que nous tenons pour très vrai. 
Les animaux de petite taille, chats, lapins, cobayes, rats, peuvent être chloroformisés 
en les enfermant Simplement sous une cloche de verre, contenant l’éponge imprégnée de 
médicament. Mais, comme la plupart de ces animaux sont très sensibles aux anesthé¬ 
siques, surtout au chloroforme, il ne faut pas, pour les sortir de la cloche, attendre 
qu’ils soient complètement endormis. — Dès qu’on les voit chanceler, c’est le moment 
de les mettre à l’air, car on risque, en insistant, de les retirer à l’état de cadavre. Si 
l’anesthésie n’est pas suffisante, ou si l’opération à faire doit avoir une certaine durée, 
on a toujours la possibilité de l’entretenir, hors de la cloche, par les procédés ordi¬ 
naires d’inhalation, mais en opérant toujours avec la plus grande modération. 
Enfin, si l’on désire profiter des avantages incontestables des mélanges, titrés d’avance, 
de chloroforme et d’air, on est obligé d’avoir recours aux appareils spéciaux bien con¬ 
nus, mais encore peu employés, construits par de Saint-Martin (gazomètre double) et 
par R. Dübois (machine à chloroformisation). 
Le chloroforme dans le sang. — Nous avons vu, plus haut, que la proportion de 
chloroforme, qui pénètre dans le sang, est réglée par la composition centésimale du 
mélange, et que les vapeurs anesthésiques ne s’emmagasinent pas dans le milieu intérieur. 
Gréhant et Quinquaud ont fait le dosage de la quantité de chloroforme que contient 
le sang d’un animal profondément endormi, par inhalation du mélange des vapeurs 
de 10 grammes dans 100 litres d’air, administré suivant la méthode préconisée par 
eux. 
Dans 96 centimètres cubes de sang, ils ont trouvé 0^,0483 de chloroforme; soit 
1 gramme pour 2 litres, et ce chiffre ayant été, à très peu de chose près, le même dans 
les divers essais qu’ils ont faits, ces auteurs ont conclu que la proportion anesthésique 
de chloroforme, pour le sang, est de 1 p. 2 000; mais ils ont vu encore que la dose 
mortelle est assez voisine de celle-ci. 
Le chloroforme en circulation n’est pas en dissolution dans le plasma ; Pohl a con¬ 
staté qu’il est combiné aux éléments figurés et fixé, en particulier, sur les globules rouges. 
Mais cette combinaison est très instable, car le moindre courant d’air déplace le médi¬ 
cament et le fait dégager. Ceci est parfaitement en rapport avec le rôle physiologique 
des hématies, la facile élimination des anesthésiques diffusibles, et aussi avec le fait 
bien constaté, que, par agitation avec l’air, le sang chloroformé garde toujours la capa¬ 
cité de fixer les mêmes proportions d’oxygène (Ch. Richet). 
Cette observation permet déjà d’admettre que le chloroforme ne doit pas altérer beau- 
couples éléments du sang, et c’est une opinion à laquelle nous nous rattachons volontiers, 
plutôt qu’aux conclusions, un peu exagérées, de Samson, Yon Wittich, Böttcher, Hermann 
et Schmiedeberg. Il est vrai d’ajouter que la plupart des essais qui ont fait dire que le chlo¬ 
roforme dissolvait les globules, les raccornissait et les rendait impropres à l’hématose, 
ont été pratiqués in vitro, c’est-à-dire dans des conditions qui ne sont pas celles qui se 
rencontrent dans le milieu intérieur et qui, au point de vue de la résistance même des 
hématies, sont entièrement différentes. 
D'ailleurs, nous nous intéresserons plus particulièrement à cette question, quand nous 
étudierons les altérations organiques produites par le chloroforme, et nous verrons dans 
quelles limites le sang peut être modifié, et quelles sont les conséquences de ces modi¬ 
fications. 
Quant à la production d’embolies globulaires, signalées par quelques auteurs, C. Witte 
notamment, elle peut avoir, si elle existe, une tout autre origine qu’une déformation des 
globules. 
Cependant, à l’examen du sang de sujets chloroformisés, Maurel a constaté que le 
nombre des leucocytes diminue très sensiblement, et il donne de ce fait une explication 
intéressante, en disant que le chloroforme fait prendre, aux globules blancs, la forme 
sphérique qui permet leur immobilisation dans le réseau capillaire. 
Il n’y a rien d’irrationnel à admettre l’action suspensive du médicament, sur les mou¬ 
vements normaux des leucocytes, qui, momentanément immobilisés et devenus ronds, 
s’arrêtent dans les capillaires, d’où la production d’une hypoleucémie qui, en fait, est 
beaucoup plus apparente que réelle.
        

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