Bauhaus-Universität Weimar

394 
CHEVAL. 
ainsi toute sa ration, sans pouvoir en mâcher la moindre parcelle. Souvent, il en 
témoigne de l’impatience. Si on lui présente de l’avoine, il engage les arcades incisives 
dans le grain, écarte les dents pour saisir cet aliment généralement désiré; mais, con¬ 
vaincu de son impuissance à s’en saisir, il reste fréquemment la tête immobile, butée 
contre le fond de la mangeoire, le regard triste et plein de déconvenue. 
L’intégrité de la sensibilité et du mouvement des lèvres est donc chose nécessaire 
à l’exercice régulier de la préhension des aliments solides chez le cheval. Si une lésion 
du facial entraîne la paralysie des lèvres, le sujet est obligé à des manœuvres particu¬ 
lières pour s’emparer de ses aliments. Dans le cas où la paralysie a frappé la lèvre 
supérieure, il cherche à remédier à la flaccidité de cet organe en l’appuyant contre la 
paroi postérieure de la mangeoire, et il amène les substances alimentaires dans la bouche 
par l’action exclusive de la lèvre inférieure. Dans le cas contraire, il appuie la lèvre infé¬ 
rieure contre la paroi antérieure de la mangeoire, et il fait entrer les fourrages ou les grains 
dans la bouche par l’action de la lèvre supérieure. Si la paralysie était étendue aux 
deux voiles labiaux, l’alimentation naturelle de l’animal serait impossible; elle devien¬ 
drait entièrement artificielle et réclamerait l’intervention de la main de l’homme. 
La préhension des boissons se fait par pompement. La langue joue dans la bouche à 
la façon d’un piston dans un corps de pompe. Mais, pour que ce jeu réussisse à faire 
monter l’eau dans la cavité buccale, il^aut absolument que l’air extérieur ne vienne pas 
satisfaire au vide qui tend à s’établir par la rétraction de la langue. Par conséquent, la 
fente labiale doit être exactement fermée au-dessus de la surface de l’eau, ce qui 
implique l’intégrité parfaite du bord et des commissures des lèvres, de la contractilité 
de l’orbiculaire, et la séparation complète de la bouche et des cavités nasales. Celle-ci 
est obtenue grâce à l’intégrité anatomique de la voûte palatine, anatomique et physio¬ 
logique du voile du palais. 
Si l’air entrait dans la bouche par suite d’une malformation accidentelle ou congé¬ 
nitale de la commissure des lèvres ou de la voûte palatine, il nuirait à l’ascension des 
boissons et peut-être l’empêcherait entièrement. 
L’animal cherche à corriger cette gêne en plongeant l’extrémité de la tête dans l’eau 
jusqu’au-dessus des naseaux; mais, menacé d’asphyxie, il ne tarde pas à retirer la tête 
du liquide pour respirer. La préhension des boissons est donc fréquemment interrompue 
et dure forcément plus longtemps qu’à l’état normal. 
L’homme peut venir directement en aide au sujet, en fermant les naseaux ou en pin¬ 
çant les commissures des lèvres avec les doigts. 
Poncet a démontré que toute l’action se passe dans la cavité buccale sans le concours 
de l’aspiration thoracique. Un cheval respirant par une large trachéotomie, et dont le 
segment supérieur de la trachée ainsi que les naseaux étaient tamponnés, buvait aussi 
facilement qu’un cheval intact. 
3° Mastication buccale. — Elle est beaucoup plus complète chez le cheval que chez les 
Carnassiers et les Ruminants. Les substances fibreuses et les grains sont broyés entre les 
tables striées des dents molaires par l’association des mouvements de rapprochement, 
de diduction latérale, de propulsion et de rétropulsion de la mâchoire inférieure que 
permet la disposition de l’articulation temporo-maxillaire. 
Elle s’exécute suivant le type unilatéral habituel aux herbivores, à l’exception des 
Caméliens; c’est-à-dire qu’après avoir porté la mâchoire inférieure plusieurs fois du 
même côté, consécutivement, le sujet la dévie plusieurs fois du côté opposé, et ainsi de 
suite. 
Un animal jeune, en bonne santé, dont la dentition est excellente, met en moyenne 
30 secondes pour mâcher 30 grammes de foin sec et y consacre environ 33 coups de 
dents. 
Si l’animal est vieux, si les molaires sont usées et surtout irrégulièrement usées, il 
mâche moins bien et plus lentement. Fréquemment, sur ces vieux sujets atones, des 
aliments s’accumulent et fermentent entre les molaires et la face interne des joues. 
Nous avons enregistré les mouvements de la mastication, en conjuguant un tambour 
à levier aune sorte de pneumographe enroulé autour de la tête, vers la partie moyenne 
des masséters, et fixé çà et là par des points de suture passant à travers la peau. Pour 
recueillir le caractère de l’unilatéralité, nous avons placé deux tambours à bouton tan-
        

Nutzerhinweis

Sehr geehrte Benutzer,

aufgrund der aktuellen Entwicklungen in der Webtechnologie, die im Goobi viewer verwendet wird, unterstützt die Software den von Ihnen verwendeten Browser nicht mehr.

Bitte benutzen Sie einen der folgenden Browser, um diese Seite korrekt darstellen zu können.

Vielen Dank für Ihr Verständnis.