Bauhaus-Universität Weimar

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CHEVAL. 
Nous connaissons des expériences impliquant des vivisections délicates ou une grande 
immobilité des sujets pour lesquelles on a fait usage des anesthésiques : telles sont les 
expériences de Chauveau sur la vitesse de propagation des excitations dans les nerfs des 
mammifères, celles de Dastre et Morat sur les nerfs vaso-moteurs des segments inférieurs 
des membres chez les animaux solipèdes. 
Lorsqu’on a recours aux anesthésiques, il ne faut pas oublier de limiter leur action 
au strict nécessaire; car, à un degré avancé, l’anesthésie atteint gravement l’excitabilité 
des nerfs et peut compromettre le succès d’une expérience. 
Nous-même avons utilisé le cheval dans une étude comparative des principaux anes¬ 
thésiques oti nous cherchions à saisir quelques différences entre le chloroforme, l’éther 
et le chloral, en nous appuyant sur les modifications qu’ils impriment à la circulation 
(voy. Index Bibliographique). Au cours de ces études, nous nous sommes convaincu que 
le chloral était certainement le meilleur des anesthésiques pour immobiliser le cheval 
dans une expérience de laboratoire. 
On l’injecte dans les veines en solution à 
L’animal étant couché sur une table ou sur un lit de paille, l’opérateur découvre une 
veine superficielle, la veine faciale ou la veine digitale antérieure oupostérieure au point 
où elle s’infléchit sur la face externe de l’articulation métacarpo ou métatarso-phalan¬ 
gienne, introduit et fixe; dans ce vaisseau, une canule prolongée par un tube de caout¬ 
chouc fermé à son extrémité libre; la canule et le tube ont été préalablement remplis 
d’eau pure, afin d’en chasser l’air entièrement. Il plonge dans le tube de caoutchouc la 
canule piquante qui termine une seringue de 30 à 40 centimètres cubes. Puis, pousse 
la solution de chloral dans le vaisseau, d’abord avec lenteur, pour éviter l’arrêt réflexe de 
la respiration ou du cœur, ensuite avec plus de rapidité. Si l’on procède, au début, avec 
beaucoup de ménagements, on peut amener l’anesthésie confirmée en évitant la phase 
d’excitation. Pendant que l’on injecte la première dose de chloral, on ne perdra pas de 
vue le flanc ou la paroi thoracique. Si les mouvements respiratoires venaient à s’arrê¬ 
ter, on suspendrait l’injection jusqu’à la réapparition de ceux-ci, et on la reprendrait 
encore avec plus de ménagements. 
La quantité de chloral nécessaire pour obtenir l’anesthésie du cheval est environ de 
10 grammes par 100 kilogrammes de poids vif. Toutefois, on aurait tort de s’en rapporter 
rigoureusement à cette indication qui est parfois excessive. Lorsqu’on se rapproche de 
cette dose, il est prudent d’interroger la sensibilité du sujet et de voir si elle n’est pas 
assez affaiblie pour permettre de commencer la vivisection. On est d’ailleurs averti de 
l’apparition prochaine de l’anesthésie par de bruyantes contractions intestinales. 
Le chlorgl entraîne une vaso-dilatation énorme; de sorteique les plaies faites par 
instruments tranchants, sous son influence, saignent abondamment au point de gêner 
les vivisections. On pare à cet inconvénient en employant le thermo-cautère dans la 
mesure du possible. Pour mener à bien une vivisection délicate, il nous est arrivé de la 
pratiquer sans anesthésie. Le chloral était injecté ensuite pour produire le calme et 
l’immobilité nécessaires à l’achèvement de l’expérience. 
Il est très facile de prolonger l’anesthésie par l’injection de faibles doses de solution. 
On a reproché au chloral de produire des accideuts inflammatoires sérieux, si, par 
mégarde, il fait irruption dans Je tissu conjonctif sous-cutané. Ces accidents, singulière- 
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ment atténués d’ailleurs par l’usage de solutions étendues à -,ne sont pas de nature à 
inquiéter l’expérimentateur. 
L’éther a été souvent employé pour produire l’anesthésie du cheval. J’ai formulé 
autrefois les indications de l’éther et du chloroforme. Mais d’une manière générale, 
l’éther est mieux supporté que le chloroforme lorsqu’il existe des contre-indications 
à l’anesthésie. L. Guinard s’est servi de l’éther sur des chevaux atteints d’emphysème, de 
pleurésie ou de péricardite, sans être troublé par des accidents que le chloroforme n’au¬ 
rait pas manqué de produire. Conséquemment, si l’on ne chloralise pas, il sera bon de 
recourir à l’éthérisation. 
On fait inhaler l’éther répandu sur une éponge, du coton ou une compresse, avec 
certains ménagements, d’abord, pour éviter les arrêts réflexes du cœur. Il est inuLile de
        

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