Bauhaus-Universität Weimar

CHAUVE-SOURIS. 
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que celte recherche ait tenté les naturalistes, et, dans tous les cas, le prix n’a pas été 
décerné. Il serait cependant très intéressant de reprendre les expériences de Spallan¬ 
zani et de Jurine, vieilles d’un siècle, en les entourant de tous les perfectionnements que 
comporte l’expérimentation moderne, et de s’assurer si réellement, comme le dit Spal¬ 
lanzani (1800), la Chauve-souris est un animal qui voit par l’oreille. 
Odorat. — L’odorat n’est pas moins développé que l’ouïe chez les Chauves-souris, 
comme l’indique la présence de feuilles nasales et de replis anfractueux qui projettent, 
en quelque sorte au dehors, la membrane olfactive et sont accompagnées de glandes 
nombreuses et volumineuses. Ces replis sont des organes de tact analogues aux vibrisses 
ou moustaches des Chats et des Rongeurs, mais beaucoup plus délicats (Redtel, 1873, 
Dobson, 1878), et qui sont continuellement lubréfîés par les glandes sébacées qui les 
entourent. Ils sonCinnervés parla branche maxillaire'supérieure du nerf delà cinquième 
paire qui est très développée, ainsi que la branche nasale, tandis que les branches palpé¬ 
brale et labiale sont très grêles; la branche ophtalmique envoie également un gros nerf 
à la feuille nasale. Il est évident que les replis de cette feuille peuvent transmettre aux 
nerfs l’impression des vibrations aériennes produites par l’approche des objets, notam¬ 
ment par le mouvement d’un insecte au vol. On peut se demander si l’odeur très forte 
répandue par tout le corps des Chauves-souris et particulièrement par les glandes de la 
face ne joue pas un certain rôle dans la capture des insectes en stupéfiant ceux-ci au 
moment où le Chiroptère s’élance sur eux la gueule ouverte? 
Goût. — Le goût doit être, chez les Chiroptères, en rapport avec l’odorat. Des expé¬ 
riences précises sont à faire à cet égard : tout ce que l’on peut dire, c’est que la voracilé 
de ces animaux est extrême (V. Tuckermann, 1888). 
Toucher. — Quoi qu’en ait dit Spallanzani, et comme Cuvier l’a fait remarquer avec 
raison, le sens du toucher est très développé chez les Chauves-souris. Ce sens réside spé¬ 
cialement dans la membrane de l’aile et dans celle de la conque auditive (Schöbl, 1871). 
Celle-ci est pourvue, aussi bien que l’aile, de petites glandes saillantes et de soies en 
forme de vibrisses qui sont des organes de tact. La quantité de glandes, cutanées odori¬ 
férantes et de poches que l’on trouve sur tous les points du corps chez les Chiroptères 
est véritablement surprenante. Ces glandes peuvent être frontales (Phyllorhina), gulaires 
ou situées au cou (Taphozous, Cheiromeles, Molossus, etc.), à l’épaule (Epomophorus), à la 
poitrine (Ametrida), au pubis ou à l’anus (Rhinolophus, Megaderma, Noctilio), enfin aux 
ailes (Saccopteryx). Les vastes sacs alaires que l’on trouve dans ce dernier genre ont été 
pris autrefois pour des sacs aériens dilatables : ce sont en réalité dès glandes sébacées 
qui ne sont bien développées que chez le mâle. On doit considérer toutes ces glandes 
comme des organes seruels secondaires, destinés à faciliter la réunion des sexes dans les 
cavernes obscures où vivent les Chauves-souris insectivores. Chez les grandes Roussettes 
qui ne fréquentent pas les cavernes, l’odeur de ces glandes est un moyen de protection, 
aussi les glandes sont-elles également développées dans les deux sexes. 
Système digestif. — Dentition. — Lejeune Chiroptère naît avec ses dents de lait 
déjà bien développées, et la forme de ces dents, recourbées en hameçon, lui permet de 
s’attacher solidement aux mamelles de sa mère. Le canal alimentaire est en rapport 
avec le régime, plus compliqué chez les Roussettes frugivores, plus court et plus simple 
chez les Chauves-souris insectivores, mais il est surtout remarquable par sa brièveté dans 
le genre Desmodus qui se nourrit presque exclusivement du sang des vertébrés. Chez cet 
animal, l’œsophage est d’une étroitesse extrême et l’estomac se distingue à peine du 
reste de l’intestin; le cardia et le pylore se touchent, le grand cul-de-sac formant une 
sorte de cæcum. Les genres Desmodus et Diphylla, qui habitent l’Amérique méridionale, 
sont les seuls dont l’organisation soit en rapport avec les mœurs sanguinaires )que l’on 
prête communément aux « Vampires ». Le véritable Vampirus est, en réalité, presque 
exclusivement frugivore, comme l’indique sa dentition. 
Hibernation. — Les Chauves-souris insectivores des pays tempérés qui n’émigrent pas 
s’engourdissent en hiver dans les cavernes à la manière de certains Rongeurs (Loir, 
Marmotte), mais leur sommeil n’est jamais aussi profond. Il est souvent interrompu par 
des périodes d’activité, et il n’est pas rare de voir des Chauves-souris se livrera lâchasse 
des insectes en plein hiver (décembre-janvier), dès que la température se radoucit assez 
pour que ces insectes eux-mêmes sortent de leur retraite. Spallanzani (Senebier, 1807),
        

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