Bauhaus-Universität Weimar

CERVEAU. 
11 
cette durée est d’un dixième de seconde environ, de sorte qu’il ne peut y avoir disso¬ 
ciation pour un fait cérébral quelconque discontinu (excitation musculaire encéphalique, 
— volition — perception, sensation) que si les intervalles qui séparent les réactions élé¬ 
mentaires sont distants au moins d’un dixième de seconde. S’ils sont plus rapprochés, 
les faits discontinus deviennent continus. 
Des variations de l’excitabilité cérébrale. — Ainsi que tous les phénomènes 
physiologiques, l’excitabilité cérébrale est fonction de la température et de la tension de 
l’oxygène. Elle dépend aussi de la qualité du sang qui circule dans l’encéphale. 
Mais nous ne pouvons étudier ici dans tout leur détail ces modalités diverses. Pour 
cè qui est des phénomènes intellectuels, nous renvoyons à l’art. Délire, où seront traités 
les troubles intellectuels que provoquent : 1° les variations dans la quantité d’oxygène du 
sang (délire asphyxique); 2° L’introduction dans le sang de substances toxiques (délires 
toxiques); 3° La température de l’organisme (délire thermique). 
Nous insisterons ici seulement sur quelques faits fondamentaux et très généraux. 
La substance grise de l’encéphale qui préside aux phénomènes psychiques est assu¬ 
rément, de tous les tissus de l’organisme, celui qui est le plus exigeant au point de vue 
de la présence de l’oxygène. 
Un grand nombre d’expériences et de faits le prouvent. Astley Cooper, en 1837, a 
montré qu’en empêchant par la ligature des deux vertébrales et des deux carotides 
l’abord du sang artériel dans l’encéphale, on y suspendait complètement la vie. En fai¬ 
sant la respiration artificielle, on permet au tronc de l’animal de vivre ; mais la tête 
reste morte. Depuis cette époque, déjà lointaine, un grand nombre de physiologistes ont 
répété l’expérience, en la variant de diverses manières. Citons entre autres Vulpian 
(Production expérimentale de l’anémie cérébrale, in Lee. sur les vaso-moteurs, 1875,11, 117); 
Couty (Sur le cerveau moteur. A. d. P., 1884, (3), m, 53); Loye (La mort par la décapita¬ 
tion, Paris, 1888, 8°, 38), et Fr. Franck (Fonctions motrices du cerveau, 1887, 350). 
Voyez pour la bibliographie plus détaillée Loye, et les articles Anémie (D. Ph., I, 494), 
et Cerveau (Circulation cérébrale. D. Ph., ii, 774-778). Si les résultats obtenus ne sont pas 
tout à fait concordants, cela tient sans doute à ce que l’anémie n’a pas été réalisée 
de la même manière, et avec la même rigueur, par tous les physiologistes qui ont fait 
cette expérience. Ainsi Couty, après avoir lié les carotides et les vertébrales, crut voir 
que, sur le cerveau, devenu alors tout à fait exsangue, l’excitabilité, loin d’avoir dimi¬ 
nué, avait au contraire notablement augmenté. Vulpian croyait d’abord que l’anémie 
du cerveau, produite par injection de poudre de lycopode de manière à supprimer 
brusquement la circulation dans les divers territoires vasculaires de l’écorce cérébrale, 
a besoin de durer sept à huit minutes pour que toute excitabilité ait disparu : mais, 
revenant plus tard sur ce phénomène (Pech. exp. concernant : 1° les attaques épilep¬ 
tiformes provoquées par l’électrisation excito-motrice du cerveau proprement dit; 2° la durée 
de Vexcitabilité motrice du cerveau proprement dit après la mort. C. R., 1885, c, 1201; et 
Rech. relatives à la durée de l’excitabilité des régions excito-motrices du cerveau proprement 
dit après la mort. C. R., 1885, ci, 212), il dit au contraire que les mouvements produits 
dans le côté opposé du corps disparaissent, moins d’une minute après le dernier mou¬ 
vement du cœur; ajoutant que les contractions qu’on observe dans le membre du même 
côté et surtout dans lesmasséters ou les muscles du cou sont dues à des diffusions (dont 
la cause est purement physique) de l’excitant aux nerfs et aux muscles voisins. 
Nous avons cherché, André Broca et moi, à répéter cette expérience de l’anémie céré¬ 
brale, en nous mettant dans des conditions telles que l’anémie fût absolue, et nous avons 
observé, comme Vulpian, que, malgré la mort de l’animal, l’excitation électrique céré¬ 
brale pouvait encore pendant longtemps provoquer des mouvements dans les muscles 
du cou et de la face du même côté. Mais il n’en est pas moins vrai que très rapidement, 
c’est-à-dire une demi-minute au plus après l’anémie, les centres cérébraux moteurs 
deviennent à peu près complètement inexcitables, si du moins on prend pour témoi¬ 
gnage de leur excitabilité la réponse des muscles du train postérieur et du côté opposé 
du corps. 
Nous déterminions l’anémie tantôt par l’excitation des deux bouts périphériques du 
pneumogastrique, tantôt par la ligature (ou la compression avec une pince) du tronc 
brachio-céphalique droit et de la carotide primitive gauche. Au bout de 15 secondes
        

Nutzerhinweis

Sehr geehrte Benutzer,

aufgrund der aktuellen Entwicklungen in der Webtechnologie, die im Goobi viewer verwendet wird, unterstützt die Software den von Ihnen verwendeten Browser nicht mehr.

Bitte benutzen Sie einen der folgenden Browser, um diese Seite korrekt darstellen zu können.

Vielen Dank für Ihr Verständnis.