Bauhaus-Universität Weimar

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CHALEUR. 
1° à 2°, tandis qu’à dose triple la température s’est abaissée de 1°,7. On a fait la même 
observation pour les sels ammoniacaux, l’alcool, l’atropine, l’hyoscyamine. 
Donc de très petites doses élèvent la température (excitation du bulbe thermique); 
des doses modérées l’abaissent (paralysie du bulbe thermique) ; des doses plus fortes 
l’élèvent énormément (effets convulsifs dus à la moelle épinière excitée); des doses plus 
fortes encore l’abaissent définitivement (effets paralytiques dus à la moelle épinière 
paralysée). 
Ces quatre périodes thermiques sont tout à fait régulières, et on les observerait, je 
pense, avec presque toutes les substances'toxiques convulsives. 
Quant aux substances non convulsivantes qui provoquent la dépression du système 
nerveux et l’anesthésie, elles sont franchement hvpothermisantes. Avec le chloral, le chlo¬ 
roforme, l’éther, l’alcool, l’abaissement thermique débute dès que la période d’exci¬ 
tation a pris fin; aux premiers moments de l’empoisonnement, il y a une agitation qui 
s’accompagne d’une faible ascension thermométrique, mais bientôt 1 anesthésie survient, 
avec le repos musculaire; et alors l’abaissement thermique arrive, car les muscles, source 
essentiellement efficace de notre production calorique, ne sont plus actifs. On peut 
obtenir chez des animaux intoxiqués par le chloral ou par l’alcool, et exposés au froid, 
des hypothermies allant jusqu’à 22° ou 23°, et, en les exposant au froid, ils meurent de 
froid, plus encore que des effets toxiques, de même que nous avons vu tout à l’heure les 
animaux convulsés par la cocaïne et la vératrine mourir de chaleur plutôt que des effets 
immédiats de l’intoxication. 
Les substances qui, sans être franchement anesthésiques, dépriment le système ner¬ 
veux, agissent de la même manière que les anesthésiques. Ainsi les sels métalliques, 
mercure, argent, platine, etc.; les alcaloïdes, comme f aconitine ; les métalloïdes, comme 
le phosphore et l’arsenic, toutes substances détruisant plus ou moins rapidement l’excita¬ 
bilité des centres nerveux, sont des poisons hypothermisants. 
Il est à remarquer que les poisons du sang, comme l’oxyde de carbone, ne troublent 
pas beaucoup la température; car, s’il y a assez d’oxygène dans le sang pour suffire à la 
vie cellulaire, cette vie continue sans que le taux des échanges ait beaucoup diminué. 
De même l’asphyxie et l’inanition ne modifient qué très peu la température; sauf s’il 
s’agit d’une asphyxie très lente, progressive, ou d’une inanition, très lente aussi. Alors 
le système nerveux qui commande les échanges est profondément altéré, et cette alté¬ 
ration se réflète sur les échanges, et conséquemment sur la température organique. 
C’est une preuve de plus à l’appui de ce que nous avons déjà maintes fois affirmé, que 
la vie des cellules se fait dans la cellule même, malgré l’insuffisance de l’hématose et 
de la circulation. Cette vie cellulaire n’est influencée dans sa puissance chimique que par 
le système nerveux. Aussi, tant que le système nerveux est intact, la température n’est- 
elle que légèrement modifiée. 
On peut donc résumer l’action des poisons sur la température en ces deux proposi- 
tions : . 
1° La température suit une marche presque toujours parallèle à la production de 
chaleur. 
2° La température et la production de chaleur ne se modifient guère tant que le sys¬ 
tème nerveux n’est pas altéré; la dépression du système nerveux diminue les échanges 
et la température; l’excitation du système nerveux les augmente, et c est par 1 intermé¬ 
diaire du système musculaire qu’agit principalement le système nerveux sur la ttempé- 
rature. 
De la température dans les maladies. — Nous ne traiterons cette vaste question 
qu’au point de vue exclusivement physiologique; on trouvera dailleurs les détails de 
l’hyperthermie fébrile étudiés à l’article Fièvre. 
De fait, ce qui caractérise la fièvre, c’est moins la production exagérée de chaleur 
qu’un défaut de régulation dans le système nerveux central. 
Si en effet, anticipant sur ce que nous disons plus loin à propos de la production de 
chaleur, nous admettons que par le travail musculaire la production calorique monte 
de 1 à 4; nous voyons que, malgré cette exagération énorme de l’activité chimique 
interstitielle, la température reste à peu près stationnaire. La régulation intervient 
qui rétablit l’équilibre, de sorte que c’est à peine si, quand la production croît de 1 à 4,
        

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