Bauhaus-Universität Weimar

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CERVEAU. 
l’acuité des sensations de l’olfaction, du goût et sans doute de l’ouïe, et l’état de l’irri¬ 
gation sanguine de la cavité nasale, de la langue et de l’oreille interne. Une anesthésie 
de la peau et des muqueuses ne détermine donc une anesthésie de la rétine, une amblyopie 
de l’œil du côté correspondant à ce trouble de la sensibilité générale, qu’en appauvris¬ 
sant la nutrition des éléments anatomiques de cet organe qu’impressionnent les stimuli 
externes des sensations lumineuses et chromatiques, et cela uniquement en vertu de 
troubles vaso-moteurs, par une irrigation insuffisante de l’organe périphérique de la vision. 
Ce spasme artériel, Bechterew témoigne l’avoir souvent observé sur les vaisseaux de 
la rétine dans l’amblyopie nettement constatable qui accompagne l’anesthésie. Le même 
savant ajoute que les organes des sens les plus importants, tels que la vue et l’ouïe, pos¬ 
sèdent des appareils spéciaux d’adaptation (zonulejde Zinn, muscle ciliaire de l’œil, muscle 
tensor tympani de l’oreille, etc.) dont les fonctions régulatrices doivent, jusqu’à un cer¬ 
tain degré, dépendre de la conservation de la sensibilité générale de ces organes. Si les 
contractions du muscle .tenseur du tympan sont sous l’influence des réflexes partis de 
cette membrane, l’anesthésie de celle-ci, en modifiant Tes réflexes qui régularisent les 
ajustements du muscle, déterminera une perception défectueuse des impressions audi¬ 
tives. Pour les organes de l’odorat et du goût, outre la sécheresse de la muqueuse résul¬ 
tant des troubles vaso-moteurs dont nous parlons, il ne faut pas oublier que les « impres¬ 
sions spécifiques perçues par ces organes ne sont pas tout à fait absolument différenciées 
des impressions tactiles et des sensations de la sensibilité générale (Allgemeingefühl) : 
ces impressions peuvent donc, en partie du moins, dépendre immédiatement des nerfs 
sensitifs ». Bref, cette théorie de Bechterew, que nous venons d’exposer dans les termes 
de l’auteur1, sur les rapports de l’anesthésie sensitive et des anesthésies sensorielles, 
explique l’amblyopie croisée dans l’hémianesthésie symptomatique de certaines névroses 
ou d’affections organiques du cerveau, sans que ni les conducteurs optiques, ni les centres 
primaires optiques, ni le territoire calcarinien du lobe occipital puissent être considérés 
comme cause de cette grave altération fonctionnelle du sens de la vue. C’est à un trouble 
de l’innervation vaso-motrice, c’est à une anémie de l’organe périphérique de la vision, 
suite de l’anesthésie cutanée s’étendant à cet organe, comme aux autres organes des 
sens, qu’il faut attribuer l’anesthésie sensorielle. Ni la doctrine, d’ailleurs reconnue 
fausse, du carrefour sensitif, ni l’hypothèse, également erronée, d’un entre-croisement 
complémentaire des faisceaux directs des bandelettes optiques en arrière « ou peut- 
être dans les tubercules quadrijumeaux », ne sauraient plus, en tout cas, être désormais 
invoquées pour expliquer l’amblyopie croisée ou unilatérale soit dans les névroses soit 
dans les lésions organiques du lobe occipital. 
L’hémianopsie de cause centrale n’est doncjamais monoculaire. L’hémianopsie mono¬ 
culaire, temporale ou nasale, peut résulter d’une lésion par compression des côtés 
interne ou externe des fibres visuelles du nerf optique avant l’entre-croisement partiel 
dans le chiasma. Par le fait de cette lésion, qui affecte en même temps les fibres pupil¬ 
laires de ce nerf, la pupille de l’œil correspondant ne réagira que faiblement ou ne réa¬ 
gira pas à l’éclairage direct, mais elle réagira synergiquement à l’éclairage de l’autre 
œil, non affecté, les voies réflexes étant libres du côté du nerf optique intact, ainsi que 
la voie centrifuge qui des centres réflexes va à l’iris de l’œil affecté : bref, on observe 
la réaction consensuelle des deux pupilles. Les cellules nerveuses d’origine des fibres 
pupillaires sont certainement dans la rétine. Le réflexe pupillaire peut être déterminé 
par chaque point de la rétine. Des deux sortes de fibres, de calibre différent, qui se 
trouvent dans le nerf optique, Gudder (1882) avait vu les plus fines aller, chez les mam¬ 
mifères, aux tubercules quadrijumeaux antérieurs, les plus épaisses se terminer dans 
le corps genouillé externe, après avoir subi, les unes aussi bien que les autres, un entre¬ 
croisement partiel dans le chiasma. Quelles étaient les fibres visuelles? Quelles étaient 
les fibres pupillaires? Chez l’homme Key et Retzius ont constaté l’existence de ces deux 
systèmes de fibres dans le nerf optique et dans le chiasma. Mais au delà, quelle place 
1. Bechterew. Ueber dis Wechselbeziehung zwischen der gewöhnlichen und sensoriellen Anäs¬ 
thesie (.Functionsabnahme der Sinnesorgane) auf Grund klinischer und experimenteller Daten, 
(Neurol. Centralbl. 1894. Cf., ibid., Aus der Gesellschaft der Neuropath, und Psychiater an der 
Universität zu Kasan. Sitz. 13 déc. 1892).
        

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