Bauhaus-Universität Weimar

CERVEAU. 
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moitié aveugle du champ visuel de la moitié saine, ne passe pas par la ligne médiane : 
elle la dépasse de cinq à dix degrés en moyenne, en respectant l’intégrité fonctionnelle 
de la région maculaire. On observe d’ailleurs, à cet égard, relativement au mode d’entre¬ 
croisement de ces fibres optiques, des différences individuelles qui rappellent les varia¬ 
tions anatomiques du faisceau direct et du faisceau croisé pyramidal, si bien étudiées 
par Flechsig et par Pitres. 
Les terminaisons arborescentes des prolongements cylindraxiles des cellules ganglion¬ 
naires de la rétine, c’est-à-dire des nerfs optiques, ou, comme il faudrait dire, des fibres 
rétiniennes, s’entrelacent, tout en restant libres et indépendantes, dans les centres 
optiques sous-corticaux, avec les prolongements protoplasmiques, ou dendrites, des cel¬ 
lules nerveuses de ces ganglions. Le premier, Ramon y Gajal les a vues « se décomposer 
en de magnifiques arborisations libres » et entrer en contact avec les ramifications plus 
ou moins vastes des dendrites. Les prolongements protoplasmiques doivent êlre de 
nature nerveuse et ne peuvent avoir exclusivement pour fonction, déclare expressément 
Van Gehuchten, la nutrition des éléments nerveux (doctrine de Golgi et de ses disciples). 
Les dendrites doivent donc servir, aussi bien que les arborisations terminales et collaté¬ 
rales des fibres nervenses, à la transmission des processus nerveux. L’excitation se pro¬ 
page, toujours par simple contiguïté, des expansions protoplasmiques d’une cellule 
nerveuse (appareil de réception du courant nerveux cellulipète) au corps de cette cellule et 
à son cylindraxe, dont les collatérales transportent à distance les vibrations molécu¬ 
laires, ainsi qu’aux libres arborisations terminales de ce cylindraxe (appareil de conduction 
et de distribution des courants nerveux cellulifuges), dont les fibres s’entrelacent aux 
plexus, dendritiques d’une ou de plusieurs cellules à proximité. 
Ainsi se forme la chaîne sans fin des neurones. 
Mais on peut descendre de ces généralités histologiques du système nerveux central à 
l’étude de quelques faits précis sur la structure, et, partant, sur les conditions élémen¬ 
taires des fonctions de la vision. C’est le cas pour les centres optiques sous-corticaux qui, 
mieux connus, ne sont plus pour nous des ganglions intercalaires, mais des ganglions 
d’origine des nerfs optiques, véritables relais où, arrivées au terme de leur course, les 
fibres rétiniennes transmettent leurs messages à d’autres courriers. 
Comme dans l’ancienne poste, la longue route ne se fait pas tout d’une traite, et, à 
chaque relais, partent des chevaux frais. 
Quel est le mode de distribution des fibres rétiniennes dans les centres optiques sous- 
corticaux, dans les lobes optiques de l’oiseau, par exemple ? Quelles connexions associent 
entre eux ces éléments de provenance différente et dont la rencontre assure la conti¬ 
nuité physiologique des courants nerveux dans les deux directions ? Qu’on se représente 
un organe où l’on peut distinguer trois couches d’éléments : 1° une couche externe, 
couche des fibres rétiniennes; 2° une couche moyenne, de beaucoup la plus épaisse, 
couche des cellules nerveuses du lobe optique; 3° une couche interne, couche blanche des 
fibres centrales, qui sortent du lobe optique comme les fibres rétiniennes y sont entrées. 
Dans la première couche, les fines arborisations terminales des fibres rétiniennes 
rencontrent des ramifications protoplasmiques dont les structures variées ne laissent 
pas d’avoir une influence tout à fait particulière sur le mode de conduction et de pro¬ 
pagation de l’ébranlement nerveux périphérique aux centres optiques primaires. Selon, 
en effet, que les arborisations cylindraxiles s’entrelacent aux branches d’un bouquet 
protoplasmique unique ou à de puissantes ramures dendriliqutes s’étendant à des dis¬ 
tances considérables, le résultat sera tout autre quant à la transmission des impres¬ 
sions rétiniennes. Dans le premier cas, telle cellule du lobe optique ne recevra l’ébran¬ 
lement nerveux que d’un petit nombre de fibres rétiniennes voisines : chaque cellule de 
ce groupe pourra ainsi ne transmettre au cerveau que l’excitation propagée par une 
seule fibre rétinienne ou par un petit nombre de fibres rétiniennes voisines, disposition 
structurale qui rappelle celle de la conduction des cônes de la tache jaune dans la 
rétine. Dans le second cas, au contraire, où l’étendue considérable des ramifications 
protoplasmiques multiplie les points de contact, un seul élément du lobe optique pourra 
recevoir, dans la couche externe, l’ébranlement d’un grand nombre de fibres rétiniennes. 
On sera ainsi renseigné sur la nature d’une excitation limitée à un point déterminé de 
la rétine ou sur celle d’une impression ayant simultanément ou successivement agi sur 
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DICT. DE PHYSIOLOGIE. — TOME II.
        

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