Bauhaus-Universität Weimar

CERVEAU. 
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mentation physiologique qu’à celui de l’observation clinique, notre connaissance actuelle 
des centres de l’audition et de la vision mentales, a publié, de 1892 à 1896, une série 
d’importants mémoires sur les Sphères sensitives de l’écorce du cerveau (Ueber die Fiihls- 
phaeren der Grosshirnrinde. Sitzungsb. der K. Preuss. Akad. der Wissench. zu Berlin, 
1892-96 ; cf. Verhandl. der physiol. Gesellsh. zu Berlin, Iahrg. 1894-96.) C’est que l’étude 
de ce domaine de la physiologie cérébrale est encore très obscure, ou du moins très 
obscurcie par le manque d’entente entre les expérimentateurs touchant les conditions 
et l’interprétation exacte des expériences. Il s’agit ici de recherches absolument 
nouvelles que Munk n’entend rattacher ni à ses communications antérieures, ni à 
d’autres travaux sur le même sujet. Pour l’histoire critique de la question, il renvoie à 
notre livre (J. Soury. Les Fonctions du cerveau, Paris, 1892, 2*éd.). Les expériences d’extir¬ 
pation (ablation au couteau) ont porté sur des singes et sur des chiens, dont la guérison 
avait lieu perprimam huit ou douze jours après l’opération et qui restaient en état de 
santé, jusqu’à la mort. Les limites du champ opératoire étaient, sur les faces externe et 
interne du cerveau, celles mêmes des sphères sensitives de Munk : Région de la tête (E), 
Région du cou ou de la nuque (H), Région de l’extrémité supérieure ou antérieure (D), Région 
de l’extrémité inférieure et postérieure (C,fig. 6-9). Ce territoire cortical correspond, sur la 
lace externe, chez le chien, au gyrus sigmoïde tout entier, c’est-à-dire, en arrière et en 
dehors, aussi bien qu’en avant, un peu au delà des limites où, avec un faible courant élec¬ 
trique, on obtient des contractions musculaires : les résultats négatifs des expériences de 
Bechterew proviennent de ce qu’il n’a pas enlevé l’écorce de la région située en arrière 
et en dehors du gyrus sigmoïde; il a cru à tort que cette région ne faisait point partie 
du territoire cortical des extrémités; l’extirpation avait été incomplète. Chez le singe, 
le territoire des sphères sensitives s’étend du sillon précentral au sillon intrapariétal et 
à la scissure de Sylvius. Dans cet « agrégat de régions », comme s’exprime Munk, de 
nature fonctionnelle au fond équivalente, chacune ne commande qu’une partie différente 
du corps. Les lésions d’autres régions que celles des extrémités, par exemple, ne déter¬ 
minent jamais d’altérations de la sensibilité et de la motilité dans les membres. Toute¬ 
fois, il est d’observation courante que la lésion d’un de ces centres, outre le point cor- 
respondat du corps, affecte d’abord, dans les premiers jours, et simultanément,d’autres 
régions du corps. Ainsi, après une extirpation deD,en même temps qu’il existe toujours 
des troubles de la motilité et de la sensibilité de l’extrémité supérieure opposée, des 
troubles du même genre peuvent se montrer dans les régions de la tête, ou du cou, ou 
de la jambe, surtout si l’extirpation atteint les limites de E, de H, ou de C, ou dépasse 
même un peu ces limites. Si deux régions ou sphères sensitives voisines sont à la fois 
intéressées, des troubles de longue durée apparaissent sur les deux parties du corps 
correspondantes. Comme, parmi ces régions, celles du bras et de la jambe sont les plus 
propres à l’étude, les troubles des extrémités étant les plus neLs, il ne sera question que 
de ces territoires corticaux ; Munk les désigne du nom de région des extrémités. Pour 
bien apprécier la nature des troubles consécutifs àl’ablation de ces régions, il importe de 
ne pas confondre, comme l’a fait Goltz, les sensations proprement dites (Sinnesèmpfinr 
düngen), telles que celles de pression ou de contact (sensibilité tactile) et la sensibilité 
générale (Gemeinempfindlichkeit). 
Par la destruction des régions des extrémités, le chien perd pour toujours les sensa¬ 
tions, les perceptions, et partant les représentations et les images-souvenirs qui en résul¬ 
tent, de pression et de contact. A cet égard, les sphères sensitives sont, de tous points, 
comparables à celles de la vision ou de Faudition. Comme pour ces sphères, l’excitation 
des divers points des territoires corticaux de la sensibilité'du corps peut déterminer des 
mouvements réflexes appropriés dans les extrémités, le tronc ou la face. Mais la compa¬ 
raison peut être poussée plus loin. Munk a distingué, on le sait, un réflexe rétinien, qui se 
produit encore après l’ablation du cerveau, par l’intermédiaire des centres optiques sous- 
corticaux, et un réflexe de la vision [Sehreflex).qui implique, au contraire, l’existence de 
la sphère visuelle. Pour les sphères sensitives, il existe des réflexes de contact, etc., par 
exemple, dont l’extirpation des régions corticales des extrémités entraîne la perte, 
et qu’on peut rapprocher des réflexes de la vision, et des réflexes communs, que la des¬ 
truction des mêmes régions n’abolit point, et qui correspondent aux réflexes rétiniens. 
Et, de même que les réflexes de la vision ont été distingués par Munk en réflexes innés et
        

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