Bauhaus-Universität Weimar

CERVEAU. 
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pas rare qu’un malade qui est hémiplégique par embolie de son artère sylvienne ne 
découvre son état par l’impuissance où il est d’exécuter les mouvements qu’il a distinc¬ 
tement conçus. » 
Si David Fermer veut dire que, dans la constitution du complexus d’une image 
motrice, il entre des éléments qui font partie de groupes d’images appartenant à tous 
les centres sensoriels de l’écorce : vision, audition, olfaction, etc., de sorte que la repré¬ 
sentation d’un mouvement en rapport avec ces images peut surgir alors que l’exécution 
en est devenue impossible, il a tout à fait raison, selon nous du moins. Loin d être 
isolées, les images motrices nées de la sensibilité générale, et en particulier du sens 
musculaire, articulaire, tendineux, etc., sont, partout et toujours, associées aux sen¬ 
sations des sens spéciaux, de quelque nature qu’elles soient. Les rapports si étroits de 
la vision et des mouvements volontaires sont bien connus ; ceux de la motilité et de 
l’audition, chez l’homme, de l’olfaction chez les animaux osmatiques, ne sont pas moins 
étroits. Toute représentation subjective ou idée est saturée de résidus « moteurs », 
c’est-à-dire sensitifs. 
Où est le siège de ces résidus de sensations perçues et associées? Très probablement 
dans les grands centres d’association de l’écorce. On pourrait donc encore avoir la « con¬ 
ception idéale d’un mouvement » avec une lésion destructive des centres dits moteurs. 
Mais doit-on voir dans ces derniers centres de simples points nodaux (Nothnagel, etc.), 
où convergent des fibres d’association parties des points les plus différents et les plus 
distants de l’écorce cérébrale? Ces vastes territoires, les plus vastes de l’écorce cérébrale, 
ne seraient que de simples voies de transmission motrice! Le lobe pariétal, où Nothnagel 
situe, depuis dix ans et plus, le siège des images motrices, et en particulier du sens 
musculaire, ne contient que des représentations de ce sens en rapport avec certains 
segments des extrémités inférieures, au même titre sans doute que le tiers supérieur des 
circonvolutions centrales et le lobule paracentral, ou de même encore que le tiers moyen 
des circonvolutions centrales renferme des représentations du même sens en rapport 
avec les extrémités antérieures. L’autonomie de ces centres ne peut être que relative, 
comme celle de toutes les autres provinces de cette grande fédération d’états qu’on 
appelle le cerveau. Mais, on n’a pas plus le droit de localiser par hypothèse le sens 
musculaire dans le lobe pariétal que la sensibilité cutanée dans le lobe falciforme. En 
dépit de sa localisation erronée de la sensibilité générale, Ferrier a raison contre Bas¬ 
tian, de même que contre Nothnagel, lorsqu’il refuse de dissocier la sensibilité muscu¬ 
laire des autres formes de la sensibilité générale. 
Voici, sur le cerveau du chien et sur celui du singe, la topographie des régions que 
Munk a dénommées « sensitives » (Gefühlsphäre). Elles correspondent à toutes les parties 
de l’organisme qui s’y réfléchissent, en quelque sorte, et qui s’y trouvent représentées 
(fig. 82-83). 
Les fonctions de la sensibilité générale de l’organisme sont aussi représentées, 
on le voit, sur la face interne de la F1 ou circonvolution marginale. Avant Horsley et 
Schaefer, Münk avait, dès 1878, indiqué ces régions. « La région des extrémités posté¬ 
rieures, disait-il, s’étend aussi, chez le singe comme chez le chien, sur la face interne de 
l'hémisphère jusqu’au gyrus fornicatus. J’ignore si la même chose existe pour l’extrémité 
antérieure de la région des membres antérieurs du singe ; ce n’est sûrement pas le cas 
pour le chien. Cette dernière région ne s’étend pas aussi loin que je l’avais indiqué, jus¬ 
qu’à la fissura longitudinale ; mais, entre l’extrémité interne de sa moitié antérieure et 
le gyrus fornicatus existe, sur la face supérieure et interne des hémisphères, la sixième 
région de la sphère sensitive (Fühlsphäre) du chien, la région de la nuque b » Ce serait à 
tort, selon Munk, que les auteurs anglais ont localisé sur cette circonvolution marginale 
les centres du tronc entre ceux des bras et des jambes. Néanmoins, on doit rendre hom¬ 
mage aux beaux travaux de cés auteurs sur cette région du lobe frontal, qu’ils croient 
être d’ailleurs, avec Ferrier, de nature purement motrice. N’importe ; ils ont établi que 
les mouvements du tronc et des extrémités des deux côtés du corps étaient surtout repré¬ 
sentés dans chaque circonvolution marginale. 
1. Hermann Munk. Ueber die Functionen der Grosshirnrinde.. 2e Auflage, 54, 55,58 (Berlin, 
Hirschwald), 1890. — Ueber die Fühlsphaeren der Grosshirnrinde, 1892-6.
        

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