Bauhaus-Universität Weimar

CERVEAU. 
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déjà aux centres d’association; elles semblent avoir une importance capitale pour 
les « traces » de la mémoire. La zone marginale de la sphère auditive est formée par 
Yinsula, le gyrus supramarginalis, T2 et la portion antérieure de T1. La zone marginale 
de la sphère visuelle est constituée par O2 et O1, par une partie du præcuneus et par le 
gyrus occipito-temporalis. La sphère sensitive du corps possède, elle aussi, sa zone mar¬ 
ginale; mais en outre elle envoie de longues fibres, en quantité énorme, dans les 
grands centres d’association. Un puissant faisceau de fibres d’association qui, des cir¬ 
convolutions centrales, va dans le centre d’association postérieur, est à cet égard des 
plus caractéristiques. Wernicke l’a décrit sous le nom de faisceau occipital perpendi¬ 
culaire, quoiqu’il soutienne des rapports bien plus nombreux avec le lobe temporal. 
Il se distingue de tous les faisceaux de la substance blanche du cerveau par un déve¬ 
loppement extraordinaire, tardif; sa fonction doit donc être des plus élevées. On 
pourrait supposer qu’il transmet des excitations parties du grand centre d association 
postérieur aux cellules d’origine des voies motrices de la sphère tactile. Mais les 
recherches ambryologiques montrent que ce système de fibres d’association se com¬ 
pose de deux parties : l’une, à fibres d’épais calibre, se dirige des circonvolutions cen¬ 
trales au grand centre d’association postérieur; l’autre, à fibres fines, affecte une direc¬ 
tion opposée. Au point de vue pathologique, ce faisceau de la sphère tactile, par ses 
connexions avec les lobes temporal et occipital, détermine sans doute à distance 
nombre d’actions inhibitrices ou stimulatrices. Une lésion en foyer des circonvolutions 
rolandiques, par exemple, pourrait ainsi provoquer à distance des troubles des fonc¬ 
tions d’association du langage, de l’aphasie optique, etc. Les connexions associatives de 
la sphère sensitive du corps, c’est-à-dire des circonvolutions centrales, avec les trois 
centres d’association postérieur, moyen et antérieur, font que cette aire est parvenue 
par des faisceaux émanés de l’écorce tout entière, les neurones centraux des centres 
d’association étant, de leur côté, unis de la façon la plus étroite avec les zones margi¬ 
nales des sphères sensorielles. 
Tous ces détails permettent de se représenter l’importance capitale de la sphère sen¬ 
sitive du corps pour la vie psychique du cerveau; une foule d’incitations et d’inhibitions 
en partent incessamment qui retentissent sur tout-le reste de l’écorce. La vie psychique 
y est vraiment centralisée : aussi Flechsig estime-t-il qu’on devrait parler de centrali¬ 
sation, non d’unité de la conscience. Par l’intermédiaire de cette grande aire corticale 
de sensibilité, les centres d’association postérieur et antérieur réagissent peut-être l’un 
sur l’autre, ce qui suppléerait à l’indigence des connexions connues de ces deux centres. 
L’idée de moi, issue des impressions des racines postérieures, s’est dégagée peu à peu 
de cette centralisation des processus psychiques dans les sphères sensitives des deux 
hémisphères, apparues les premières, et réalisant, grâce aux systèmes d’association 
intracorticaux et intercorticaux, toutes les conditions de synergie des fonctions. Le corps 
calleux se développe en effet d’abord entre les circonvolutions centrales. Ce n’est 
qu’après avoir d’abord vécu concentré dans le monde des impressions de son propre 
corps, que le fœtus et le nouveau-né explorent, pour la première fois, par l’exercice des 
sens externes, comme ferait une amibe au moyen de ses pseudopodes, cet autre monde, 
cet univers appelé extérieur, quoiqu’il ne soit pas plus que l’autre, l’intérieur, différent 
de nous-mêmes, puisqu’il n’existe pour nous qu’en tant que nous le percevons. Les divers 
centres de sensibilité qui, comme des fleuves, se jettent dans les vastes mers des centres 
d’association, et qui entretiennent et alimentent ainsi l’activité de ces centres, ne sont 
point d’égal rang: les sphères sensorielles sont subordonnées, chez l’homme, à la 
sphère tactile ou de sensibilité générale du corps. A cette aire immense revient, dès l’ori¬ 
gine delà vie, et pendant toute la durée de l’existence, l’hégémonie, la direction suprême 
et la maîtrise de la conscience. Voilà pourquoi les altérations bilatérales de cette aire et 
celles du centre d’association antérieur frappent l’intelligence des troubles les plus graves 
et les plus irrémédiables, tels que ceux de la démence paralytique. 
De nombreuses observations cliniques inclinent à faire croire que c’est dans les 
centres d’association que se réalise, au moyen des neurones d’association, la synthèse 
des perceptions (Sinneswahrnehmungen) des différentes aires sensorielles en images 
(Erinnerungsbilder), lesquelles existent toujours en fait dans les représentations 
( Vorstellungen). Là, dans les centres d’association, se rencontrent, s’unissent et se con-
        

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