Bauhaus-Universität Weimar

CERVEAU. 
853 
les gauchers (Naunvn). Ce qui est perdu, ce n’est pas l’image tonale du mot, c’est la 
capacité d’appréhender isolément, distinctement et dans l’ordre où ils sont émis,la suc¬ 
cession des sons d’un mot prononcé, des rythmes d’une composition musicale, etc., de dis¬ 
tinguer les intervalles des syllabes. Le malade ne perçoit plus qu’un chaos de sons et de 
bruit. Mais, en dépit de la destruction de la sphère auditive, mais de l’écorce de cette 
aire uniquement, les malades peuvent prononcer un grand nombre de mots correcte¬ 
ment : les images tonales des mots sont donc conservées. C’est le contraire si, la sphère 
auditive elle-même étant intacte, les territoires corticaux qui l’environnent sont détruits 
(cas de Heubner). Dans l’aphasie sensorielle transcorticale (au sens de Lichtheim et de 
Wernicke) qui en résulte, les malades n’émettent plus qu’un très petit nombre de mots 
[aphasie amnésique des auteurs anciens), car ils ne relrouvent plus les images tonales des 
mots correspondant aux idées présentes à la conscience,ou bien il existe delà parapha- 
sie verbale très intense, et celle-ci trahit également une lésion d’un centre d’association : 
le rappel des images tonales des mots est partiel et désordonné. Les malades entendent 
correctement les mots prononcés puisqu’ils sont capables de les répéter. La faculté de 
percevoir distinctement et sans désordres, avec les intervalles normaux, les sons d’un 
mot, a par conséquent persisté. Ces malades sont pourtant frappés de surdité verbale : 
c’est que les mots entendus n’évoquent plus, par association, les images d’où résultent 
le sens et la signification du mot, son symbole intelligible; il convient alors de parler 
de surdité verbale (trancorrticale) aperceptive (Flechsig). Dans la nature,les deux formes 
s’observent rarement séparées ; presque toujours la sphère auditive et les territoires 
circonvoisins sont plus ou moins atteints ensemble par la lésion. Ces formes mixtes ne 
peuvent servir à la solution de la question de la nature propre de la sphère auditive. La 
forme corticale de la surdité verbale perceptive n’a donc point pour caractéristique essen¬ 
tielle la perte des images tonales des mots. Très vraisemblablement ce n’est qu’une ataxie 
sensorielle, résultant du trouble apporté dans l’ordre de la succession normale des sen¬ 
sations de l’ouïe. Une distinction de ce genre a été faite par les physiologistes et les cli¬ 
niciens pour la vision. Comme les images de ce sens peuvent survivre à la perte des 
sensations et perceptions centrales (de la vue, Munk, Wilbrand, Nothnagel en avaient 
même conclu que les images (Erinnerungsbilder) et les perceptions de la vision mentale 
devaient avoir, pour substratums organiques, des territoires corticaux distincts. 
Toute destruction étendue des centres d’association altère si profondément la mémoire 
tactile, visuelle, auditive, que les impressions projetées sur les centres corticaux cor¬ 
respondants s’évanouissent presque aussitôt. On observe de Yapraxie et de Vagnosie 
(Freud), un affaiblissement de l’énergie représentative des images de la vision (v. Mona¬ 
kow) ou de l’audition mentale. L’incohérence qui en résulte peut être aussi la suite des 
lésions en foyer du centre d’association postérieure. Les perceptions des sens peuvent 
être intactes : elles ne sont plus reliées aux images, ou ne le sont plus qu’à quelques 
éléments de ces synthèses mentales, et celles-ci ne se forment plus. Comme l’anatomie 
pathologique démontre que, dans les cas d’alexie ou d’aphasie optique, les lésions des¬ 
tructives affectent les points du cerveau par lesquels passent ou convergent des fibres 
d’associations parties des aires visuelles, acoustiques ou tactiles, elle décèle la cause du 
mal et prouve l’abondance que les symptômes dérivent uniquement de troubles d’asso¬ 
ciation des représentations dans le territoire considéré. Ce territoire est, dans ce cas, 
celui qui réunit les sphères sensorielles de projection de la vue, de l’ouïe et de la sensi¬ 
bilité générale; ce centre postérieur d’association sert, comme les autres, à associer les 
différents états d’activité fonctionnelle des centres de sensibilité : le rôle des neurones 
endogènes de ces vastes territoires est d’associer des représentations. Les lésions des¬ 
tructives du grand centre d’association postérieur ne déterminent donc ni cécité, ni sur¬ 
dité, ni anesthésie tactile « perceptive », du moment que les lésions n’intéressent ni les 
sphères sensorielles elles-mêmes ni leurs couronnes rayonnantes. Le phénomène cli¬ 
nique observé alors est une cécité, une surdité, une anesthésie psychique ou « apercep¬ 
tive ». En résumé, ce que les observations cliniques permettent de conclure touchant 
les fonctions du grand centre d’association postérieur de Flechsig, c’est que ce centre 
représente surtout le substratum des images des choses extérieures et des signes ou sym¬ 
boles du langage. C’est dans ce centre que, de l’association des représentations des 
choses, résulte le savoir positif, la science du monde extérieur, bref, la connaissance de
        

Nutzerhinweis

Sehr geehrte Benutzer,

aufgrund der aktuellen Entwicklungen in der Webtechnologie, die im Goobi viewer verwendet wird, unterstützt die Software den von Ihnen verwendeten Browser nicht mehr.

Bitte benutzen Sie einen der folgenden Browser, um diese Seite korrekt darstellen zu können.

Vielen Dank für Ihr Verständnis.