Bauhaus-Universität Weimar

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CERVEAU. 
se conservant, selon le savant oratorien, à travers toutes lesgénérations, ces habitudes, ces 
réactions réflexes, sans doute devenues automatiques, doivent persister dans la lignée 
aussi longtemps que les conditions externes et internes resteront les mêmes, et il en est 
ainsi, en effet, pour ce philosophe cartésien : ces traces, imprimées héréditairement dans 
leur cerveau, sont cause, dit-il, que « les animaux de même espèce ont les mêmes sym¬ 
pathies et antipathies, et qu’ils font les mêmes actions dans les mêmes rencontres. » 
(II, vu.) 
Le chien décérébré de Goltz, non seulement réagissait par des mouvements appro¬ 
priés aux excitations du dehors, telles que pression, lumière, bruit, mais aux incitations 
du milieu interne, comme la faim. Chez l’enfant né avant terme, qui, physiologiquement, 
est un enfant dépourvu d’hémisphères cérébraux, les besoins de la vie s’éveillent avec la 
première inspiration, et« c’est en criant qu’il en réclame la satisfaction» (Flechsig). La 
partie « réflexe » de notre axe nerveux s’étendrait depuis l’extrémité inférieure du cône 
médullaire jusqu’aux couches optiques. « Cette vie réflexe, écrit VanGehuchten, est la même 
chez tous les mammifères; la structure interne des centres nerveux qui y président est, 
à peu de chose près, identique chez tous. » Ainsi, tant que les ébranlements du névraxe 
déterminés par l’arrivée des ondes nerveuses centripètes ne se propagent pas jusqu’à 
l’écorce cérébrale, ils ne produisent aucune modification de la conscience. L’organisme, 
toutefois, répond à ces excitations par des contractions et des ajustements musculaires 
souvent fort complexes ; mais ces mouvements réflexes, quelquefois automatiques (c’est 
le cas pour les plus anciens), réflexes de protection ou de défense, réflexes communs ou 
associées, peuvent se réaliser sans conscience, non seulement chez l’animal sans cerveau, 
chez le fœtus anencéphale, chez l’enfant né avant terme et chez le nouveau-né, mais 
dans l’animal intact, normal, adulte, et, dans la série des vertébrés, depuis le poisson 
jusqu’à l’homme. 
Si l’on va au fond des choses, on sentira tout ce qu’il y a d’arbitraire dans cette sorte 
de dualisme fonctionnel que l’on postule pour deux grandes provinces, l’une postérieure, 
l’autre antérieure, de l’axe cérébro-spinal, à seule fin de pouvoir expliquer l’absence ou 
la présence d’un phénomène, la conscience. On n’établit pas la même distinction pour la 
mémoire, propriété organique de tout protoplasma vivant, et que les réflexes spinaux 
ou bulbaires manifestent comme le font les réflexes corticaux. Il y a donc une mémoire 
inconsciente, constituée par des traces ou résidus d’impressions perçues, des centres infé¬ 
rieurs du névraxe, ou, dans l’écorce, des aires de sensibilité générale et spéciale; il y a 
des besoins, des instincts, des tendances, des inclinations inconscients; il y a des habi¬ 
tudes, des passions, des perceptions, des pensées inconscientes. Pour que tous ces pro¬ 
cessus psychiques deviennent conscients, il suffit qu’ils dépassent le cerveau intermé¬ 
diaire et retentissent jusque dans le cerveau antérieur. 
Mais la structure élémentaire de l’écorce, les neurones constituant ce tissu, ne 
sauraient, à la complexité près, différer du tout au tout, par aucun caractère entière¬ 
ment nouveau de structure et de propriété, du reste des éléments nerveux du névraxe. 
Nous ignorons si les réflexes spinaux et bu'llaires, voire cérébelleux, ne sont pas précédés 
et suivis de perceptions comme le sont ceux de l’écorce cérébrale. La conscience cérébrale 
ne connaît pas ou, si elle existe* ne connaît la conscience spinale, par exemple, que 
comme ces perceptions confuses du bruit des vagues dont parle Leibnitz, et dans 
lesquelles nous ne saurions isoler distinctement les bruits élémentaires dont la somme 
totale nous est seule sensible, encore que nous les devions percevoir : « Il est vrai, dit 
Leibnitz, que nous ne nous apercevons pas distinctement de tous les mouvements de notre 
corps, comme, par exemple, de celui de la lymphe, mais, pour me servir d’un exemple que 
j’ai déjà employé, c’est comme il faut bien que j’aie quelque perception de chaquevague 
du rivage, afin de me pouvoir apercevoir de ce qui résulte de leur assemblage, savoir, de 
ce grand bruit qu’on entend proche de la mer. Ainsi nous sentons quelque résultat 
confus de tous les mouvements qui se passent en nous; mais, étant acoutumés à ce mou¬ 
vement interne, nous ne nous en apercevons distinctement et avec réflexion que lorsqu’il 
y a une altération considérable, comme dans les commencements des maladies. » (Cor¬ 
respond. de Leibnitz avec Arnauld, Œuvres phil., i, 1866, 669.) Mais que cette conscience, 
pour nous inconsciente, existe ou n’existe pas d’ordinaire, en particulier dans ces méca¬ 
nismes très anciens qui ne « jouent » plus depuis longtemps, à cause du grand «usage»
        

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